Selon un article écrit par Sophie Fay et publié dans le Figaro le 3 janvier 2008, les jeunes Français de 16 à 29 ans sont très pessimistes quand à leur avenir.
La Fondation pour l’innovation politique publie son rapport après avoir fait une étude sérieuse sur 17 pays, y compris les Etats-Unis et l’Angleterre.

Basée sur une enquête réalisée auprès de 20 000 personnes en Europe, en Asie et aux Etats-Unis, l’étude « Les Jeunesses face à leur avenir », dresse un état des lieux de l’attitude des jeunes vis-à-vis du travail, de la famille, des institutions, et interroge leur confiance en l’avenir.
Un prêtre blogueur a écrit:
Eh oui ! La jeunesse est folle et pleine de contradictions.
Le jeune est :
fantaisiste et influençable,
égoïste et généreux,
timide et téméraire,
plein de vie et trompe-la-mort,
brutal et sentimental,
provocant et pudique,
inconstant et obstiné.
Pourquoi ? Parce qu’il se cherche.
Si vous êtes jeune, vous reconnaissez vous dans cette description ?
Nous discuterons cet article cette semaine. En voilà l’ intégralité car Le Figaro l’a certainement archivé. SQP l’a gardé précieusement pour le partager gratuitement avec vous. J’espère que le Figaro et Sophie nous pardonneront…
Vos commentaires sont les bienvenus.
Seuls 7% des 16-29 ans pensent que l’avenir de la société est prometteur.
La Fondation pour l’innovation politique décrypte les attentes des 16-29 ans dans 17 pays. Les Français sont parmi les plus pessimistes.
Hyperconformistes, résignés, sans guère d’espoir de changer la société, ni même de maîtriser leur avenir personnel… Le portrait des jeunes Français publié aujourd’hui par la Fondation pour l’innovation politique (www.fondapol.org), sur la base d’un sondage international mené par Kairos Future, fait froid dans le dos. «Quarante ans après mai 1968, les jeunes Français ne semblent avoir réussi à gagner que l’autonomie sexuelle et quelques stations de radios qui leur sont dédiées», commente Anna Stellinger, directrice de recherche à la Fondapol. Pour le reste, les slogans de ce printemps-là paraissent bien loin. Aujourd’hui, parmi les jeunes de 16 à 29 ans, interrogés dans dix-sept pays, les Français sont quasiment les seuls à affirmer que l’obéissance est une qualité plus importante à développer chez l’enfant que l’indépendance. Ils sont aussi moins nombreux que les autres à faire ce qu’ils veulent vraiment. Ils considèrent plutôt qu’il est «important de se conformer aux attentes des autres». Seuls les jeunes Russes les surpassent sur ce terrain-là. La société française apparaît ainsi bien plus contraignante que l’américaine ou celle des pays scandinaves. La jeunesse française est aussi la plus pessimiste. À peine un quart des 16-29 ans juge l’avenir «prometteur», contre près de 60% au Danemark et 54% aux États-Unis ou même 36% en Allemagne. Bien moins de la moitié (39%) pensent que «les gens peuvent changer la société». Et seuls 22% estiment qu’ils ont «une liberté et un contrôle total sur leur avenir». Plus de la moitié des Américains en sont pourtant persuadés. Les jeunes Français sont là aussi avec les Russes ceux qui redoutent le plus le libre-échange et la concurrence mondiale. Comment expliquer cette situation ? Pour la Fondation, une partie de la réponse vient du fait que «la France concentre la flexibilité de l’emploi sur les jeunes». C’est l’un des pays où ils entrent le plus tard sur le marché du travail. A contrario, dans les pays scandinaves ou anglo-saxons, deux modèles pourtant très différents, la flexibilité est plus répartie. L’Allemagne, elle, profite encore de son système d’apprentissage qui facilite l’entrée sur le marché du travail et le passage à l’âge adulte en douceur.Crise de confiancePour Patricia Loncle, chargée de recherche à l’École des hautes études en santé publique, ce pessimisme français vient aussi d’une défiance à l’égard du système éducatif. La plupart des jeunes interrogés estiment que l’identité se forme dans la famille, avec ses amis mais aussi par l’éducation. En revanche, pour les Français, la scolarité semble souffrir d’une crise de confiance. Elle compte peu dans la construction de leur personnalité. Pour autant, les Français ne sont pas isolés dans leur pessimisme. Leurs homologues Italiens, qualifiés d’«adulescents», ne sont guère mieux lotis, coincés qu’ils sont chez leurs parents, même au-delà de 30 ans. Le remake de Tanguy pourrait être tourné à Rome. Or, plus les jeunes prennent tôt leur autonomie financière, plus ils paraissent confiants, optimistes et satisfaits de leur famille… Cette autonomie précoce réussit ainsi très bien aux jeunes Scandinaves qui du coup se sentent adultes plus vite ou aux jeunes Américains. L’autre grande jeunesse déprimée d’Europe est la jeunesse britannique. La « troisième voie» de Tony Blair ne l’a pas convaincue. Seuls 7% des 16-29 ans pensent que l’avenir de la société est prometteur (26% des Danois, 18% des Américains). Ils ne croient guère plus que les Français qu’ils ont le pouvoir de le changer. Mais alors qu’en France les jeunes espèrent une vie meilleure grâce au travail, les Britanniques en sont revenus. «C’est une jeunesse no future», commente Anna Stellinger. En conclusion, Anna Stellinger et Raphaël Wintrebert, sociologue à la Fondapol, insistent sur la nécessité de redéfinir l’action publique en faveur de la jeunesse, là où elle déprime. En France, la Fondapol se prend à regretter que le RMI ne commence qu’à 25 ans, ce qui retarde autant l’émancipation de la famille. Les chercheurs constatent aussi que les aides sont trop souvent familiales et pas assez individualisées, trop souvent liées à une situation et pas assez à un objectif (l’accès à l’emploi, à l’éducation…). Les pistes d’action ne manquent pas, notamment pour faciliter l’autonomie financière, comme donner un capital à chaque enfant à sa naissance pour financer ses études ou son logement (comme au Royaume-Uni) ou développer des prêts bourses à la mode scandinave pour financer les études, conditionnés aux résultats scolaires et en partie remboursables. La Fondapol défend une autre idée : celle de l’implication plus précoce des Français dans la vie politique locale en capitalisant sur l’«engagement» et leur volonté de participation révélée par le sondage.
15 responses so far ↓
Alli // janvier 16, 2008 at 7:36
C’est un article tres interessant, mais j’aimerai bien voir un sondage de plus, pris d’ici quelques ans, pour voir si les avis ont beaucoup change. Il me parrait que l’avis des jeunes transforme aussi vite que l’index “comsumer confidence”
Karen // janvier 17, 2008 at 3:31
J’aime beaucoup cet article parce que je peut le voir toutefois. Je pense que les jeunes ici (aux Etats-Unis) sont des pessimistes de plus en plus. Nous ne voyons pas des solutions pour les grandes problemes, et peut-etre c’est normale mais je ne sais pas aucune solution facile quand tout le gouvernement se dispute sans resolution.
Omar // janvier 17, 2008 at 4:58
On discute que les jeunes français sont «très pessimistes » en face de leur avenir. Quelles en sont les conséquences ? Est-ce que la productivité se baisse ? La dernière fois que j’ai lu quelque chose au sujet de l’économie européenne, tout allait bien, surtout dans le domaine de l’Euro.
Certes, de plus en plus de personnes souffrent de la dépression au fur et à mesure que les années se déroulement, mais c’est parce que la société vient de dans le siècle dernier découvrir et de diagnostiquer ces sortes de maladies psychologiques. D’une façon similaire, on découvre que les jeunes français sont parmi les plus « pessimistes » face à leur avenir. Donc, je pense que la société se comportait depuis toujours de cette manière mais presque personne n’avait ni la connaissance ni le désir de rechercher beaucoup de ces idées de pessimisme ou de dépression dans le passé.
De plus, on dit que le jeune est par exemple « égoïste et généreux » et « brutal et sentimental » en même temps. Il faut se rendre compte du fait que tout le monde se comporte de cette manière. Ceux qui ont plus 29 ans sont pleines de ces contradictions, mais on veut le nier. On ne peut point dire qu’un vieil homme ou une vieille n’est jamais égoïste et généreux.
V.G // janvier 17, 2008 at 6:50
Cet article ne me choque pas du tout. Ayant vécu en France et aux Etats-Unis, je constate bien que la jeunesse américaine est bien plus positive et indépendante que celle de France. Les jeunes Américains commencent à travailler tôt dans leurs jeunesses et n’hésitent pas à quitter leurs familles pour faire des études universitaires à partir de 18 ans. Travailler et quitter leurs familles sont deux moyens efficaces pour devenir indépendants et positif dans la vie. Alors qu’en France, il me semble que les jeunes ne travaillent que très rarement et profitent au maximum de leurs vacances pour se décontracter ou voyager. Il est très commun pour un Français de vivre chez ses parents jusqu’à 25-26 ans, alors qu’aux Etats-Unis après l’université, les jeunes ont tendances à trouver du travail et quitter leurs familles.
Jenny // janvier 17, 2008 at 7:01
Je pense la raison pour les attitudes variées des jeunes des régions géographiques différentes à propos de l’avenir dépendent surtout la situation économique et aussi l’attente. En France, le chiffre des jeunes qui pensent l’avenir prometteur est inférieur car peut-être les Français en général ont beaucoup plus attentes que, par exemple, les Américains. Donc, leur idée de ce qui est prometteur est différent que celle des Américains. En Russie les jeunes sont aussi pessimistes envers leurs avenirs. Cela est à cause de la situation économique déprimée. Il y a moins d’opportunités. Par conséquent, les jeunes considèrent l’avenir moins prometteur.
Eric V // janvier 17, 2008 at 11:55
Je ne sais pas pourquoi il n’y a que 7% des jeunes en France pensent que l’avenir de la société est prometteur. J’ai étudié à Paris l’année dernier où j’ai eu l’occasion de voir quelques raisons pour les jeunes de la France d’être optimiste par rapport ceux aux Etats-Unis (d’où je viens). D’abord, les universités sont bien subventionné par l’état, et il est presque gratuit de y suivre les cours. Aux Etats-Unis, l’université est si cher qu’il est difficile pour le moyen américain de payer la facture chaque semestre. Aussi, l’accès pour tout le pays à la service national de santé est formidable (et gratuit). Il y a tant de jeunes aux Etats-Unis qui n’ont pas d’accès d’être soigné… alors, bien sur je n’ai pas le même expérience d’un jeune qui est un citoyen français, mais accès aux ces deux services gratuit sont formidables à mon avis.
M.D Ndiaye // janvier 18, 2008 at 12:04
Cet article prouve une fois de plus ce que tout le monde sait deja: la vie pour l’americain moyen est trop dure comparer aux europeens et canadiens du meme niveau de vie.
Les approches vers l’humanite et l’etre humain sont beaucoup moin “humain” que ses deux comparses. C’est peut etre parce que l’histoire n’est pas la meme mais ce qui est sure c’est qu’ailleur l’homme est permit d’etre humain, c’est a dire un etre en progression et cela bien entendu au-dela l’accumulation des biens materielles.
Ross // janvier 18, 2008 at 12:15
La crise d’éducation dont on parle dans cet article fait sans aucun doute partie fondatrice du malaise pour l’avenir chez les jeunes français. Il semble que les jeunes sont très tôt obligés à choisir une piste de carrière sous une pression énorme de réussir dans un système scolaire archaïque. Peut-être que les jeunes français perdent de la confiance en leur avenir parce qu’ils ont peur d’échouer. L’examen du Bac par exemple en fait la preuve. Si on n’arrive pas à maîtriser l’art de passer les examens, on sera destiné à faire briller les souliers pour gagner sa vie sans pratiquement aucune chance d’avancer aux écoles post-bac légèrement réputées. Ou encore on peut parler de la bastonnade psychologique que l’on reçoit aux écoles préparatoires qui ne fait qu’écraser la confiance en soi.
Par ailleurs, la pédagogie aux lycées comme aux universités semble se concentrer exclusivement sur les oeuvres classiques, sur les grands penseurs du passé n’accordant guère la place à l’étude de nouveautés scolaires, technologiques ou autres ni à l’expression créative personnelle. Encore une fois, comme pour quasiment tout ce qui est nécessaire pour mener une vie insoucieuse, il faudrait suivre l’exemple scandinave…
SR // janvier 18, 2008 at 1:38
Je comprends ce que tu dis Eric, mais je pense que la raison que les jeunes en France ont cette vue pessimiste pour l’avenir de la société est parce qu’ils prennent ces bénéfices et services comme des choses universelles alors ils oublient de les compter dans leurs avis d’une société promoteur. Je pense qu’ils pensent plutôt a les effets négatifs de la mondialisation sur la société française et leurs opportunités professionnelles. Si les jeunes Français comparaient leurs situations avec la situation des jeunes dans une autre pays je pense que leurs avis seraient moins pessimiste.
Jenny Z // janvier 18, 2008 at 3:29
Je pense la raison pour les attitudes variées des jeunes des régions géographiques différentes à propos de l’avenir dépendent surtout la situation économique et aussi l’attente. En France, le chiffre des jeunes qui pensent l’avenir prometteur est inférieur car peut-être les Français en général ont beaucoup plus attentes que, par exemple, les Américains. Donc, leur idée de ce qui est prometteur est différent que celle des Américains. En Russie les jeunes sont aussi pessimistes envers leurs avenirs. Cela est à cause de la situation économique déprimée. Il y a moins d’opportunités. Par conséquent, les jeunes considèrent l’avenir moins prometteur.
Steven Olsen // janvier 18, 2008 at 4:20
La globalisation est peut-être un phénomène inéluctable. À base de l’esprit humain, il veut beaucoup d’éléctroniques, du McDos, et la capacité de décoller de Chicago et débarquer à Tokyo 12 heures plus tard. Mais, pour rendre ce rêve comme realité, il y aura beaucoup de la concurrence. Il y a 6 billions gen dans le monde hélas! C’est ça, à mon avis, la concurrence mondial énorme pour du travail qui rend les jeunes français déprimés. À 20 ans, entrer dans le monde des affaires internationales est décourageant, le moins qu’on puisse dire. Cependant, les Français ont bien réagit. Beaucoup d’écoles de management français se trouvent sur les listes des “Top European Business Schools”.
K. Arnold // janvier 18, 2008 at 4:33
Cet article est bien intéressant par rapport à l’article qui vient d’apparaître dans le New York Times, intitulé « Me Generation, Revisited. » D’après l’article, certains prétendent que les jeunes de cette génération sont plus narcissiques que ceux d’autrefois, tandis que de nouvelles recherches indiquent que les jeunes d’aujourd’hui ne le sont pas, et que ce qui semble être narcissisme est plutôt une réaction à la culture obsédée par la célébrité. Je me demande s’il y a un lien entre le pessimisme et le narcissisme, ou peut être bien la semblance de narcissisme. J’espère que nous ne sommes à la fois narcissiste et pessimiste !
Linnea Texin // janvier 18, 2008 at 6:12
J’aime bien cet article, mais j’aimerais voir un sondage de passé afin de faire une comparaison entre le pourcentage des jeunes qui pensent que l’avenir de la société est prometteur aujourd’hui et le pourcentage vingt ans avant. Est-ce qu’il y avait un changement culturelle qui a causé les jeunes de deviner plus pessimistes ou est-ce que cet avis est simplement typique des jeunes français?
Christine // janvier 18, 2008 at 6:04
Je trouve cet article d’être intéressant parce que, comme les autres, je pense que les américains sont très pessimistes. Quand nous voyons un problème, nous pensons au résultat le plus mal ; à la fois, nous ne faisons rien pour changer le problème—juste le critiquer. Il est nécessaire que nous scrutions les vraies questions et prenions de l’action pour améliorer ces situations pour l’avenir.
Christina Ye Jin Kim // janvier 23, 2008 at 4:21
En effet, cet article décrit bien la réalité de la jeunesse qui essaie de chercher un travail après ses études. Je suis d’accord avec Sophie Fay et je j’éprouve une grande compassion pour les jeunes française. Maintenant l’économie mondiale est éprouvante. Quelle catastrophe ! Quand j’ai entendu le licenciement de 20,000 employés à Citigroup, j’étais très surprise. Comme une étudiante qui cherche pour le travail après la remise des diplômes, j’espère que la situation de l’économie améliora. Avant, je croyais que mon diplôme américain m’assure un travail en Corée. Mais ces-jours ci, il y a beaucoup d’étudiants coréens qui étudient aux pays étrangers. Donc, on a besoin plus de la qualité professionnelles pour réussir.
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