Entries from février 2008

L’interdiction de fumer ou la fin de l’esprit révolutionnaire français

février 26, 2008 · 16 Comments

 

Sarkozy gagne sur tous les terrains.  L’interdiction de fumer risque de changer la société française.  Plusieurs chroniqueurs se lamentent déjà.  Une  loi anodine visant à améliorer la santé publique.  Comme ci les fumeurs d’aujourd’hui allaient quitter du jour au lendemain leur addiction ! Une loi de visibilité, uniquement … Car le véritable problème sur la santé que représente la cigarette et le tabac aujourd’hui subsiste et  comme pour la drogue, une solution réelle est très loin de notre réalité… L’enjeu n’est pas vraiment la santé publique, ne nous y trompons pas ! L’enjeu est d’ordre financier et la santé n’est pas prioritaire dans une économie qui enrichit particuliers et Etats.

Quels sont les bouleversements inévitables que cette législation va entrainer… Il est encore trop tôt pour se prononcer mais quelques effets sont prévisibles.

Imaginez désormais les fumeurs des cafés d’antan dans leur  petit appart; les bébés, les enfants, les personnes âgées entassés les uns sur les autres et exposés aux fumées toxiques … Et quel appauvrissement culturel et social!  Contraints de rester chez eux, avec toujours les même personnes et bien sûr .., en face la télé !  Le nouvel opium du peuple. Quelle politique de génie!

Toute une époque, en quelques mois a disparu de l’histoire d’une nation!

Accoudés au comptoir, les clients vaticinaient sur l’époque (pas fameuse), pestaient contre le temps (de chien) et brocardaient pour le plaisir ces fumiers d’en haut. Il y avait des poètes et des Tartarin, des philosophes et des beaufs. Reiser et Wolinski faisaient recette à toute heure. Un café, c’était une arène, un forum, un vrai théâtre où l’on se devait de savoir entrer et sortir avec décontraction ou panache. Le savoir-vivre imposait d’y tenir son rôle, d’y fumer et boire comme un homme, mon fils… ” écrit Roland Greilsamer dans Le Monde.

Il s’inquiète de la disparition d’une tradition qui cimentait non seulement les couches sociales, mais aussi la collectivité. 

“Les cafés respiraient au rythme national. Ils incarnaient la France, campés en face de la mairie ou de l’église. On s’y rendait plus souvent car on y retrouvait les copains afin d’oublier la dureté des temps. Le café, c’était aussi un boudoir machiste. Les femmes avaient mis longtemps avant de s’y faire accepter, dans les années 1960. La grande famille des habitués les regardait de travers. Les étrangers n’y étaient pas non plus très bien vus. Passons”.

“On en parle à l’imparfait parce que ce monde-là est mort et que des oraisons funèbres tardives évoquent ces jours-ci avec nostalgie ces 30 000 bars-tabacs qui faisaient partie du paysage. Jean-Marie Gourio, qui collectionne les brèves de comptoir, analyse dans France Soir l’après-1er janvier : “Cette loi a cassé l’ambiance. Le va-et-vient de ceux qui sortent fumer fractionne la parole au comptoir. Surtout, les gens peu fortunés qui traînaient deux heures devant le même ballon à griller clope sur clope ne viennent plus, de peur de boire trop vite et de devoir reconsommer. Curieusement, cette loi a cassé la parole des pauvres.”

Patrick Rambaud, Prix Goncourt 1997, tricote son requiem dans Libération : “Je ne fréquente plus les bistrots. Un café sans clope, c’est trop violent. (…) adios les brèves de comptoir, adios cher Jean Carmet, la Gauloise et le p’tit blanc, au revoir M. Doisneau, à la revoyure M. Prévert, fini les bistrots où l’on rafistolait le monde au sancerre et à la fumée. Les bistrots vont être livrés aux tristes. Adieu Paris.”

Paris n’est malheureusement pas la seule victime de l’interdiction, la France profonde a probablement perdu plus que la capitale.  Pour tous ceux qui passent régulièrement leurs vacances dans des endroits perdus, n’est-il pas déjà assez cruel de voir la campagne se coucher avec le soleil, pour imaginer que les cafés tabacs resteront vides toute la journée…

Categories: Histoire · Paris · Politique · Santé · Société

Proust, Balzac, Verlaine, Rimbaud et les autres boudés par les Français, adorés par les Anglais, Américains, et les Chinois …

février 18, 2008 · 4 Comments

Robbe-Grillet

Un auteur culte vient de rejoindre un monde d’immortels, celui des grands de la litérature.  Alain Robbe-Grillet est mort à l’âge de 85 ans.  On le dit père ou pape d’un mouvement artistique très célèbre  le “Nouveau Roman“. Un mouvement qui est né au sortir de la seconde guerre mondiale et qui représente toute une génération d’artistes sans illusions, marquée par la violence de l’être humain et par l’occupation allemande. Emiles Henriot, alors journaliste littéraire du journal Le Monde emploie l’expression pour la première fois en 1957 pour décrire deux livres de deux auteurs qui débutent: Jalousie d’Alain Robbe-Grillet et Tropisme de Nathalie Sarraute. C’est l’avénement de la Nouvelle Vague ou de la New Wave, comme certains l’appellent aujourd’hui !  Un retour à la philosphie des situationnistes  et de Guy Debord, héro de Rosbif, désormais reconnu comme précurseur dans le monde du spectacle et du cinéma.

Guy Debord

 ”Le roman s’affirme en tant que genre au moment où la bourgeoisie triomphante promeut ses valeurs, en ce début du XIXème siècle où le Romantisme valorise les effusions du moi et sacralise l’individu. Le Nouveau Roman est, au contraire, le produit d’une époque qui voit s’imposer les masses et doute de la nature humaine. A la suite de Freud, en outre, on ne sait que trop combien est douteuse la psychologie traditionnelle. Pour toutes ces raisons, le personnage dans le Nouveau Roman, souvent privé de nom, parfois réduit à une initiale, subit les conséquences d’une mutation profonde des mentalités et des structures sociales.

« Le roman est l’expression d’une société qui change; il devient bientôt celle d’une société qui a conscience de changer.»  a écrit Michel Butor (Répertoire, II).

Ces nouveaux romanciers  ont lancé une mode d’écriture dénuée du romantisme et du réalisme classique qui avait fait de Balzac, Flaubert, Zola, Proust et bien d’autres des héros nationaux et internationaux de la plume.

Cette New Wave de créativité que l’on retrouvera partout dès lors, marque le début d’un mouvement de contestation et de prise de position idéologique contre un sentimentalisme bourgeois passé, une esthétique classique considérée comme ringarde et élitiste.  Mouvement qui s’érige ainsi contre tout ce qui a déjà été fait, dit, écrit, décrit, entendu, vu, ressenti et compris. On assiste alors à une révolution culturelle et de la pensée, une remise en question de tout et de tous, y compris de soi-même, menée par une jeunesse toujours déconcertée, souvent désillusionnée et parfois révoltée qui progressivement prendra le pouvoir et imposera sa manière de voir l’absurdité et le désordre du monde. En écrivant le scénario du film  ”L’année Dernière à Marienbad” (suivez le lien pour voir un extrait) d’ Alain Resnais, les deux hommes créent une oeuvre d’art cinématographique que Jean de Baroncelli , critique culte de l’époque qualifiera de sublime (Daily Telegraph).

scène de l'année dernière à Marienbad de Alain Resnais et Robbe-Grillet

En dépit de leur génie, ont-ils contribué à l’indifférence générale pour la littérature constatée dans la société française contemporaine, et déplorée par Le Figaro?  En tout cas, l’engouement étranger est en essor et Le Figaro l’illustre abondamment.

Ils sont japonais, anglais, américains, chinois, italien… Dans le monde entier, ces professeurs, chercheurs ou simples amateurs consacrent leur vie à la littérature française.” Et ceci en contraste avec leurs confrères et consoeurs françaises qui sont moins engagés dans cette recherche et exploration de leur patrimoine. 

“Le patrimoine littéraire français est si riche que vous ne vous en rendez même plus compte ! Vous êtes trop gâtés” nous rétorquent ces passionnés invétérés de notre littérature et de notre pensée .

Deux des meilleurs spécialistes actuels de Rimbaud et de Verlaine sont… citoyens britanniques. Le premier, Steve Murphy, vit en France. Le second, Michael Pakenham habite Exeter . Un autre Britannique, Robert Baldick, membre du Pembroke College à Oxford,disparu en 1972 était un traducteur culte de Flaubert et de Chateaubriand. Quant à l’Américain Philip Kolb, mort en 1992, il est entré dans la légende en consacrant cinquante ans de sa vie à la publication des vingt et un volumes de la correspondance de Proust.

On pourrait croire que l’intérêt des chercheurs étrangers se limite à ces quelques grandes figures. Il n’en est rien. Jean-Jacques Lefrère, qui dirige la revue Histoires littéraires, s’émerveille encore de la passion suscitée par Lautréamont et son livre “Les chants de Maldoror” dans le monde entier.

Pendant ce temps-là, en France, devant la chute vertigineuse du nombre d’élèves qui se présentent au baccalauréat  section L ou littéraire (- 28% en quinze ans), les lycées ferment les classes littéraires les unes après les autres.

Serait-ce la mort, en France, de la litterature, patrimoine envié par tous  comme le soutenait l’article du Time Magazine publié sur SQP?

Categories: Litterature · SQP · Société

L’euro à downtown Manhattan

février 13, 2008 · 6 Comments

Billy Leroy’s Antiques & Props - ici on paye avec des euros. Photo - NY Times website. Cliquez l’image pour en savoir plus.

Selon Marie Camille Descamps , grande journaliste de French Morning, super-frenchie website de New York, le nouveau liquide européen  progresse hors de sa propre zone. Marie Camille a trouvé “downtown” à New York un commerçant qui refuse tout dollars mais qui prend les euros, plus les livres, le dollar canadien et sans oublier  l’or.

« Parce qu’il faudrait vraiment être con pour ne pas accepter”, Billy Leroy a décidé de permettre à ses clients de payer en euro. Les médias se sont précipités, ravis de trouver en plein Manhattan la preuve que le dollar fout le camp » c’est le précis de la Marie Camille.

Précisons que la monnaie Américaine n’est pas acceptée.

« Ah enfin une Française qui vient me voir ! Vous comprenez je suis quand même à 50% Français. J’ai eu les télés américaines, les Japonais, les Italiens… Ils sont tous venus me voir, comme si j’étais Britney Spears ». Billy Leroy aime les vieux films d’Alain Delon, parle de son « tonton » Alain Figaret (cf. les chemises) et est célèbre depuis qu’il a décidé d’accepter les euros dans son magasin du Lower East Side. Un panneau dans son magasin Billy’s Antiques&Props y a suffi : EURO’S ONLY. Cigarillo en bouche et lunettes fumées, Billy qui a désormais « l’habitude de la presse » va « tout nous raconter » elle ecrit.

French Morning en tous cas est très amusant - prisant New York avec un esprit francophone différent et unique.

Categories: euro

Les surirradiés d’Epinal: “Responsable oui, coupable non ! “

février 10, 2008 · 1 Comment

 Notre correspondante, la Duchesse de Langeais nous envoie le reportage suivant.

Une autre dérive médicale à la française, un triste sentiment de déjà vu qui n’est pas sans nous rappeller “l’Affaire du sang contaminé“.

Rappel des faits:

Entre 1989 et 2006, environ 5 000 patients ont été traités au centre hospitalier Monet d’Epinal dans les Vosges (nord-est de la France).

Au cours de leur traiment, ces derniers ont été exposés à un surdosage de rayons radioactifs, variant entre 7% et 30% dans les cas les plus alarmants. Il est à noter que 5 d’entre eux sont déjà morts.

Ces malades souffrent désormais un calvaire quotidien, de complications intolérables, d’effets secondaires invivables, de douleurs insupportables et de conséquences irréversibles. 

Suite à cette “bavure”, deux radiothérapeutes ont été sanctionnés par une interdiction temporaire d’exercer. Ils ont été pénalisés, non pour erreur de manipulation conduisant à la surexposition de milliers de patients et au décès de certains, mais pour manque d’information endéans les délais appropriés.  En effet, bien que les premiers symptômes soient apparus dès début 2005 chez les malades, les toutes premières révélations , elles, ne datent que d’octobre 2006.

Ce n’est donc pas uniquement un manque de personnel et de moyens, un changement de protocole médical ni même la tension entre direction et médecins du centre hospitalier qui seraient à blamer, mais bien plutôt le silence coupable et criminel des praticiens.

En dépit des promesses gouvernementales, les irradiés poursuivent leur lutte afin d’obtenir publiquement les explications d’un tel enchaînement d’erreurs.

Le 7 décembre 2007, Roselyne Bachelot, la ministre de la santé, annonçait l’indemnisation des victimes.  Parmi les victimes les plus touchées, chacune d’elle recevra respectivement 10 000 euros, ceci sur une enveloppe de 5 millions d’euros.

Toutefois, ces milliers de victimes de surdosage de rayons devront, pour bénéficier de cette indemnisation “disposer d’un certificat médical” attestant les troubles cliniques et justifier d’un taux de surexposition égal ou supérieur à 7%.

Ces 10 000 euros représentent “une provision en attendant une expertise de consolidation”.

Comme le chantait Michel Sardou “La vie d’un homme, qu’est-ce que ça vaut?”

La vie d’un homme qu’est-ce que ça vaut
Ca ne peut pas aller bien loin
Un peu de sang et beaucoup d’os
A propos d’os je vaux combien

Categories: Faits Divers · Médias · Santé · Société · scandales

Fin de la publicité sur les chaines publiques, fin de la télé publique?

février 8, 2008 · 1 Comment

 

 Grande surprise, annoncée en janvier 2008 par Nicolas Sarkozy, la publicité devrait disparaître des chaines publiques.  Celles-ci devront donc se contenter  de 2,7 milliards d’euros de redevance audiovisuelle, soit  116 € par ménage, ce qui représente 74 % des ressources  du service public télévision.

Seules TF1 et M6 devraient pouvoir vendre de l’espace audiovisuel aux annonceurs. Cette nouvelle suscite un grand débat sur l’avenir des chaines publiques qui risquent d’une part de ne pas se remettre de cette saignée financière et d’autre part de perdre leur autonomie financière.  Le danger est de tomber dans le collimateur des politiques qui peuvent prendre en otage le budget redevance comme cela se voit en Angleterre. 

Alors qu’il vient d’en tirer un énorme profit financier personnel en gagnant un procès contre RYANAIR, qui aurait pu largement lui payer (60.000 euros) sa réception de mariage à l’Elysée ( les amuse-bouches seulement ),  Nicolas Sarkozy semblerait faire plus confiance à ses amis dans les médias françaises pour lui donner bonne image… tout cela sans débourser un centime d’euro!   Un scoop!

 La publicité, une calamité, un plaisir ou  une arme financière ?

pub Renault

 Selon Le Monde, parmi les contributions au débat, la tendance est plutôt en faveur de la suppression de la publicité. “Désolé, mais publicité et qualité ne sont pas compatibles”, écrit un internaute. Aussi, l’ancien PDG de TF1  est clair : “pour vendre du Coca-Cola, il faut s’adresser à des cerveaux vides. Il faut des émissions les plus racoleuses possible et celles qui sollicitent le moins la réflexion du téléspectateur, afin que celui-ci soit le plus réceptif possible lorsque viendra la pub” 

Tandis que d’autres sont plus sceptiques : “Lorsque notre président a fait part de sa décision unilatérale, il arborait un petit sourire ambigu qui en dit assez long”, écrit un autre internaute. “J’ai de sérieux doutes sur ses buts finaux, c’est-à-dire la survie ou non d’une télévision publique vraiment indépendante d’un pouvoir politique ou financier”.  

Le  Figaro publie un entretien avec Philippe Baudillon, le  PDG de France 2 dans lequel  la suppression de la pub sur le service public n’est pas vu d’un bon œil.
« J’ai toujours défendu la mixité recettes publicitaires-redevance. Je considère que la publicité, qui représente 40 % des revenus de France 2, fait partie de la vie et de la couleur de la chaîne. La performance commerciale de France 2 a permis d’investir dans des programmes de qualité et de financer ses développements. » 
 

Quoiqu’il en soit, de nombreux téléspectateurs pourront désormais regarder leurs programmes, émissions et films préférés sans ses interminables interruptions publicitaires! S’ils sont en manque, ils pourront toujours zapper sur TF1 ou M6.

SQP vous a choisi une pub télé pour Canal + que vous apprécirez plus si vous avez vu le très beau et intelligent  film “La Marche de l’Empereur” (2005) de Luc Jacquet.

Categories: Médias · Pub · Société

Le gendarme, le prof et la gifle

février 7, 2008 · 3 Comments

 Selon plusieurs articles publiés dans la presse récemment, un retour aux valeurs fondées sur le respect de l’autorité et la discipline du citoyen serait souhaité en France.  Notre président de la république cadre ainsi sa politique de civilisation. Nicolas Sarkozy a probablement les banlieues et les grévistes en vue.  Curieusement, l’autorité des parents et des professeurs à l’école de la République a fait la chronique des médias cette semaine.  Cette affaire aurait même choqué le Premier Ministre.

Des journalistes filment le collège de Berlaimont

Un article publié dans le magazine Le Point justifiait scientifiquement qu’une bonne fessée ne faisait pas de mal et améliorait même les relations familiales.  SQP a archivé l’article qu’il vous soumet dans son intégralité ci-dessous. N’en serait-il pas de même dans certains cas bien définis à l’école? 

“Utilisée avec parcimonie et en dernier recours avant que les parents ne sortent de leurs gonds, la fessée est un outil éducatif parfois bien nécessaire.

 

C’est ce qu’explique le Dr Maurice Berger, chef du service de psychiatrie de l’enfant au CHU de Saint-Étienne, en commentant pour Le Quotidien du médecin une enquête de l’Union des familles en Europe sur le bien-fondé de ce mode de correction utilisé par 96 % des parents. Ce spécialiste s’y déclare clairement contre l’interdiction de la fessée.“Le psychisme de l’enfant a besoin d’autorité pour organiser ses pulsions, explique-t-il. L’enfant n’est pas un être innocent ni mauvais par essence : il a en lui de la violence comme il a de l’amour. Tout enfant manifeste des mouvements de jalousie, de domination, d’envie par rapport aux autres. Et le destin de ces pulsions violentes dépend en grande partie des réponses que les parents vont lui apporter. L’enfant a besoin de rencontrer des limites. Le problème est qu’à partir du moment où un adulte fait preuve d’autorité, il est très souvent suspecté d’abus d’autorité.”Il n’est pas question, pour les pères et les mères, de se conduire en tyrans, note le spécialiste. Et une fois les limites de l’acceptable atteintes, mieux vaut une sanction claire que des pleurnicheries parentales, pour souligner leur tristesse et tenter de culpabiliser le jeune récalcitrant. Bref, une fessée bien tempérée, donc à bon escient, après les “sommations d’usage” et surtout pas destinée à soulager l’adulte. Dans ce contexte, elle est ressentie comme méritée par l’enfant et elle ne nuit absolument pas aux relations familiales.”

Un professeur de collège risque de voir sa carrière se briser. Ceci  après être “sorti de ses gonds” et avoir giflé un élève de onze ans qui l’avait insulté lors d’un échange échauffé durant lequel l’enfant refusait d’obéir.

 Voici le témoigage des faits recueuillis par un berlemontois:

  • Un professeur du collège de Berlaimont (59),  à la fin d’un cours, demande à un élève qui trainait, de ranger ses affaires scolaires plus rapidement. L’élève ignore puis conteste la consigne.  Le professeur insiste. L’élève finit par le traiter de « Connard ».  Excédé, le prof  lui donne une gifle.
  • Le père de cet élève qui attendait son fils à l’extérieur de l’établissement scolaire, le récupère furieux et humilié.
  • Le fils se plaint de cette gifle auprès de son père qui rentre chez lui, revêt son uniforme de gendarme et retourne au collège pour exprimer son indignation à la principale du collège.  Celle-ci ne trouve sans doute aucun argument pour le calmer et lui expliquer le geste exceptionnel de ce  professeur qui jouit d’une excellente réputation.
  • Le père va au commissariat d’Aulnoyes-Aymeries y porter plainte pour “violence aggravée”.
  • Les policiers d’Aulnoyes viennent immédiatement au collège et emmènent le professeur avec les menottes aux poignets devant ses collègues et les élèves.
  • Ayant sans doute obtenu du procureur d’Avesnes sur Helpe une “commision rogatoire” (qui autorise une enquète policière et judiciaire), les policiers ”défèrent” (emmènent dans une camionette de police) le professeur à la prison d’Avesnes où il est placé en “garde à vue” après avoir subi la « totale »: c’est-à-dire depuis l’interrogatoire musclée  jusqu’au test ADN comme pour un prévenu pour crime de sang.
  • Le professeur passe la nuit dans une cellule presqu’insalubre (la vétusté des locaux du commissariat d’Avesnes est notoire).
  • Le lendemain, suite de l’enquête par les policiers, qui interrogent  tout le monde sur un marché local, y compris d’anciens élèves du professeur, ainsi que ses collègues et ses élèves actuels.  Ceci dans le cadre de l’ instruction déclenchée par la demande des policiers et avec l’accord du procureur, qui curieusement n’ont même pas cherché à vérifier en premier lieu le bien fondé de la plainte, parce qu’elle émanait d’un gendarme.

Les citoyens honnêtes doivent-ils donc craindre plus que jamais  les réactions excessives de nos policiers et de nos fonctionnaires du Ministère de la Justice, tous imbus de leurs pouvoirs, dans le sarkozisme ambiant de notre démocratie boiteuse?

Pour une gifle, aller au tribunal vous semble-t-il justifié?

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