La montée du fascisme et les médias: Nick Griffin pas mal, mais Le Pen beaucoup mieux dans le genre!

octobre 23, 2009 · Laisser un commentaire

Quelle soirée mémorable dans l’annale de la montée du fascisme en Europe, celle du 23 octobre 2009… Le leader du BNP (British National Party), l’équivalent du FN (Front National) fut l’invité très controversé de l’émission culte de la BBC « Question Time »… une émission dans laquelle se débatent les événements chauds de la semaine…Jamais la BBC n’avait jusqu’alors donné la parole au chef du parti d’extrême droite britannique qui vient d’obtenir deux sièges au parlement européens (6% des votes britanniques)…
« Souvent conspué ou moqué par le public en plateau, le leader d’extrême droite a jugé que l’islam entrait en contradiction avec les valeurs fondamentales de la société britannique et il a accusé la classe politique d’avoir mené “une expérience multiculturelle colossale” aux dépens du peuple britannique » peut-on lire aujourd’hui dans le Monde

Quand au Figaro il se contente d’écrire : « La participation du leader du parti d’extrême droite BNP à une émission politique de la BBC, jeudi soir, a provoqué un tollé en Grande-Bretagne. Installé à la tête du British National Party depuis 1999, Nick Griffin n’avait jusque-là jamais été convié à un débat télévisé en prime time, une chance unique de donner enfin une image de respectabilité à son parti. «Je remercie la classe politique et ses alliés d’être aussi stupides ».

Quand pour Libération qui titre « Un autochtone caucasien invité à la BBC », « … on ne sait pas quels bénéfices en tirera le leader du BNP … A-t-il accédé à une certaine respectabilité en étant invité pour la première fois à ce genre de débat?

En revanche «Le tapage fait par la classe politique nous confère bien évidemment un tout nouveau niveau de reconnaissance publique», estimait-il. Toute la soirée, Griffin aura également été la cible des attaques et quolibets des participants.

Un peu tendus en début d’émission, les participants ont vite trouvé le bon ton et l’humour à l’appui le débat a suivi son cours.

L’opinion publique britannique sera-elle sensibilisée ou révoltée par cette démonstration de condescendance à l’égard de Griffin, diplomé de Cambridge, qui est très rapidement devenu « Nick » pour les participants au débat, y compris le public, qui se sont acharné à exposer les incohérences de son discours politique en matières d’histoire de race, d’identité,d’immigration, de religion et de relations humaines y compris l’homosexualité..

Pas un instant, il n’a perdu son calme. Pas un instant, son sourire ne s’est éteint. Pourtant, les attaques ont fusé de la salle où des citoyens sélectionnés par la BBC posaient des questions.
“C’était un peu comme un match de boxe”, a commenté M. Griffin à la sortie de l’émission. Il a été secoué – ses mains trahissaient sa nervosité, comme son débit de parole rapide – …
“La presse, a affirmé cet ancien étudiant en droit de Cambridge, ne cesse de déformer mes propos.”
N’a-t-il pas été condamné en 1998 pour “incitation à la haine” après avoir tenu des propos révisionnistes ? “J’ai changé d’avis”, dit-il aujourd’hui, dénonçant une justice qui l’empêcherait de s’exprimer sur le sujet sans risquer un nouveau procès. (Le Monde)

En revanche, personne n’a osé comparer Nick Griffin à Jean-Marie Le Pen qui donne beaucoup de fil à retordre non seulement aux médias mais aux politiciens qu’ils rencontrent régulièrement sur les plateaux de télévision. Pour en juger voici un débat télévisé entre Sarkozy et Le Pen.

Le discours de Le Pen est-il plus cohérent que celui de Nick Griffin ?

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Agnus Dei

octobre 14, 2009 · Laisser un commentaire

Jusqu’à 2005, quand un Français vivait en Angleterre, il était très étonné de ne pas avoir à montrer régulièrement ses papiers aux forces de l’ordre : barrages de police, vérification d’identité dans les rues, à la sortie du métro.

Pas besoin de quittance de loyer, ni de facture de gaz pour justifier de son domicile lors de l’ouverture d’un compte en banque, pour s’inscrire à l’université, pour l’immatriculation d’une nouvelle voiture … Tout était si simple. Il se posait quand même la question : Comment une société civilisée pouvait-elle fonctionner aussi bien sans ces mécanismes de contrôle omniprésents dans son propre pays? Les Anglais étaient-ils des gens plus digne de confiance que leurs cousins d’Outre-Manche ? Les Français seraient-ils tous des malfaiteurs et des terroristes potentiels qu’il faudrait rappeler à l’ordre?

Et puis un jour tout a brusquement basculé ! Un climat de méfiance a commencé à régner partout… Payer une facture par téléphone, vérifier son solde à la banque sont devenus des casse tête. Mots de passe secrets, codes, phrases nominatives à mémoriser en cas de contrôle sont devenus la norme… Et maintenant la carte d’identité est à la une.

Quand l’identité est plus importante que la fidélité

Les clients de certaines banques en France, ont récemment eu la surprise de recevoir une lettre particulièrement intéressante. On leur demande de se présenter à leur agence la plus proche muni de leur passeport ou de leur carte d’identité, ainsi que d’une facture de gaz ou d’électricité, justificatif probant de domicile. Tout cela pour s’assurer qu’ils sont toujours ceux qu’ils prétendent être et qu’ils résident toujours à la même adresse… tout cela au nom de la lutte contre le terrorisme. Parmi eux, certaines personnes très âgées, clientes de leur banque depuis toujours, comme il est de coutume dans une France majoritairement rurale ont trouvé cette requête assez indigeste. Comment peut-ont les soupçonner, à leur âge, de terrorisme ou de malfaisance ? Requête d’autant plus inconvenante, qu’il s’agit, pour beaucoup, de se rendre à la mairie ou à la préfecture avec un dossier de demande de carte d’identité, procédure pénible et couteuse pour les plus démunis. Bien que la carte d’identité soit obligatoire pour tous les citoyens, ceux qui sont trop âgés pour sortir loin de chez eux peuvent en principe faire une petite économie en ne la renouvelant pas.
Mais évidemment la France a une histoire qui justifie cette obsession nationale de la carte d’identité obligatoire qui date … du régime de Vichy. La lutte contre le terrorisme engagée par nos gouvernements lui redonne une cote qui fait que nos voisins anglais sont sur le point de l’adopter. Voici un petit rappel des faits non négligeable….

Souvenons-nous ! Il y a 70 ans de cela…

Le régime de Vichy en France

80 000 victimes (76 000 déportés, 3 000 morts dans les camps en France, un millier d’exécutés ou d’abattus sommairement) et 240 000 survivants; soit un quart de la population juive vivant en France

Comment avons-nous connaissance de ces statistiques ?

On avait imposé en 1917 le port obligatoire de la carte d’identité à tous les étrangers. Celle-ci n’est devenue obligatoire pour tous que sous Vichy, avec la loi du 27 octobre 1940. Ce n’est qu’à partir de 1942 que la mention « Juif » est apposée. L’administration française est donc préparée pour le recensement et le contrôle de sa population. Comme de nombreuses législations passées sous le régime de Vichy, celle sur le port obligatoire de la carte d’identité est restée applicable après la guerre.

Mais comment et pourquoi la France, pays des droits de l’homme a participé activement à la criminelle « solution finale » ?

La chronologie des événements législatifs importants et de leurs conséquences:

22 juillet 1940 : création par Alibert, ministre de la justice, d’une commission de révision des 500 000 naturalisations prononcées depuis 1927. Retrait de la nationalité pour 15 000 personnes dont 40 % de Juifs.
27 septembre 1940 : Ordonnance allemande sur le statut des Juifs en zone occupée. Recensement des Juifs (« fichier Tulard »), écriteau « Juif » sur les magasins tenus par des Juifs.
27 septembre 1940 : une loi de Vichy permet d’interner tout étranger « en surnombre dans l’économie française » dans les groupements de travailleurs étrangers
3 octobre 1940 : premier statut des Juifs. Les citoyens juifs français sont exclus de la fonction publique, de l’armée, de l’enseignement, de la presse, de la radio et du cinéma. Les Juifs « en surnombre » sont exclus des professions libérales.
4 octobre 1940 : les préfets peuvent interner les étrangers de race juive dans des camps spéciaux ou les assigner à résidence.
7 octobre 1940 : abrogation du décret Crémieux de 1871. La nationalité française est donc retirée aux Juifs d’Algérie.
7 octobre 1940 : zone occupée : « aryanisation » des entreprises.
1941
13 mai 1941 : zone occupée : premières rafles de Juifs étrangers, organisées par la préfecture de Police avec l’accord de la délégation générale du gouvernement français dans la zone occupée et sur demande des autorités d’occupation : 3 747 (sur 6 494 convoqués par la préfecture de police) sont parqués dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande, sous administration française.
2 juin 1941 : deuxième statut des Juifs : par rapport au premier statut, durcissement de la définition du Juif, allongement des interdictions professionnelles, numerus clausus à l’Université (3 %), et les professions libérales (2 %). Les Juifs sont obligés de se faire recenser en zone libre. Ce statut autorise les préfets à pratiquer l’internement administratif de Juifs de nationalité française.
21 juillet 1941 : « aryanisation » des entreprises en zone libre.
Août 1941 : Zone occupée : internement de 3 200 Juifs étrangers et 1 000 Juifs français dans divers camps dont celui de Drancy.
Décembre 1941 : zone occupée : 740 Juifs français membres des professions libérales et intellectuelles sont internées à Compiègne.

Janvier 1942 : conférence de Wannsee : les officiels Nazis définissent les modalités pratiques de la « Solution finale », c’est-à-dire l’extermination complète des Juifs d’Europe, enfants compris.
20 mai 1942 : zone occupée : port de l’étoile jaune obligatoire. (application le 7 juin).
2 juillet 1942 : accords Bousquet-Oberg pour la collaboration des polices françaises et allemandes, en présence d’Heydrich, adjoint de Himmler.
16-17 juillet 1942 : Paris Rafle du Vel’ d’hiv, arrestation de 12 884 Juifs « apatrides » (3 031 hommes, 5 802 femmes et 4 051 enfants).
26-28 août 1942 : zone libre : série de rafles aboutissant à la déportation de 7 000 personnes

Janvier 1943 : rafle de Marseille : destruction du Vieux-Port et rafles par les forces de l’ordre françaises. Près de 2 000 Juifs marseillais arrêtés et déportés. Le Petit Marseillais du 30 janvier 1943 écrit: « Précisons que les opérations d’évacuation du quartier Nord du Vieux-Port ont été effectuées exclusivement par la police française et qu’elles n’ont donné lieu à aucun incident. »
15 août 1944 : dernier convoi de déportation depuis Clermont-Ferrand.

Depuis les attentats de New York et de Londres. http://www.monde-diplomatique.fr/2004/03/RAMONET/10722

Aux USA
26 octobre 2001 : The Patriot Act : Le Congrès adopte une loi baptisée opportunément Patriot Act (Provide Appropriate Tools Required to Intercept and Obstruct Terrorism .
Elle accorde des pouvoirs exceptionnels à la police et aux services de renseignement, réduit le rôle de la défense et met en question l’habeas corpus, qui garantit les libertés individuelles.
Cette loi autorise l’arrestation, la déportation et la mise à l’isolement de suspects – les autorités peuvent arrêter et retenir indéfiniment des étrangers. Elle supprime toute délégation judiciaire pour procéder à des perquisitions, à des écoutes téléphoniques ou au contrôle du courrier et des communications par Internet.

13 Novembre 2001 : Bush signe un décret instaurant des tribunaux militaires d’exception réservés aux étrangers. Création du bagne de Guantanamo Bay

5 janvier 2004 : entre en vigueur le programme US Visit qui contraint tous les étrangers arrivant aux Etats-Unis munis d’un visa à poser leurs index droit et gauche sur un lecteur d’empreintes digitales et à se laisser photographier.

Au Royaume-Uni

Le Anti-terrorism, Crime and Security Act 2001, le Criminal Justice Act 2003, The Terrorism Act 2006 passé après les attentats meurtriers de Londres du 5 juillet 2005 et le Prevention of Terrorism Act 2005 sont des Actes qui n’hésitent pas à déroger à l’article 5 de la Convention européenne des droits de l’homme en adoptant une loi antiterroriste permettant de détenir de façon illimitée, sans inculpation ni jugement, tout étranger soupçonné de constituer une menace pour la sécurité du pays.

Le Counter-Terrorism Act 2008 permet à la police de questionner des suspects mis en examen et de les garder à vue dans des conditions de détention à domicile. Des familles entières sont sous surveillance jour et nuit et doivent demander l’autorisation à la police pour sortir de chez elles ou d’avoir quelque contact que se soit avec l’extérieur, amis ou famille ou employeur par téléphone ou par internet. Cette forme de détention à domicile est la cause de nombreuses critiques(voir le film Britz, un diptyque de Peter kosminsky).

A vous de juger !

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La Cigale et la Fourmi, nouvelles versions

septembre 14, 2009 · Laisser un commentaire

En période de crise, les fables et les citations font fureur. On se réconforte dans un déjà vu que nous procure le déjà vécu. Quelles leçons n’avons-nous pas tirées de notre histoire ?
La perspicacité de La Fontaine, auteur de la fable suivante, serait-elle à nouveau au goût du jour? Avec tous nos remerciements à Michael, Sauvequipeut vous offre:
1. Le poème original écrit par l’auteur sous le règne de Louis XIV, au XVIIème siècle; 2. Son interprétation anglaise
3. Son interprétation française

La Cigale et la Fourmi

La Cigale, ayant chanté
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle.
“Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’Oût, foi d’animal,
Intérêt et principal. “
La Fourmi n’est pas prêteuse :
C’est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez ? j’en suis fort aise.
Eh bien! dansez maintenant.

Auteur: Jean de LA FONTAINE

*VERSION ANGLAISE*
La fourmi travaille dur tout l’été dans la canicule
Elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l’hiver.

La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue

Une fois l’hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
La cigale grelottante de froid n’a ni nourriture ni abri, et meurt de froid.

FIN

*VERSION FRANCAISE*
La fourmi travaille dur tout l’été dans la canicule.
Elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l’hiver.

La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue tout l’été.

Une fois l’hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
La cigale grelottante de froid organise une conférence de presse et demande pourquoi la fourmi a le droit d’être au chaud et bien nourrie tandis que les autres, moins chanceux comme elle, ont froid et faim.

La télévision organise des émissions en direct qui montrent la cigale grelottante de froid et qui passent des extraits vidéo de la fourmi bien au chaud dans sa maison confortable avec une table pleine de provisions.

Les Français sont frappés que, dans un pays si riche, on laisse souffrir cette pauvre cigale tandis que d’autres vivent dans l’abondance.

Les associations contre la pauvreté manifestent devant la maison de la fourmi.

Les journalistes organisent des interviews, demandant pourquoi la fourmi est devenue riche sur le dos de la cigale et interpellent le gouvernement pour augmenter les impôts de la fourmi afin qu’elle paie ’sa juste part’.
La CGT, Le Parti Communiste, la Ligue Communiste Révolutionnaire, les Gay et Lesbian Pride, organisent sit-ins et manifestations devant la maison de la fourmi.

Les fonctionnaires décident de faire une grève de solidarité de 59 minutes par jour pour une durée illimitée.

Un philosophe à la mode écrit un livre démontrant les liens de la fourmi avec les tortionnaires d’ Auschwitz.
En réponse aux sondages, le gouvernement rédige une loi sur l’égalité économique et une loi (rétroactive à l’été) d’anti-discrimination.

Les impôts de la fourmi sont augmentés et la fourmi reçoit aussi une amende pour ne pas avoir embauché la cigale comme aide. La maison de la fourmi est préemptée par les autorités car la fourmi n’a pas assez d’argent pour payer son amende et ses impôts.
La fourmi quitte la France pour s’installer en Suisse où elle contribue à la richesse économique.
La télévision fait un reportage sur la cigale maintenant engraissée. Elle est en train de finir les dernières provisions de la fourmi bien que le printemps soit encore loin.
Des rassemblements d’artistes et d’écrivains de gauche, se tiennent régulièrement dans la maison de la fourmi.
Le chanteur Renaud compose la chanson ‘Fourmi, barres-toi!’..

L’ancienne maison de la fourmi, devenue logement social pour la cigale, se détériore car cette dernière n’a rien fait pour l’entretenir.
Des reproches sont faits au gouvernement pour le manque de moyens. Une commission d’enquête est mise en place, ce qui coutera 10 millions d’euros.

La cigale meurt d’une overdose.
Libération et L’Humanité commentent l’échec du gouvernement à redresser sérieusement le problème des inégalités sociales.
La maison est squattée par un gang de cafards immigrés.

Les cafards organisent un trafic de marijuana et terrorisent la
communauté…

Le gouvernement se félicite de la diversité multiculturelle de la France.


Un peu d’histoire; qui était Jean de La Fontaine ?
Les contes et les fables, écrites entre 1678 et 1680, ont valu un immense succès à son auteur Jean de la Fontaine.
Familier de la campagne champenoise, cet amoureux de la nature après de solides études devient avocat.
Il dilapidera sa fortune, celle de sa riche femme. Vagabondage et libertinage seront les piliers de son existence précaire sauvegardée in extremis par la reprise de l’affaire de son père, maître des Eaux et Forêts.
Dès 1658, il s’installe à Paris et la fortune lui sourit à nouveau. Ayant séduit le ministre des finances de Louis XIV, il vit quelques années heureuses, à l’abri du besoin jusqu’à l’arrestation de celui-ci en 1661. Il se montrera fidèle à son protecteur jusqu’à la fin, jusqu’à oser intervenir en sa faveur auprès du roi – qui ne lui pardonnera jamais…
Après la publication de ses contes et fables, il est la coqueluche de tous les salons mais reste désargenté.
Entré à l’Académie en 1683, il finit sa vie dans l’austérité, ayant passé les dernières années de sa vie à écrire des poésies religieuses…

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Comme la presse britannique peut être mesquine !

septembre 9, 2009 · Laisser un commentaire

La taille aurait-elle tant d’importance dans notre société ?

Quand la presse est à court d’idées, elle s’attaque à l’apparence des gens célèbres…Cela fait vendre des journaux et augmente l’audimat, c’est bien connu.
Notre pauvre président s’en prend régulièrement plein la figure…
Et plus il s’inquiète de sa taille, plus la presse lui rappelle qu’il est bien petit !
Le Telegraph, dans son article raconte que des personnes de taille inférieure à celle du président ont été choisies pour faire toile de fond pendant un discours télévisé… Il rappelle aussi l’humiliation de Sarkozy lors de la cérémonie commémorative du débarquement en Normandie pendant laquelle de mesquins journalistes avaient fait des gros plans sur le tabouret sur lequel il s’était perché pour être vu du public aux cotés des très grands Obama et Brown. Sa femme a beau porter des talons plats, son mari n’en a pas l’air plus grand… Alors que Sarkozy pourrait redorer le blason des petites gens, le voici qui nous en fait un complexe… Guy Debord et sa Société du Spectacle avait vu juste !

Que se passe-t-il dans notre société donneuse de leçons et soit-disante civilisée ? Vivrions-nous une déviation de la représentation d’ identité du politique, représentation désormais polaroïde?
Serions-nous tous devenus figurants dans une production cinématographique plus ou moins grotesque? Malheureusement, Sarkozy a compris que la fabrication de son image est aussi importante que sa politique et sa taille reste un handicap. Deviendra-t-il le nouveau Michael Jackson de la politique?

Selon Roger-Gérard Schwartzenberg, il semblerait qu’une des principales déviations de la Ve République repose sur la personnalisation excessive de la politique. Cette personnalisation, en collaboration très proche avec les medias, pourtant si critiquée depuis 1958, serait le principal enjeu pour tout politicien qui veut réussir.
Aujourd’hui, en effet, tout serait affaire de leadership, le choix des électeurs se portant beaucoup plus sur un profil métiatisé que sur un projet et sur une idéologie. Dans cette optique, l’élaboration d’un programme politique et économique pour nous sortir de la crise serait utile mais non prioritaire. L’image qu’on projette est créée de toutes pièces comme dans un film ou dans la presse people.
Comme l’écrit à juste titre dans sa TRIBUNE, Roger-Gérard Schwartzenberg, ancien ministre, président d’honneur du PRG – «Désormais le savoir-plaire importe autant que le savoir-faire.»
« En réalité, ce qui sous-tend implicitement cette démarche, c’est surtout la prise en compte des techniques actuelles de communication. D’abord le remplacement de la presse écrite, support privilégié des débats d’idées, par la télévision comme principal vecteur d’information. C’est-à-dire le passage d’un média à contenu intellectuel et rationnel à un média de type beaucoup plus affectif et personnalisé. Dorénavant, l’image supplante le message. Et le ressort émotif prime l’analyse logique. Devenu plus sommaire, plus superficiel, le débat public est axé avant tout sur la personnalité et le style des dirigeants. Quitte à voir l’apparence l’emporter sur la substance… »

Qu’en pensez-vous ?

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Les vacances de Madame Hulot: “hotel or not hotel” that is the question?

août 25, 2009 · Laisser un commentaire

Chers lecteurs, le blog dort… mais ce fait divers vient de le réveiller en sursaut.

Hôtel ou pas hôtel ?

La dépêche, le 24 août 2009

« Une touriste britannique vient de passer une nuit enfermée dans la mairie de Dannemarie (Haut Rhin) après avoir pris ‘l’hôtel de ville’ pour ‘un hôtel’.
Malgré son affiche scotchée sur une vitre ‘22.08.2009. Je suis fermer ici. Est-ce possible la porte en ouvrir?’ elle n’a été délivrée par le maire que le lendemain matin ».

Bon effort linguistique et quelle expérience ! Serait-elle la seule touriste à avoir fait cette erreur ?
Sauvequipeut se demande si cette dame anglaise ira s’inscrire dare dare à des cours du soir à son retour de vacances ou si elle passera ses prochaines vacances en Espagne (avec son portable ) ?

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La fin des illusions sur la supériorité morale de la classe politique britannique

juin 6, 2009 · Un commentaire

 

L’heure de vérité ?

 

Après avoir pris un peu de recul sur le scandale de l’Affaire des notes de frais des députés anglais qui secoue l’opinion publique britannique, faisons une pause et réfléchissons à l’évolution de notre démocratie, modèle incontesté que nous voulons imposer au reste du monde « non civilisé ».

En période de crise, Le scandale des notes de frais vient s’ajouter au long cortège d’escroqueries politiques du New Labour écrit Rue89 .

Ce genre de révélations n’améliore guère la réputation des  politiciens faiseurs de législation, si souvent impliqués dans des affaires de fraudes et de corruption dans nos démocraties modèles et fait vendre selon un article publié dans le New York Times et intitulé «  The Scoop That Changed Parliament, and News »

Deux croyances fondatrices du système anglais ont été, coup sur coup à jamais anéanties : d’une part, la prétendue supériorité d’une économie basée sur la dérégulation, la flexibilité et la privatisation des biens communs

Qu’en pense la presse française ?

 

L’arroseur arrosé.

La prétendue supériorité morale d’une classe politique supposée plus « propre » que ses homologues européens est rudement remise en question. Selon le blog, «  la colère populaire monte devant une telle injustice .Surtout que  le gouvernement vilipendait encore récemment les smicards et les chômeurs, soupçonnés de « refuser le travail » ou « d’abuser du système d’aide sociale ». Tout cela dans un souci d’économie et de meilleure répartition des richesses… Si les Anglais avaient su que noblesse parlementaire oblige, ils auraient été moins choqués par ces révélations…

 

Des Législateurs hors la loi .

Ces dépenses seraient censées couvrir les frais d’achat d’un appartement ou d’une maison, rien de plus. Ceux-ci arguent de la nécessité de posséder un deuxième domicile, aux frais des contribuables. Tout à fait normal, selon eux.  Pourquoi devraient-ils souffrir au service de la nation ?

En pratique, nombre de députés font passer dans leur note de frais des dépenses superflues et souvent abusives:  

  • rénovation et embellissement de la maison
  • achat de mobilier, d’appareils électroménagers, de coûteux écrans de télévision plasma
  • entretien de piscines privées et de douves.
  • paiement d’impôts locaux
  • embauche d’une femme de ménage (Gordon Brown)

Dans les cas les plus cocasses, l’époux d’une ministre a demandé le remboursement d’un film porno ; un autre ministre a déclaré l’achat de… couches pour bébé et de tampons hygiéniques.

Des députés sont allés jusqu’à demander le remboursement de mensualités d’un prêt immobilier, alors que la maison avait déjà été intégralement payée. D’autres revendent leur domicile parlementaire (subventionné par les contribuables) et empochent sans vergogne la plus-value dégagée par la vente (136 000 livres dans le cas du ministre Peter Mandelson, ex-bras droit de Tony Blair).

Pareil scandale et pareille démission peuvent-ils survenir en France ?

« Ça ne peut pas arriver ici. Premièrement parce que le président de l’Assemblée nationale ne s’occupe pas de ces questions. Deuxièmement parce qu’on n’utilise pas le système de notes de frais, mais on distribue des indemnités représentatives de frais de mandat. » confie Richard Mallié, député UMP des Bouches-du-Rhône et premier questeur de l’Assemblée nationale (c’est lui qui est en charge des finances),  à Rue89  

6300 euros pour les frais de mandat

Tout n’est cependant pas si simple. Pour y voir plus clair, Rue89 a retracé les recettes et les dépenses des députés. Trois versements sont effectués chaque mois par l’Assemblée nationale en direction des députés et de leurs collaborateurs :

  • L’indemnité parlementaire, qui correspond au salaire des députés. Elle est de 5800 ou de 5200 euros net, suivant que les députés cotisent simple ou double, c’est-à-dire qu’une année travaillée représente une année de cotisations retraite ou deux années de cotisations retraite.
  • L’indemnité représentative de frais de mandat, qui correspond aux frais de fonctionnement des députés. Elle est de 6300 euros brut par mois.
  • Le crédit collaborateur, qui correspond au salaire des collaborateurs des députés. Il est de 9000 euros brut par mois. Les députés ne la touche pas directement, mais bénéficient dessus d’un droit de tirage pour rémunérer leurs assistants parlementaires et leurs secrétaires. Théoriquement, ils ne peuvent en bénéficier, mais une partie est détournée en pratique chaque fin d’année à leur profit.

Une kyrielle d’avantages en nature

C’est donc cette Indemnité représentative de frais de mandat (IRFM) qui remplace en France le système britannique des notes de frais. Voici les dépenses qu’elle permet précisément de couvrir :

  • les frais de permanence en circonscription (loyer, meubles, matériel, électricité, eau, abonnements téléphone et Internet…) ;
  • les frais d’essence ;
  • les frais de restauration ;
  • les frais d’habillement…

Pour autant, dans le cadre de leurs fonctions, les députés bénéficient également davantage en nature, en plus de prix attractifs chez le coiffeur ou à la buvette de l’Assemblée nationale. Pour leurs déplacements d’abord : quarante allers-retours aériens par an entre leur circonscription et Paris, ainsi que la gratuité pour le train en première classe. Pour leurs communications téléphoniques ensuite : 4700 euros (pour les députés parisiens), 6600 euros (pour les députés de province) ou 10 000 euros (pour les députés d’Outre-mer) par an.

Ils pouvaient aussi se voir octroyés deux sortes de prêts à taux préférentiels, de trésorerie dans la limite de 18 000 euros et pour un logement, mais le système sera aboli à la fin de cette année.

Une vingtaine de députés (le président de l’Assemblée nationale, les trois questeurs, les présidents de groupe et ceux de commission) ont droit enfin à une voiture avec chauffeur, et quatre d’entre eux (le président de l’Assemblée nationale et les trois questeurs) à un logement de fonction.

Ni contrôle ni sanction

Une kyrielle d’avantages qui n’empêche pas les abus. Particulièrement en cas de cumul des mandats. Par exemple, il n’est pas rare de voir un président de conseil général utiliser sa voiture de fonction avec chauffeur pour effectuer ses déplacements de député.

Mais sur ces pratiques, aucune vérification. Les députés n’ont pas à justifier l’utilisation de leur IRFM et aucune procédure ou sanction n’est prévue en cas d’abus allégué. Comme en Grande-Bretagne, des fraudes peuvent donc survenir, mais il n’existe aucun moyen de les connaître en France. Commentaire du premier questeur Richard Mallié :

« Ce serait extrêmement difficile de procéder à ces contrôles. Vous imaginez, on gère 577 députés ! »

Moralité : si vous êtes jeune, beau parleur, à la recherche d’un emploi bien rémunéré, avec une bonne retraite et un tas d’avantages nature, la politique est votre eldorado….

Conseil : Le Parlement Européen est incontrôlable et intouchable.  Vive la démocratie moderne…

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La journée d’Isabelle Adjani !

avril 30, 2009 · Laisser un commentaire

 

 

La journée de la jupe, un film qui fait parler de lui mais pourquoi?

Les réformes se succèdent mais notre société stagne.  Jamais l’humanité n’a autant piétiné.  Beaucoup de cinéma et peu d’actions, le G20 en est une illustration déprimante. Notre incapacité de prendre des décisions et d’agir ensemble est médiatisée à outrance  jusqu’à l’écoeurement ! 

Le véritable enjeu idéologique du vingt et unième siècle est-il d’améliorer notre condition de vie sur terre ?  Le concept derrière le mot “Idéologie” semble même  être devenue péjoratif…  Utopie, anarchie ou encore extrémisme religieux sonnent le glas… 

 L’explosion de l’information et sa rapidité à nous parvenir est le résultat incontestable d’un progrès technologique extraordinaire. Le savoir et la connaissance sont-ils encore source de progrès social ?  Que nous enseigne-t-on vraiment ? Sommes nous sérieusement à la recherche d’un monde meilleur pour tous?  L’égalité, la justice, l’intégration sont parmis les thèmes explorés par ce film qui met en scène une Adjani au meilleur de sa forme. Elle y incarne une professeur qui “pète les plombs” et prend en otage le temps du film une classe qui lui a montré l’incohérence de tout un système qu’elle représente… Un film percutant selon les critiques…

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Violence, toujours plus de violence !

avril 8, 2009 · Laisser un commentaire

Les Anglais semblent être choqués par un « incident » qui a couté la vie à un vendeur de journaux lors d’une intervention policière musclée pendant le G20 à Londres.  Le pauvre se rendait tranquillement chez lui quand il s’est fait tabassé par un CRS londonien… Il est mort quelques instants plus tard d’une crise cardiaque.  Certains diront que c’était son heure et que la police n’y est pour rien. http://www.guardian.co.uk/video..

En France, les CRS n’y sont pas allés non plus de mains mortes.  Ils sont vus lançant des cailloux sur les pauvres manifestants qui essayent pacifiquement de se frayer un passage le long de la voie de chemin de fer.  Les CRS auraient-ils usé de la même stratégie que celle adoptée (très efficacement) à Londres pour faire passer l’envie aux citoyens britanniques de manifester à nouveau.  La presse anglaise critique: ce qu’elle appelle le “kettling” ou “la mise en bouilloire”.  Il s’agit de cordonner les manifestants de manière à ce qu’ils ne puissent ni avancer, ni reculer ni se disperser…même pour aller aux toilettes ou sortir de la manif…

Regarder la vidéo suivante et vous serez les témoins de ce qui s’est passé à Strasbourg.  Nos CRS sont toujours fidèles à leur réputation !  Ils font leur travail dans le calme et l’harmonie… Tout est fait pour rétablire l’ordre le plus pacifiquement possible….

 

Malheureusement la police n’est pas la seule mise en cause dans l’expression de la violence.

Voici le récit de Jonathan qui a témoigné  dans un procès qui s’est déroulé en Australie alors qu’il vivait en France…

 

« Le mercredi 12 mars 2008, j’ai vécu une expérience  tout à fait particulière et très inattendue quand on considère que je menais une vie sans histoires comme étudiant de FLE (Français Langue Etrangère).  Ce mercredi en question, J’avais été convoqué à l’aéroport de Nice à 7h30 du matin pour témoigner par caméras interposées dans un procès qui avait lieu dans un tout autre pays.

Le 3 mars 2006, j’avais arrêté un jeune garçon de 17 ans (l’accusé) qui avait agressé un de ses amis. Il l’avait frappé d’un seul coup de poing qui lui avait fait tout d’abord perdre connaissance et ensuite il était entré dans un coma duquel il n’est jamais sorti.  Il est mort trois mois plus tard. C’était en Australie, pays dans lequel j’habitais à l’époque.

En Australie,  au moment de l’affaire, je travaillais comme « transit guard »  pour l’état dans l’ouest du pays. C’était un peu comme être agent de la police municipale de Nice mais mon secteur était plutôt les transports en communs de Perth et plus particulièrement les trains. Dans ce genre de boulot, on se trouve souvent confronté à la violence et pour cette raison, je n’avais aucune intention de faire ce travail pour toujours.   D’ailleurs, en septembre 2007 j’avais démissionné avant d’arriver à Nice pour continuer mes études de langues.

Néanmoins, il n’est pas facile d’échapper au système judiciaire Australien qui m’avait non seulement retrouvé mais aussi assigné à comparaitre au procès  deux ans plus tard. C’était une affaire d’homicide involontaire. Donc, en ce mercredi 12 mars 2008, je me suis rendu à l’aéroport de Nice.  Je m’étais levé tôt car il n’était pas question que j’arrive en retard. Par crainte d’être accuser de faux témoignage, j’avais appris par cœur les 18 paragraphes de ma déposition pour ne pas parler en Français par erreur. Heureusement, tout s’est déroulé beaucoup plus simplement que je l’avais imaginé.  Certes, la situation était plus que bizarre.  Je me suis retrouvé seul  devant un petit écran dans une salle au deuxième étage de l’aéroport.  A 7h30, l’écran s’est allume et une voix m’a demande si j’étais bien Monsieur Simpson.  Apres cela j’ai juré de dire  toute la vérité.  Le juge et les avocats  m’ont alors posé un tas de questions.  Heureusement pour moi, j’ai réussie à ne répondre qu’en anglais.  On m’a aussi montré une vidéo sur laquelle on me voyait après  l’agression.  Une demie heure plus tard, tout était fini et je suis sorti de l’aéroporté. Quand au verdict, l’accusé a été acquitté.»

Les bagarres de rue sont très fréquentes et ne finissent pas toujours bien.

 

En France, des voyous sèment la terreur dans les transports publics et cette vidéo illustre l’impuissance des passagers et des conducteurs de bus à rétablir le calme. 

 

 

 

 

  http://www.youtube.com/watch?v=kqMeIreJouM

Il n’est plus possible de visualiser cette vidéo dans son intégralité sur les médias sauf par ce biais … Une enquête est en cours.

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Un film à voir dès sa sortie !

mars 24, 2009 · Laisser un commentaire

 

Aux blance falaises

Aux blance falaises

Un film  sur les personnes qui fuient leurs pays d’origine pour aller en Angleterre et qui se retrouvent coincées à Calais.

Cliquez sur l’image pour le reportage d’Allocine ( site français primé pour le cinéma).

 Film qu’il fallut pour tout déranger !

Voilà ce que Télérama en dit:

 

“Certains sans-papiers sont là depuis des semaines. Des mois. Bilal, lui, vient d’arriver à Calais, venu de son Kurdistan irakien. Avec la fougue de ses 17 ans, il s’imagine que rallier l’Angleterre – où l’attend celle qu’il aime – sera facile. Nettement plus que ce qu’il a déjà subi. De fait, trouver des passeurs, ce n’est pas très dur, à condition d’être plusieurs et de payer 500 euros par tête de pipe. Dissimulé dans un camion, Bilal ne se doute pas qu’il devra, à certains moments, s’enfouir la tête dans un sac en plastique pour éviter les flics, les chiens et leur petite tête chercheuse, cette « espionne du CO2 » qui détecte le moindre souffle suspect…

Son film, intense et beau, donne le frisson. Il finit mal, bien sûr, parce qu’il ne saurait en être autrement. Mais, comme dans ces vieux chefs-d’oeuvre italiens où il suffisait qu’un gamin glisse sa main dans celle de son père humilié pour que l’espoir renaisse, ce sont des fragments de fraternité que l’on emporte.”

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La France est-elle une terre d’accueil ?

mars 9, 2009 · Un commentaire

 

Voilà ce que chantait Pierre Perret en 1977.  Les Ogres de Barback, un groupe culte de la nouvelle génération de rebels l’ont repris en coeur avec Pierre Perret.  Une émouvante rencontre de deux générations….

 

Lily

Texte et musique  de Pierre Perret (1977)

 

On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalie Lily
Dans un bateau plein d’émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris

Elle croyait qu’on était égaux Lily
Au pays de Voltaire et d’Hugo Lily
Mais pour Debussy en revanche
Il faut deux noires pour une blanche
Ça fait un sacré distinguo

Elle aimait tant la liberté Lily
Elle rêvait de fraternité Lily
Un hôtelier rue Secrétan
Lui a précisé en arrivant
Qu’on ne recevait que des Blancs

Elle a déchargé des cageots Lily
Elle s’est tapé les sales boulots Lily
Elle crie pour vendre des choux-fleurs
Dans la rue ses frères de couleur
L’accompagnent au marteau-piqueur

Et quand on l’appelait Blanche-Neige Lily
Elle se laissait plus prendre au piège Lily
Elle trouvait ça très amusant
Même s’il fallait serrer les dents
Ils auraient été trop contents

Elle aima un beau blond frisé Lily
Qui était tout prêt à l’épouser Lily
Mais la belle-famille lui dit nous
Ne sommes pas racistes pour deux sous
Mais on veut pas de ça chez nous

Elle a essayé l’Amérique Lily
Ce grand pays démocratique Lily
Elle aurait pas cru sans le voir
Que la couleur du désespoir
Là-bas aussi ce fût le noir

Mais dans un meeting à Memphis Lily
Elle a vu Angela Davis Lily
Qui lui dit viens ma petite sœur
En s’unissant on a moins peur
Des loups qui guettent le trappeur

Et c’est pour conjurer sa peur Lily
Qu’elle lève aussi un poing rageur Lily
Au milieu de tous ces gugus
Qui foutent le feu aux autobus
Interdits aux gens de couleur

Mais dans ton combat quotidien Lily
Tu connaîtras un type bien Lily
Et l’enfant qui naîtra un jour
Aura la couleur de l’amour
Contre laquelle on ne peut rien

On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalie Lily
Dans un bateau plein d’émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris.  

 

La France a-t-elle vraiment changé ?

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