Notre correspondante, la Duchesse de Langeais nous envoie le reportage suivant.
Une autre dérive médicale à la française, un triste sentiment de déjà vu qui n’est pas sans nous rappeller “l’Affaire du sang contaminé“.

Entre 1989 et 2006, environ 5 000 patients ont été traités au centre hospitalier Monet d’Epinal dans les Vosges (nord-est de la France).
Au cours de leur traiment, ces derniers ont été exposés à un surdosage de rayons radioactifs, variant entre 7% et 30% dans les cas les plus alarmants. Il est à noter que 5 d’entre eux sont déjà morts.
Ces malades souffrent désormais un calvaire quotidien, de complications intolérables, d’effets secondaires invivables, de douleurs insupportables et de conséquences irréversibles.

Suite à cette “bavure”, deux radiothérapeutes ont été sanctionnés par une interdiction temporaire d’exercer. Ils ont été pénalisés, non pour erreur de manipulation conduisant à la surexposition de milliers de patients et au décès de certains, mais pour manque d’information endéans les délais appropriés. En effet, bien que les premiers symptômes soient apparus dès début 2005 chez les malades, les toutes premières révélations , elles, ne datent que d’octobre 2006.
Ce n’est donc pas uniquement un manque de personnel et de moyens, un changement de protocole médical ni même la tension entre direction et médecins du centre hospitalier qui seraient à blamer, mais bien plutôt le silence coupable et criminel des praticiens.
En dépit des promesses gouvernementales, les irradiés poursuivent leur lutte afin d’obtenir publiquement les explications d’un tel enchaînement d’erreurs.

Le 7 décembre 2007, Roselyne Bachelot, la ministre de la santé, annonçait l’indemnisation des victimes. Parmi les victimes les plus touchées, chacune d’elle recevra respectivement 10 000 euros, ceci sur une enveloppe de 5 millions d’euros.
Toutefois, ces milliers de victimes de surdosage de rayons devront, pour bénéficier de cette indemnisation “disposer d’un certificat médical” attestant les troubles cliniques et justifier d’un taux de surexposition égal ou supérieur à 7%.
Ces 10 000 euros représentent “une provision en attendant une expertise de consolidation”.
Comme le chantait Michel Sardou “La vie d’un homme, qu’est-ce que ça vaut?”
La vie d’un homme qu’est-ce que ça vaut
Ca ne peut pas aller bien loin
Un peu de sang et beaucoup d’os
A propos d’os je vaux combien