Le gendarme, le prof et la gifle

février 7, 2008 · 3 commentaires

 Selon plusieurs articles publiés dans la presse récemment, un retour aux valeurs fondées sur le respect de l’autorité et la discipline du citoyen serait souhaité en France.  Notre président de la république cadre ainsi sa politique de civilisation. Nicolas Sarkozy a probablement les banlieues et les grévistes en vue.  Curieusement, l’autorité des parents et des professeurs à l’école de la République a fait la chronique des médias cette semaine.  Cette affaire aurait même choqué le Premier Ministre.

Des journalistes filment le collège de Berlaimont

Un article publié dans le magazine Le Point justifiait scientifiquement qu’une bonne fessée ne faisait pas de mal et améliorait même les relations familiales.  SQP a archivé l’article qu’il vous soumet dans son intégralité ci-dessous. N’en serait-il pas de même dans certains cas bien définis à l’école? 

“Utilisée avec parcimonie et en dernier recours avant que les parents ne sortent de leurs gonds, la fessée est un outil éducatif parfois bien nécessaire.

 

C’est ce qu’explique le Dr Maurice Berger, chef du service de psychiatrie de l’enfant au CHU de Saint-Étienne, en commentant pour Le Quotidien du médecin une enquête de l’Union des familles en Europe sur le bien-fondé de ce mode de correction utilisé par 96 % des parents. Ce spécialiste s’y déclare clairement contre l’interdiction de la fessée.“Le psychisme de l’enfant a besoin d’autorité pour organiser ses pulsions, explique-t-il. L’enfant n’est pas un être innocent ni mauvais par essence : il a en lui de la violence comme il a de l’amour. Tout enfant manifeste des mouvements de jalousie, de domination, d’envie par rapport aux autres. Et le destin de ces pulsions violentes dépend en grande partie des réponses que les parents vont lui apporter. L’enfant a besoin de rencontrer des limites. Le problème est qu’à partir du moment où un adulte fait preuve d’autorité, il est très souvent suspecté d’abus d’autorité.”Il n’est pas question, pour les pères et les mères, de se conduire en tyrans, note le spécialiste. Et une fois les limites de l’acceptable atteintes, mieux vaut une sanction claire que des pleurnicheries parentales, pour souligner leur tristesse et tenter de culpabiliser le jeune récalcitrant. Bref, une fessée bien tempérée, donc à bon escient, après les “sommations d’usage” et surtout pas destinée à soulager l’adulte. Dans ce contexte, elle est ressentie comme méritée par l’enfant et elle ne nuit absolument pas aux relations familiales.”

Un professeur de collège risque de voir sa carrière se briser. Ceci  après être “sorti de ses gonds” et avoir giflé un élève de onze ans qui l’avait insulté lors d’un échange échauffé durant lequel l’enfant refusait d’obéir.

 Voici le témoigage des faits recueuillis par un berlemontois:

  • Un professeur du collège de Berlaimont (59),  à la fin d’un cours, demande à un élève qui trainait, de ranger ses affaires scolaires plus rapidement. L’élève ignore puis conteste la consigne.  Le professeur insiste. L’élève finit par le traiter de « Connard ».  Excédé, le prof  lui donne une gifle.
  • Le père de cet élève qui attendait son fils à l’extérieur de l’établissement scolaire, le récupère furieux et humilié.
  • Le fils se plaint de cette gifle auprès de son père qui rentre chez lui, revêt son uniforme de gendarme et retourne au collège pour exprimer son indignation à la principale du collège.  Celle-ci ne trouve sans doute aucun argument pour le calmer et lui expliquer le geste exceptionnel de ce  professeur qui jouit d’une excellente réputation.
  • Le père va au commissariat d’Aulnoyes-Aymeries y porter plainte pour “violence aggravée”.
  • Les policiers d’Aulnoyes viennent immédiatement au collège et emmènent le professeur avec les menottes aux poignets devant ses collègues et les élèves.
  • Ayant sans doute obtenu du procureur d’Avesnes sur Helpe une “commision rogatoire” (qui autorise une enquète policière et judiciaire), les policiers ”défèrent” (emmènent dans une camionette de police) le professeur à la prison d’Avesnes où il est placé en “garde à vue” après avoir subi la « totale »: c’est-à-dire depuis l’interrogatoire musclée  jusqu’au test ADN comme pour un prévenu pour crime de sang.
  • Le professeur passe la nuit dans une cellule presqu’insalubre (la vétusté des locaux du commissariat d’Avesnes est notoire).
  • Le lendemain, suite de l’enquête par les policiers, qui interrogent  tout le monde sur un marché local, y compris d’anciens élèves du professeur, ainsi que ses collègues et ses élèves actuels.  Ceci dans le cadre de l’ instruction déclenchée par la demande des policiers et avec l’accord du procureur, qui curieusement n’ont même pas cherché à vérifier en premier lieu le bien fondé de la plainte, parce qu’elle émanait d’un gendarme.

Les citoyens honnêtes doivent-ils donc craindre plus que jamais  les réactions excessives de nos policiers et de nos fonctionnaires du Ministère de la Justice, tous imbus de leurs pouvoirs, dans le sarkozisme ambiant de notre démocratie boiteuse?

Pour une gifle, aller au tribunal vous semble-t-il justifié?

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3 réponses jusqu'à présent ↓

  • Christina Ye Jin Kim // février 8, 2008 à 1:04 | Répondre

    Je soutiens cet argument que la fessée peut souvent utiliser comme un outil éducatif. Il est certain que les autorités doivent discipliner et organiser les pulsions de jeunes. En effet, les enfants ont besoin de rencontrer des limites. En effet du développement de la technologie et d’amélioration de niveau de vie, il y a plusieurs enfants gâtés. En conséquence, il est important que les adultes essaient d’enseigner leurs enfants. Au début, j’étais étonnée parce que j’ai pensé que la méthode d’éducation européenne serait plus stricte que la méthode asiatique. Quel paradoxe ! Effectivement, il y a beaucoup de problèmes d’éducation en Corée. Les parents ne veulent pas que les professeurs utilisent la gifle pour gronder leurs enfants. Les parents coréens croient qu’on peut enseigner les enfants par la conversation avec eux. Pendant, j’apprends plus de la culture française, je pense souvent qu’elle est conservative.

  • Alli // février 8, 2008 à 3:01 | Répondre

    Il me semble justifié d’aller au tribunal pour une gifle se le gifleur n’est pas le parent du giflé. Au sein de la famille, s’il y a la menace d’être frappé suivant les actions qui valent une correction, je ne vois rien d’inquiétant. Par contre, au sein de l’école, surtout au niveau du college ou lycée, les rapports entre les professeurs et leurs éleves devraient être poli et devraient imité les rapports dans le monde entiere – surtout le monde d’affaires. Pouvez-vous imaginer recevoir une gifle du patron apres un exemple s’insolence? Être viré bien sur mais, pas frappé. Pourquoi les profs ont-ils le droit de perdre leur sang-froid?

  • Di // février 8, 2008 à 8:27 | Répondre

    Les profs n ont pas le droit de perdre leur sang froid mais ils sont humains et peuvent etre provoques… je comprends la reaction de l enseignant, meme si c est illegal de donner une gifle a un eleve.
    Dans de tels cas on semble ignorer le fait que le garcon s est tres mal conduit, provoque une reaction extreme et ensuite devient ‘l innocent’ dans l affaire – est ce qu il a ete puni , quelles en ont ete les consequences pour lui?

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