Archives Mensuelles: novembre 2007

Le rat de Londres et le rat de Paris !

Une étudiante m’a donné à lire un article du magazine The Week  "Lisez cela, c’est absolument vrai, surtout le passage qui décrit le métro qui arrive en gare de Piccadilly et dont la porte s’ouvre le temps de laisser un passager vomir.  Voilà la vulgarité à l’anglaise!" m’a-elle dit.

L’ article original a été écrit par une certaine Hortense de Monplaisir, une parisienne intello, bon chic bon genre qui, contrainte et forcée, est venue vivre à Londres avec son mari. Elle dit adorer la capitale . "Londres est fabuleux pour venir y faire des courses mais pour y vivre ! "

Depuis son séjour au pays des rosbifs, Hortense prétend bien comprendre  les londoniens et les  décline délicieusement ou outrageusement dans un livre "Le Dossier: " publié par John Murray et dont voici un extrait trouvé dans le Sunday Times. Il est brillamment traduit par Sarah Long et vous pouvez le lire en anglais.

La  description d’hortense de la vie en Angleterre et surtout à Londres est cocasse.  Elle nous fait l’ exposé d’ un fossé culturelle et social entre les deux capitales: "certains quartiers bourgeois de Londres sont parsemés de cités HLM qui abritent les pauvres et les immigrés" affirme-t- elle. La France a trouvé une solution beaucoup plus pratique; elle construit ce genre de quartiers, fourre-tout du paupérisme, dans des banlieues éloignées des villes, ce qui diminue, le soir venu, le risque de faire de mauvaises rencontres dans les rues.  Les trouble-fêtes ont pris le bus, le RER ou le train corail pour rentrer chez eux.

La mode est schizophrénique et quand il s’agit des fêtes de fin d’année au bureau, le choc est complet. Exagère-t-elle ?

L’art de vivre ne se limite pas à l’architecture, à la décoration intérieure, à la mode ni à la gastronomie.  S’amuser est important et en Angleterre, c’est tout une affaire ! Mais est-ce un art?

L’opéra pique-nique de Glyndebourne lui semble comique et parfois tragique dans le cas de ces courtiers en bourse de la city qui s’affichent avec des belles de jour, femmes-objets ou fétiches.

Les bitures express du vendredi soir, typiquement british?

En fin de compte on se demande si une Française aurait vraiment le courage ou le toupet d’écrire un tel livre.  Pour en savoir plus, pourquoi ne pas consulter le blog de Rosbif !

Vive la France et ses motards xénophobes !

Alors que la France se plaint d’un manque de sécurité, les policiers sont pourtant nombreux et très présents sur le sol du pays.  Les automobilistes pourront vous le confirmer… Nos routes sont régulièrement patrouillées ou surveillées de très près.

 

Il semblerait que le citoyen-automobiliste représente un des dangers les plus graves sur le territoire.

Notre reporter, Peter Matthews nous envoie ce reportage sur les méthodes policières françaises. 

En Octobre, nous roulions  en voiture dans une petite ville pas loin de notre maison secondaire. Il était environ quinze heures et il n’y avait pas beaucoup de circulation. J’attendais patiemment derrière un camion arrêté à un stop.  Il a démarré très lentement – j’ai vérifié qu’aucun véhicule  n’arrivait sur la rue principale et je l’ai suivi très prudemment.

Et les voilà, deux motards stationnés à côté de la rue, presque cachés par un bâtiment. Ils m’ont fait signe de m‘arrêter – qu’est-ce que j’avais fait? Probablement une vérification des papiers du véhicule etc.  

Voici le détail de ce qui s’est ensuite passé :

Une fois arrêté, je sors de la voiture et dit bonjour (première erreur!!). Le plus jeune motard, qui porte des lunettes de soleil complètement noires, me demande sèchement “ Est-ce que vous parlez français?” Je lui réponds “ Oui, assez bien.” (deuxième erreur!!). “ Vous ne vous êtes pas arrêté à la ligne blanche. C’est une infraction sérieuse et ça va vous coûter une amende de130 euros. En France, il faut respecter les règles et sans doute c’est pareil en Angleterre – ici ce n’est pas comme aux États Unis ni  comme au Canada!”.  J’essaie,  en vain,  de lui expliquer que j’ai vérifié qu’il n’y avait aucun danger – que j’avais marqué l’arrêt  derrière le camion et que dès que celui-ci avait démarré, je l’avais suivie,  … mais à pas de tortue – Or cela ne sert à rien ! C’est peine perdue !  Il me rétorque à haute voix “ Il faut absolument arrêter une deuxième fois à la ligne blanche – c’est la loi! Donc un infraction – amende de 130 euros”.

 C’est à ce moment-là que  j’ai malencontreusement décidé de tout expliquer à ma femme qui était toujours dans la voiture. Mais le motard s’est fâché et il m’a hurlé au visage  “ Écoutez moi quand je parle !” et il m’a répété qu’il  fallait que je  paye 130 euros en liquide. Je lui ai demandé  ce que se passait si je n’avais pas assez d’argent sur moi? Sa réponse est arrivée très vite : “ On garde la voiture et vous, vous trouvez une banque”. Je lui ai répondu que  je n’étais pas sûr d’avoir assez de liquide pour payer la chambre d’hôte où nous restions ce soir-là.  Il m’a alors poussé brutalement, me mettant la main  sur la poitrine et m’a dit “ Je vous fais un cadeau – cette fois, il n’y a rien à payer – mais faites attention  car… la prochaine fois…!” Il était vraiment agressif.

 A cause de ses lunettes de soleil c’était impossible de voir ses yeux et donc difficile de comprendre s’il était sérieux ou pas.

Ma femme et moi  avons été très choqués par cet incident. Je me fous de l’infraction même – théoriquement ce n’est pas quelque chose de sérieux – mais l’attitude du flic était incroyable.  Je suis encore entrain de me poser la  question suivante– A quoi bon  nous arrêter si ce n’était pas pour nous demander les papiers de la voiture, nous faire passer un alcotest , ni regarder dans notre coffre…..peut-être que le flic n’aimait pas les étrangers ! 

Les Anglais seraient-ils Jaloux?

Avec nos remerciements à Steve Bell pour nous autoriser à le poster, un de ses dessins humoristiques sur les nouvelles relations diplomatiques entre la France et des Etats-Unis.   

 copyright ©Steve Bell 2007/All Rights Reserved

 steve.bell@guardian.co.uk

Qu’en pensez-vous ? Auriez-vous préféré y voir  votre premier ministre ? Si oui, quel animal conviendrait le mieux?

Voraces! les cheminots grévistes ou les ogres de l’économie mondiale?

 

Une semaine de grèves à la SNCF, la RATP, EDF-GDF et des manifestations étudiantes ont secoué une fois de plus l’Hexagone.  Les transports ont été fortement perturbés partout en France et les marges bénéficiaires de nombreuses sociétés ont subies une légère baisse que les salariés grévistes ou non ne manqueront pas de repayer avec intérêts comme d’habitude.

D’autres mouvements sociaux sont prévus à partir du 20 novembre menés par les fonctionnaires, les magistrats et  les étudiants. C’est pas la joie sauf pour les parisiens !

vélib à Paris

Mais pourquoi une autre grève, un autre conflit social? Les Français sont-ils des contestataires inconditionnels, des révolutionnaires nés, des trouble-fêtes illogiques ?

Comme dans beaucoup de démocraties, certaines professions bénéficient de régimes de retraites spéciaux, comme les cheminots, les acteurs, les électriciens et les parlementaires. Pourquoi?

Un peu d’histoire

Opéra et Comédie-Française.

 Le régime de l’Opéra National de Paris (Garnier et Bastille) a été accordé en 1698 par Louis XIV à l’Académie Royale de danse. Il concerne 1 600 salariés qui peuvent en bénéficier après quinze ans de présence dans l’entreprise. Les danseurs peuvent faire valoir leurs droits à la retraite à 40 ans, au plus tard à 42. Les chanteurs des choeurs bénéficient d’une ouverture des droits à 50 ans et les personnels techniques à 55 ans en raison de la pénibilité.

Le théâtre de Molière

 A la RATP, les 45 000 salariés peuvent partir en retraite après 25 années de service à 50 ans pour les conducteurs et 55 ans pour les agents de maintenance. Pour les autres, il faut avoir 60 ans et 30 ans de service.

Electriciens EDF

Les électriciens et gaziers. Défini en 1946, le régime spécial de retraite des industries gazières et électriques bénéficie aux personnels de 138 entreprises (dont EDF et GDF), soit 142 000 cotisants actifs et 145 000 pensionnés.

Assemblee nationale

Le parlement. Le Parlement définit ses propres règles de retraite. Depuis 2003, les parlementaires sont passés à 40 annuités pour faire valoir leurs droits à la retraite à taux plein. Ils ont la possibilité d’obtenir ces annuités plus vite en versant une cotisation plus élevée. En pratique, les députés parviennent à une retraite à taux plein en 22,5 ans.

La pension moyenne d’un ancien parlementaire est de 2 400 euros net par mois pour une durée moyenne de mandat de 7 ans. En 2006, leur caisse a versé 60,36 millions d’euros de prestations. 22,36 millions d’euros ont été financés par les cotisations, tandis que le déficit de 38 millions d’euros a été couvert par une subvention de l’Assemblée. La pension moyenne d’un sénateur était de 3 295 euros bruts par mois.

La SNCF. Le régime des retraites à la SNCF est un héritage des premières compagnies de chemins de fer qui, dès 1850, ont mis en place pour leur personnel des caisses de retraite. Il s’agissait de compenser les contraintes du service, la pénibilité, et surtout de fidéliser un personnel ouvrier très qualifié dans un contexte alors très concurrentiel. Les régimes ont été conservés lors de la création de la SNCF en 1937 et maintenus en 1945, lors de la création du régime général pour l’ensemble des salariés.

Les exclus de la réforme:

Les pêcheurs et mineurs. Le régime des marins-pêcheurs est exclu de la réforme, pour des raisons de pénibilité et de sécurité. Le taux d’accident du travail s’élève dans ce secteur à 127 pour 1000, contre 39 pour 1 000 en moyenne. Les pêcheurs partent à la retraite entre 50 et 55 ans. Le régime des mineurs ne sera pas non plus réformé.

Selon un sondage BVA publié mardi 13 novembre, une majorité de Français – 55 % contre 44 % – jugent injustifié le mouvement de grève lancé contre la réforme des régimes spéciaux de retraite. Ils ont tous compris qu’il fallait travailler plus longtemps pour coûter moins à la société.

Mais c’est la protestation étudiante qui recueille le plus l’assentiment des sondés.  La réforme de l’université passe mal et 49 % (et 79 % des sympathisants de la gauche) s’y oppose, tandis que 38 % soutiennent l’Elysée et Matignon sur ce dossier. Plus largement, 49 % des personnes interrogées considèrent que la politique économique menée par le gouvernement est plutôt ou très mauvaise.

En fait, la division politique des élections est toujours présente, la cohésion sociale promise  reste une chimère. L’opposition au gouvernement a même grandit  et l’espoir des Français qui ont voté Sarko pour une amélioration de leur qualité de vie s’envole en fumée.  Un grand incendie social brûle plus que des voitures dans les banlieues sensibles mais aussi les rêves d’une société harmonieuse, juste et respectueuse  où  citoyens du peuple pourraient aspirer à travailler des horaires raisonnables, goûter à quelques plaisirs de la vie et ne pas mourir usés et vidés au travail, loin de leur famille et amis.  

Le coût de la reprise économique, promise par le président, est lourd pour la France d’en bas qui, une fois de plus, doit en faire tous les sacrifices: travailler plus et plus longtemps, payer plus et toujours plus sans garanties de retraite pendant leur vieillesse alors que la France d’en haut voit ses chances de travailler encore moins qu’avant grandir , et cela simplement en jouant le jeu de l’argent sur le grand échiquier de la finance mondiale.

Comme un éditorialistes du Monde Diplomatique, Ignacio Ramonet a écrit en parlant des fonds de pension et de l’hypocrisie du nouveau capitalisme, "c’est la fin du contrat social".

"Alors qu’ils gagnent personnellement des fortunes démentielles, les dirigeants de ces fonds pratiquent désormais, sans états d’âme, les quatre grands principes de la « rationalisation » des entreprises : réduire l’emploi, comprimer les salaires, augmenter les cadences et délocaliser. Encouragés en cela par les autorités publiques, lesquelles, comme en France aujourd’hui, rêvent de « moderniser » l’appareil de production. Et au grand dam des syndicats, qui crient au cauchemar et dénoncent la fin du contrat social. "Certains pensaient qu’avec la globalisation le capitalisme était enfin repu. On voit maintenant que sa voracité semble sans limites. Jusqu’à quand ?

A quoi a servit la révolution?  Pourquoi les ancêtres de la république sont-ils morts si ce n’est pour réduire les inégalités sociales en instituant un contrat social entre les riches et les pauvres?

Cette année le 14 juillet tombe un lundi, je suggère que nous abolissions cette fête nationale qui n’a plus de sens dans le monde que veut le président et 53% des Français qui ont voté pour lui. 

Qu’en pensez-vous? Etes-vous d’accord avec Sarkozy ou avec Ramonet?

Un trésor national ferroviaire abandonné à la rouille en Grande Bretagne

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SNCF 230D/Peintre du rail/©Chris Ludow

Pendant deux décennies, un trésor d’importance nationale à été gardé en Angleterre et est maintenant en danger réel d’être mis à la ferraille. La locomotive à vapeur de la classe , précedemment du réseau Nord, a été pendant un temps la propriété du Musée des Sciences à Londres – même les Britanniques la considèrent comme un exemple significatif de locomotive à vapeur – puis elle a été vendue à un propriétaire privé dans les années 80. Pendant un certain temps, elle a été maintenue en état de marche au Chemin de fer de la Nene Valley, une ligne touristique dans le centre de l’Angleterre, mais récemment elle dépérit tristement en plein air et est entrain literallement de se décomposer.

Son propiétaire vient de la mettre en vente, horreur des horreurs sur Ebay! Un seul autre exemple d’une locomotive de cette classe existe au Musée National du Chemin de fer (la Cité du train) à Mulhouse mais celle ci ne roulera probablement jamais plus. Le seul espoir qui reste pour la no 3.628. qui remorquait autrefois les express de Paris Nord à Beauvais, Calais et Lille, c’est qu’elle pourrait être rapatriée en France et restaurée pour de nouveau rouler et de plus être classée comme trésor national comme bien d’autres dans notre patrimoine.

Cependant, tant qu’elle languit en Angleterre et que sa condition se détèriore de jour en jour, cet espoir semble s’éloigner de plus en plus . Jusqu’à présent, il ne semble pas y avoir de soutien serieux émanant de la France à part quelques expressions de regret! Il y aura beaucoup plus de larmes et de regrets si nous laissons ce splendide et important exemple de notre patrimoine industriel et ferroviaire pourrir dans un pays étranger.

-de nos correspondents Françoise et Chris Ludlow

Sarko, les Américains et nous

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La lune de miel entre les Américains et Sarko est-elle finie? 

Le président semble avoir des problèmes avec la presse américaine!  Après avoir furieusement  agressé verbalement deux journalistes lors de ses vacances "en famille" aux USA, la moutarde lui est encore montée au nez récemment  Lors d’une interviewe à l’Elysée, une charmante journaliste de CBS a osé lui posé une question sur "son ex-femme",  simplement inacceptable, pour le président qui a quitté l’interviewe furieux. Cet événement est paru sur un site francophile américain "French Morning", basé à New York.

La mondialisation et les méthodes de communication internationales vont certainement déplaire de plus en plus au président, habitué à contrôler certaines médias de son pays  et bien sûr, tout son entourage (sauf Cécilia ! )

Peut-on parler de "caporalisation" de l’information?

Le Canard Enchaîné s’inquiète et  publie un dossier sur la liberté  de la presse.

Il  écrit:  "Certes, la liberté de la presse ne s’use que si l’on ne s’en sert pas.
Mais elle s’use plus vite encore si l’on censure. Ou si l’on s’autocensure. Par l’omnimédiatique président qui court et qui est passé maître dans l’art d’utiliser les médias, le sujet est d’une brûlante actualité. Mais Sarko, l’ami de Bouygues, le frère de Lagardère, l’allié d’Arnault, s’il utilise les médias et entend être bien servi par eux, n’est pas le seul dans ce cas. La première des pressions sur les médias n’est pas
politique, elle est économique. C’est celle des annonceurs qui, sous prétexte qu’ils font vivre les journaux, n’ont évidemment nulle envie de s’y voir maltraités."

Un téléfilm d’ Arte qui illustre les méthodes d’investigation journalistiques et policières en France.

Qu’en pensez-vous?