Entrée de mars 2008

Sarkomania ou petit dérapage de visite diplomatique des Sarkozy chez tonton Gordon

mars 27, 2008 · 8 commentaires

Voici la photo qui fait sourire l’Angleterre et que Nicolas n’a pas réussie à faire censurer faute de ne pas encore avoir le bras assez long. Carla serait furieuse!

Publiée dans Le Sun, elle symbolise désormais l’image de la présidence bling-bling à la française dans le monde selon Libération.

Carla Bruni

 Libération nous fait une excellente revue de la presse anglaise du jour tandis que Le Figaro s’en tient au stricte protocole de la visite.

“The Independant ose même un article titré “Sarkomania. Mais à y regarder de plus près, c’est tout autant – voire plus – le couple Sarkozy qui passionne. Car Carla Bruni-Sarkozy est presque aussi présente que son mari dans les colonnes des quotidiens.”

 ”«La femme du président français, Carla Bruni, 40 ans, est peut-être le personnage le plus original jamais venu en Grande-Bretagne pour une visite d’Etat. Elle est plus habituée à côtoyer les riches et les célèbres que son mari, étant née parmi eux». The Independant rappelle aussi qu’initialement, Nicolas Sarkozy et son «nouvel amour» devaient dormir dans des chambres séparées, mais s’étant entre-temps mariés, ce ne sera finalement pas le cas. «Quel soulagement !» ironise le journal.”écrit Libé.

Les Français ne voudraient plus de “politique people”. Tu parles! Durant la visite d’Etat en Grande-Bretagne du couple présidentiel, entamée ce mercredi matin, la presse n’aura d’yeux, durant deux jours, que pour Carla Bruni-Sarkozy. Fera-t-elle la révérence à la Reine? Portera-t-elle  du Dior ou du Hermès? Son attitude à Westminster cet après-midi? Puis au 10 Downing Street? Et ce soir, lors du banquet au château de Windsor? Nucléaire et défense sont officiellement au cœur des entretiens du président de la République avec le premier ministre Gordon Brown. Mais c’est la première Dame de France qui fera l’actualité.” écrit Ivan Riuoufol

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Le “credit crunch” ou les raisins de la colère (suite.)

mars 22, 2008 · Un commentaire

 

Peu d’entre nous aurons  le courage de lire des livres sur le monde de la finance.  Le Monde Diplomatique et ses journalistes experts offrent traditionnellement à leurs lecteurs, des articles tout à fait « digestible », le résultat d’années d’études et d’analyses minutieuses. Ils valent vraiment la peine d’être lus et je vous encourage à jeter un coup d’oeil sur l’article de Frédéric Lordon qui a inspiré SQP cette semaine de Pâques.

Suite à l’affaire Kerviel et la “fraude” du siècle qui aurait vu s’évaporer 4,9 milliards d’euros des caisses de la Société Générale, Kerviel est à la prison de la Santé depuis le 8 février. Ses deux avocats concentrent leurs efforts pour le libérer, et se disent “extrêmement impressionnés” par le “courage” de leur client, qui “n’a pas craqué”. Selon la récente réforme sur la détention provisoire, cette détention provisoire ne pourrait excéder quatre mois et devrait être justifiée.

“La détention de Jérôme Kerviel n’est fondée sur aucun motif prévu par la loi”, selon Maître Selnet, un des avocats de Jérôme.  Tout semblerait à indiquer que le trader n’a pas agit seul.  Un autre trader Moussa Bakir serait impliqué mais après avoir été interrogé par les juges et placé en garde à vue, il a été relâché. Mais qu’en est-il vraiment?

Etrangement, la France est un des rares pays a n’avoir admis que récemment la vulnérabilité de son marché financier, conséquence aux tourbillons des subprime américains.   Non en France, on a essayé de faire porter le chapeau à un courtier.   

Paradoxalement  Christine Lagarde, la ministre française de l’Economie et des Finances,  après avoir affirmé deux mois auparavant qu’il n’y aurait aucun impact sur la France, avait déclaré le lundi 22 f§vrier 2007 à New-York que les effets de la crise financière en France devraient être compensés par les réformes en cours. La crise financière “sera compensée par les mesures sur les heures supplémentaires” et “les autres mesures engagées par le gouvernement.”   Comme pour Chernobyl, la crise avait évité la France.

Enfin, le volcan s’est réveillé et les banques françaises seraient parmi les plus touchées par une crise exclusivement américaine.

“Oui, plus de 11 milliards ce sont les pertes subies par les principales banques françaises dans la crise des subprime”  (Le Nouvel Obs.com)

 Or Ignacio Ramonet directeur du Monde Diplomatique de 1990 à mars 2008 écrivait dans un de ses éditoriaux en 1999 :

 « Une baisse du dollar est considérée comme fort probable. Le krach de Wall Street est explicitement annoncé par certains analystes. Comment affectera-t-il les économies du monde, en particulier celles de l’Union européenne ? Echappera-t-on au cercle vicieux de la déflation généralisée ? A la récession mondiale ? »

En Septembre 2007, Frédéric Lordon écrivait un article qui apportait un peu de lumière sur la situation financière dans laquelle le monde est désormais plongé. 

Rappelle-toi Barbara!  il pleuvait sans cesse ce jour-là!

« Hegel, il y a deux siècles, déplorait l’incapacité chronique des Etats à tirer les leçons des expériences de l’histoire. Les gouvernements ne sont pas les seules puissances incapables d’apprentissage. Le capital – tout particulièrement financier – semble lui aussi condamné à la persévérance dans l’erreur, à l’aberration récurrente et à l’éternel retour de la crise financière. Quoique portant sur des « objets » nouveaux, la crise actuelle des marchés de crédit donne à voir une fois de plus les ingrédients chimiquement purs du désastre, offrant à qui voudra bien s’en saisir une occasion de plus de méditer sur les « bienfaits » de la libéralisation des marchés de capitaux. »

Les signes précurseurs de la débâcle actuelle.

  1. 1987, krach mémorable des marchés d’actions ;
  2. 1990, krach des « junk bonds » (« obligations pourries ») et crise des Savings and Loans (caisses d’épargne américaines) ;
  3. 1994, krach obligataire américain ;
  4. 1997, première tranche de crise financière internationale (Thaïlande, Corée, Hongkong) ;
  5. 1998, deuxième tranche (Russie, Brésil) ; 2001-2003, éclatement de la bulle Internet…

Charles Ponzi: Un grand maître et instigateur de ce qu’on a appelé « The credit crunch » des année 1920. Il a inspiré un système de jeux visant à gagner beaucoup d’argent et il semblerait de nombreuses institutions financières auraient elles aussi appliqué sa méthode.

D’origine italienne vivant aux USA, Charles Ponzi était un spéculateur ingénieux des années 1920, qui avait écrémé l’épargne d’investisseurs crédules alléchés par des promesses de rendements extraordinaires. Faute de tout actif réel capable de livrer les performances annoncées, Ponzi servait ses premiers clients non pas avec d’inexistants dividendes… mais avec le capital apporté par les derniers arrivés, la « soutenabilité » de l’ensemble supposant donc de maintenir impérativement un flux de nouveaux entrants !

Cela vous rappelle quelque chose ? 

John Bird et John Fortune font un sketche qui récapitule la situation des “subprime”. Un classique du genre!. Suivez le lien si vous voulez vous amusez de la situation.

Le Monde affirme dans un article aujourd’hui que ;

La majorité des économistes américains sont maintenant convaincus que les Etats-Unis ont basculé dans la récession. Pour Martin Feldstein, président du National Bureau of Economic Research, dont la mission consiste à déterminer les périodes de récession, non seulement celle-ci a commencé, mais elle serait l’une des plus sévères depuis la seconde guerre mondiale. Alan Greenspan, ancien président de la Réserve fédérale (Fed) de 1987 à 2006, évoque la crise la plus “wrenching” (douloureuse) depuis 1945.”

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La flambée des prix forcent les pauvres et les moins pauvres à faire un choix: manger ou conduire

mars 12, 2008 · 11 commentaires

 

Une majorité de Français constate le même fait : le pouvoir d’achat est à la baisse. Un sondage Ifop publié mercredi montre que les Français sont désormais 81% à considérer que leur pouvoir d’achat s’est érodé au cours de l’année écoulée. La proportion était de 65% en novembre dernier et de 59% en janvier 2007, précise l’Ifop dans cette enquête pour le journal L’Humanité.

La publication de ce sondage coïncide avec la révélation d’informations selon lesquelles une vaste entente illégale sur les prix de produits ménagers a été mise au jour en France. Dans ce genre de situation, souligne Le Figaro, qui a révélé l’affaire, les entreprises risquent des amendes pouvant atteindre 10% de leur chiffre d’affaires total. Cependant, ces grands groupes ne semblent pas être intimidés par de telles sanctions.  Leurs marges bénéficiaires doivent largement leur assurer les fonds nécessaires en cas de poursuites judiciaires.  La stratégie n’est pas d’hier.

Cette affaire s’ajoute encore à celle de la flambée des prix alimentaires dans la grande distribution, dénoncée par une enquête menée par le magazine 60 millions de consommateurs publiée mardi. 

Carrefour comparaissait en justice ce février et était condamné à 4.8 millions d’euros d’amende pour “ publicité mensongère, reventes à pertes et un dossier portant sur des contrats de coopération commerciale, qui régissent les “marges arrière”.


Il est ainsi reproché à Carrefour d’avoir fait de la publicité pour des produits qui n’étaient pas disponibles en quantité suffisante.

 A la pompe, les prix des carburants flambent et les Français s’en alarment sur le site du magazine:

Mon épouse et moi-même effectuons + de 100 km par jour uniquement pour nous rendre à notre travail car nous ne disposons pas de transports en commun. Ces augmentations incessantes deviennent insupportables et pèsent durement sur notre budget. Quant aux véhicules propres et électriques : aucune possibilité de recharges dans nos petites communes de province, gnv : pas de gaz naturel sur notre secteur, gpl : pas de pompe sauf sur l’autoroute A47, ce qui nous obligerait à un détour conséquent pour chaque plein. Vive le progrès !”

L’éditorial du Monde du 13 mars 2008 n’est pas plus optimiste:

“Les 2 milliards de personnes les plus pauvres de la planète pèseront-elles face aux 800 millions d’automobilistes ? La question, posée par l’économiste américain Lester Brown, est plus que jamais d’actualité. Les Nations unies, par la voix du Programme alimentaire mondial, s’alarment d’un détournement des terres arables au profit des agrocarburants. La hausse du prix du baril ne peut qu’encourager cette confiscation de l’espace agricole à vocation alimentaire par un “pétrole vert” dont les vertus supposées sont de plus en plus sujettes à caution.”

L’avenir est peut-être vert mais il ne rassure pas: “Naguère loués pour leur capacité à réduire les émissions de gaz à effet de serre tout en offrant une alternative aux énergies fossiles, les agrocarburants montrent leurs limites : en climat tempéré, leur rendement énergétique est faible. L’utilisation d’engrais, d’engins agricoles, et le raffinage de cette biomasse conduisent à un bilan carbone décevant, voire négatif. En Europe, rappelle l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), il faudrait convertir 72 % des terres cultivées pour produire 10 % des besoins en combustible du transport routier. Sous les tropiques, l’expansion des agrocarburants menace les forêts, en contradiction avec la lutte contre le changement climatique.”

D’où ce choix difficile entre manger ou conduire, spécialement quand l’un est le résulat de l’autre dans notre économie moderne. 

Moralité : Français, Françaises, manger ou conduire, il faut choisir !

 

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Ingrid aux abois

mars 6, 2008 · 3 commentaires

La situation se corse en Colombie… La santé d’Ingrid Betancourt se détériore… Elle souffrirait d’une hépathite.

Que peut faire le chef d’Etat français ?

«Je dis au chef des FARC, Manuel Marulanda qu’il a sur les épaules le poids de la responsabilité de la vie ou de la mort d’une femme. Qu’il mesure bien la décision qu’il va prendre parce que cette femme est en danger de mort, elle peut mourir dans les jours qui viennent, à lui de savoir s’il veut laisser inutilement une femme mourir ou s’il la libère. S’il la laisse mourir, cela veut dire qu’il sera responsable d’un assassinat», vient de déclarer Nicolas dans une interview enregistrée à l’Elysée et diffusée par la chaîne colombienne RCN écrit Le Figaro.

Paroles, paroles et paroles !

Cependant, la situation a pris un nouveau tournant. “La mort de Raul Reyes, numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche), tourne à la crise diplomatique. Samedi 1er mars, le ministre colombien de la défense, Juan Manuel Santos, a annoncé que l’armée avait tué le chef guérillero et 16 de ses hommes, en territoire équatorien. Dimanche, Bogota a invoqué le principe de la “légitime défense” pour justifier cette incursion militaire et juguler une crise qui prend des proportions alarmantes” se lamente Le Monde.

La mort du chef des Farcs risque de précipiter les événements…

Déjà pour protester contre “l’agression” colombienne, l’Equateur a expulsé l’ambassadeur colombien à Quito, tandis que le Venezuela a fermé son ambassade à Bogota. Tandis que le président vénézuélien, Hugo Chavez, et son homologue équatorien, Rafael Correa, ont annoncé l’envoi de troupes à leur frontière avec la Colombie.” écrit Le Monde.  La situation tourne décidemment au vinaigre! La vie d’Ingrid ne tient plus qu’à un fil.

Mais comment et pourquoi Ingrid s’est-elle retrouvée dans la jungle colombienne?

 SQP et la contesse de Langeais nous résume la situation.

Ancienne candidate à la présidence de la République, sénatrice franco-colombienne, convaincue de son invulnérabilité, Ingrid Bétancourt, partie, la main tendue, rencontrer les Farc ( Forces Armées Révolutionnaires de Colombie ) le 23 février 2002, se jette bel et bien dans la gueule du loup.  Enlevée sur ordre de Manuel Marulanda, chef historique des Farc qui voit en elle «  el premio major « le gros lot, otage à la valeur incommensurable, Ingrid Bétancourt croupit depuis bientòt six années dans l’inhumaine jungle colombienne, en proie à toutes sortes de menaces, aux mains de gardiens dépourvus de toute humanité.

Prise en étau entre Manuel Marulanda, chef historique des Farc, redoutable spectre invisible, guerillero expert, esprit retors, tout aussi rusé que cruel et Alvaro Uribe, président colombien, d’autant plus résolu et inflexible que son propre père fut assassiné par les soldats du même Manuel Marulanda, Ingrid Bétancourt est plus que jamais consciente de la fragilité de son sort de pion dans ce bras de fer au cours duquel aucun des deux partenaires n’est réellement prêt à négocier.

Recluse  avertie de son ròle de bouclier humain et d’arme diplomatique, gagnée par l’épuisement tant physique (victime d’une hépatite mal soignée) que moral (dû a six années de réclusion solitaire ponctuée d’errances imprévisibles et permanentes dans la jungle aux fléaux innombrables), résignée, au fait de la farce des négociations avec les Farc qu’elle souhaiterait voir attaqués, Ingrid Bétancourt apparaît dorénavant vidée de tout ressort et de volonté de vivre. 

 ” La vie ici n’est pas une vie”  confie t-elle dans l’une des douze pages rédigées sur ordre de ses geôliers et adressée à sa mère.  Simple pion humain entre deux ennemis implacables, affaiblie et appauvrie intellectuellement ( malgré ses diverses requêtes, sa seule lecture disponible est celle de la Bible.  McCarthy et Brian Keenan, eux, se virent offrir le luxe de tout un volume de l’encyclopédie britannique, ce qui contribua indubitablement à leur survie psychologique ), elle n’a plus ni la tentation ni l’endurance de tenter une sixième évasion. Seule présence, celle de sa mère avec laquelle elle communique quotidiennement via une vieille radio déglinguée.  Seul réconfort, celui de découvrir la mobilisation nationale et internationale en sa faveur, flamme réconfortante en son désespoir.

Sur le terrain colombien, la situation évolue.  Entre Marulanda et Uribe il s’agit désormais d’une vendetta nationale personnelle.  Les deux adversaires sont de taille égale.  Aussi implacables l’un que l’autre.  Toutefois, Marulanda semblerait avoir sous estimé son ennemi numéro un qui n’hésite aucunement à durcir ses positions, nullement intimidé par le vieux renard de la guérilla, mais, bien plutôt encouragé par le soutien populaire et ses succès stratégiques récurrents.  Dotée de moyens considérables, aidée par les Etats-Unis, l’armée gagne du terrain.  Marulanda en perd.   Le nombre d’enlèvements chute considérablement (malgré le chiffre actuel d’environ trois mille), le nombre de Farc capturés ou tués croit, la peur perd du terrain.  Présence constante, «  parrain «  lui-même, Uribe exhorte au harcèlement constant des forces révolutionnaires qui n’apparaissent plus invincibles.  

Autre coup de théâtre : dans sa fuite, l’un des lieutenants de Marulanda oublie son ordinateur dont le disque dur s’avère une mine de renseignements inestimables, révélant les objectifs secrets et immédiats du mouvement révolutionnaire. Précieuse trouvaille ! Au niveau international, les négociations  s’enchainent. 

 Les Colombiens suivent les pourparlers du Président Chávez avec les Farc, sa visite éclair en France, l’imbroglio diplomatique entre la Colombie et le Venezuela.  Néanmoins, nulle part au monde, personne ne croit encore au désir des deux ennemis de s’asseoir à la table des négociations.. 

L’assassinat, la mort au combat ou  par légitime défense du chef des Farc ouvre un nouveau chapitre dans cette affaire …

Comme l’a suggéré un membre se SQP, le chef d’Etat français qui semble engagé personnellement pourrait envoyer sa femme, Carla, en émissaire humanitaire ou intermédiaire apolitique avant que la situation ne devienne trop sanglante… Un baptême de pouvoir pour la première dame de France et  une autre action médiatisée pour le Président. Enfin juste une suggestion!  Le voyage en Lybie et la libération par Cécilia des infirmières bulgares  lui avait fait le plus grand bien politique …  Au pouvoir, noblesse oblige!

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Mitterrand à l’écran et aux enchères

mars 2, 2008 · 2 commentaires

Alors que fin janvier 2008, à Drouot,  sa veuve, Danielle mettait sous le marteau  la plupart de ses effets personnels dans une vente aux enchères au profit de  France Libertés-Fondation qu’elle patronne depuis 1986, l’intérêt pour l’homme et le politicien que François Mitterrand a été est loin de s’éteindre.  Les émotions partagées suscités par la vente, vacillant entre la joie, la tristesse et le choc en sont une preuve. 

“Depuis sa création en 1986, France Libertés-Fondation Danielle Mitterrand agit en faveur des droits de l’homme et œuvre à la construction d’un monde solidaire, citoyen et responsable. Parallèlement à ses actions de sensibilisation, France Libertés accompagne sur le terrain la mise en œuvre de projets dans le domaine de l’accès à l’eau, de l’éducation, et de l’économie responsable et solidaire”

Notre correspondante artistique, Glenys Palmer nous envoie cette critique du film que Robert Guédiguian réalisa en 2004 sur cet homme qui a eu le courage de gouverner sobrement la France pendant deux septennats. 

Un film qui m’a beaucoup plu, Le Dernier Mitterrand, un film de Robert Guédiguian, très bien connu pour ses oeuvres “gauchistes”.  En France, le film est intitulé “Le promeneur du Champs de Mars“, d’après le livre de Georges-Marc Benamou.  Monsieur Benamou avait eu plusieurs conversations avec Monsieur Mitterrand quand celui-ci était en train de mourir du cancer.  Le livre, publié en 1996 a fait doublement sensation en France; la première fois à sa sortie en 1996 et la deuxième fois après la mort de Mitterrand, survenue. elle aussi la même année.

Le livre suit les deux hommes, le Président et Benamou, qui se promènent le long du Champs de Mars, tout près de la tour Eiffel.

L’écrivain a pris quelques libertés et décrit une amitié imaginaire entre les deux hommes. Le jeune Benamou est très désireux de recevoir des confidences et des secrets de cet homme éminent: des révélations sur sa vie politique et sentimentale, ses amours… L’autre, l’ancien Président est trop absorbé par la pensée de sa mort imminente  et par l’image qu’il laissera dans l’histoire de la France.  Le film montre la vanité de Mitterrand.  Il se compare aux rois de France pendant une visite à Chartres et il déclare avec assurance: ” Moi, je suis le dernier des Présidents de la France”. Néanmoins, le film ne touche pas du tout au rôle qu’a joué Mitterrand pendant la deuxième guerre mondiale, ni à ses rapports avec le gouvernement de Vichy.

Enfin, j’ai bien compris pourquoi le film s’intitulait en anglais ” Le dernier Mitterrand”.  Il montre l’homme pendant sa dernière bataille avec le cancer qui le ronge, un homme face à la mort.  Ce n’était plus le Mitterrand de l’époque de ses très grands projets, ni le jeune homme qui flirtait avec les communistes à la recherche du pouvoir politique. Le film nous montre un homme qui, à la fin de sa vie, revient aux racines catholiques de son enfance.  Dans une telle situation, l’homme nous révèle sa vraie nature et son humanité. Michel Bouquet joue le rôle de Mitterrand et un jeune comédien, Jalil Lespert - d’origine belge peut-être – le rôle de Benamou.  Tous les deux sont excellents.  Ils s’expriment d’une façon presque lyrique. J’ai vu ce film trois fois, grâce à TV5, avec le télétexte qui affiche les sous-titres en Français bien sûr! J’ai donc pu  comprendre les dialogues parfaitement.

Je pense que de ce film émane une grande beauté et une certaine tranquillité exprimées par le langage du film. La cinématographie est superbe.

Le journal du dimanche anglais “The Observer” décrit ce film comme” De mémoire d’homme, le film politique le plus irrésistible “. Et je suis vraiment d’accord.

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