Alors que fin janvier 2008, à Drouot, sa veuve, Danielle mettait sous le marteau la plupart de ses effets personnels dans une vente aux enchères au profit de France Libertés-Fondation qu’elle patronne depuis 1986, l’intérêt pour l’homme et le politicien que François Mitterrand a été est loin de s’éteindre. Les émotions partagées suscités par la vente, vacillant entre la joie, la tristesse et le choc en sont une preuve.

“Depuis sa création en 1986, France Libertés-Fondation Danielle Mitterrand agit en faveur des droits de l’homme et œuvre à la construction d’un monde solidaire, citoyen et responsable. Parallèlement à ses actions de sensibilisation, France Libertés accompagne sur le terrain la mise en œuvre de projets dans le domaine de l’accès à l’eau, de l’éducation, et de l’économie responsable et solidaire”
Notre correspondante artistique, Glenys Palmer nous envoie cette critique du film que Robert Guédiguian réalisa en 2004 sur cet homme qui a eu le courage de gouverner sobrement la France pendant deux septennats.

Un film qui m’a beaucoup plu, Le Dernier Mitterrand, un film de Robert Guédiguian, très bien connu pour ses oeuvres “gauchistes”. En France, le film est intitulé “Le promeneur du Champs de Mars“, d’après le livre de Georges-Marc Benamou. Monsieur Benamou avait eu plusieurs conversations avec Monsieur Mitterrand quand celui-ci était en train de mourir du cancer. Le livre, publié en 1996 a fait doublement sensation en France; la première fois à sa sortie en 1996 et la deuxième fois après la mort de Mitterrand, survenue. elle aussi la même année.

Le livre suit les deux hommes, le Président et Benamou, qui se promènent le long du Champs de Mars, tout près de la tour Eiffel.
L’écrivain a pris quelques libertés et décrit une amitié imaginaire entre les deux hommes. Le jeune Benamou est très désireux de recevoir des confidences et des secrets de cet homme éminent: des révélations sur sa vie politique et sentimentale, ses amours… L’autre, l’ancien Président est trop absorbé par la pensée de sa mort imminente et par l’image qu’il laissera dans l’histoire de la France. Le film montre la vanité de Mitterrand. Il se compare aux rois de France pendant une visite à Chartres et il déclare avec assurance: ” Moi, je suis le dernier des Présidents de la France”. Néanmoins, le film ne touche pas du tout au rôle qu’a joué Mitterrand pendant la deuxième guerre mondiale, ni à ses rapports avec le gouvernement de Vichy.
Enfin, j’ai bien compris pourquoi le film s’intitulait en anglais ” Le dernier Mitterrand”. Il montre l’homme pendant sa dernière bataille avec le cancer qui le ronge, un homme face à la mort. Ce n’était plus le Mitterrand de l’époque de ses très grands projets, ni le jeune homme qui flirtait avec les communistes à la recherche du pouvoir politique. Le film nous montre un homme qui, à la fin de sa vie, revient aux racines catholiques de son enfance. Dans une telle situation, l’homme nous révèle sa vraie nature et son humanité. Michel Bouquet joue le rôle de Mitterrand et un jeune comédien, Jalil Lespert - d’origine belge peut-être - le rôle de Benamou. Tous les deux sont excellents. Ils s’expriment d’une façon presque lyrique. J’ai vu ce film trois fois, grâce à TV5, avec le télétexte qui affiche les sous-titres en Français bien sûr! J’ai donc pu comprendre les dialogues parfaitement.
Je pense que de ce film émane une grande beauté et une certaine tranquillité exprimées par le langage du film. La cinématographie est superbe.
Le journal du dimanche anglais “The Observer” décrit ce film comme” De mémoire d’homme, le film politique le plus irrésistible “. Et je suis vraiment d’accord.