La situation se corse en Colombie… La santé d’Ingrid Betancourt se détériore… Elle souffrirait d’une hépathite.
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Que peut faire le chef d’Etat français ?
«Je dis au chef des FARC, Manuel Marulanda qu’il a sur les épaules le poids de la responsabilité de la vie ou de la mort d’une femme. Qu’il mesure bien la décision qu’il va prendre parce que cette femme est en danger de mort, elle peut mourir dans les jours qui viennent, à lui de savoir s’il veut laisser inutilement une femme mourir ou s’il la libère. S’il la laisse mourir, cela veut dire qu’il sera responsable d’un assassinat», vient de déclarer Nicolas dans une interview enregistrée à l’Elysée et diffusée par la chaîne colombienne RCN écrit Le Figaro.
Paroles, paroles et paroles !

Cependant, la situation a pris un nouveau tournant. “La mort de Raul Reyes, numéro deux des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC, extrême gauche), tourne à la crise diplomatique. Samedi 1er mars, le ministre colombien de la défense, Juan Manuel Santos, a annoncé que l’armée avait tué le chef guérillero et 16 de ses hommes, en territoire équatorien. Dimanche, Bogota a invoqué le principe de la “légitime défense” pour justifier cette incursion militaire et juguler une crise qui prend des proportions alarmantes” se lamente Le Monde.
La mort du chef des Farcs risque de précipiter les événements…
Déjà pour protester contre “l’agression” colombienne, l’Equateur a expulsé l’ambassadeur colombien à Quito, tandis que le Venezuela a fermé son ambassade à Bogota. Tandis que le président vénézuélien, Hugo Chavez, et son homologue équatorien, Rafael Correa, ont annoncé l’envoi de troupes à leur frontière avec la Colombie.” écrit Le Monde. La situation tourne décidemment au vinaigre! La vie d’Ingrid ne tient plus qu’à un fil.
Mais comment et pourquoi Ingrid s’est-elle retrouvée dans la jungle colombienne?
SQP et la contesse de Langeais nous résume la situation.
Ancienne candidate à la présidence de la République, sénatrice franco-colombienne, convaincue de son invulnérabilité, Ingrid Bétancourt, partie, la main tendue, rencontrer les Farc ( Forces Armées Révolutionnaires de Colombie ) le 23 février 2002, se jette bel et bien dans la gueule du loup. Enlevée sur ordre de Manuel Marulanda, chef historique des Farc qui voit en elle « el premio major « le gros lot, otage à la valeur incommensurable, Ingrid Bétancourt croupit depuis bientòt six années dans l’inhumaine jungle colombienne, en proie à toutes sortes de menaces, aux mains de gardiens dépourvus de toute humanité.
Prise en étau entre Manuel Marulanda, chef historique des Farc, redoutable spectre invisible, guerillero expert, esprit retors, tout aussi rusé que cruel et Alvaro Uribe, président colombien, d’autant plus résolu et inflexible que son propre père fut assassiné par les soldats du même Manuel Marulanda, Ingrid Bétancourt est plus que jamais consciente de la fragilité de son sort de pion dans ce bras de fer au cours duquel aucun des deux partenaires n’est réellement prêt à négocier.
Recluse avertie de son ròle de bouclier humain et d’arme diplomatique, gagnée par l’épuisement tant physique (victime d’une hépatite mal soignée) que moral (dû a six années de réclusion solitaire ponctuée d’errances imprévisibles et permanentes dans la jungle aux fléaux innombrables), résignée, au fait de la farce des négociations avec les Farc qu’elle souhaiterait voir attaqués, Ingrid Bétancourt apparaît dorénavant vidée de tout ressort et de volonté de vivre.
” La vie ici n’est pas une vie” confie t-elle dans l’une des douze pages rédigées sur ordre de ses geôliers et adressée à sa mère. Simple pion humain entre deux ennemis implacables, affaiblie et appauvrie intellectuellement ( malgré ses diverses requêtes, sa seule lecture disponible est celle de la Bible. McCarthy et Brian Keenan, eux, se virent offrir le luxe de tout un volume de l’encyclopédie britannique, ce qui contribua indubitablement à leur survie psychologique ), elle n’a plus ni la tentation ni l’endurance de tenter une sixième évasion. Seule présence, celle de sa mère avec laquelle elle communique quotidiennement via une vieille radio déglinguée. Seul réconfort, celui de découvrir la mobilisation nationale et internationale en sa faveur, flamme réconfortante en son désespoir.
Sur le terrain colombien, la situation évolue. Entre Marulanda et Uribe il s’agit désormais d’une vendetta nationale personnelle. Les deux adversaires sont de taille égale. Aussi implacables l’un que l’autre. Toutefois, Marulanda semblerait avoir sous estimé son ennemi numéro un qui n’hésite aucunement à durcir ses positions, nullement intimidé par le vieux renard de la guérilla, mais, bien plutôt encouragé par le soutien populaire et ses succès stratégiques récurrents. Dotée de moyens considérables, aidée par les Etats-Unis, l’armée gagne du terrain. Marulanda en perd. Le nombre d’enlèvements chute considérablement (malgré le chiffre actuel d’environ trois mille), le nombre de Farc capturés ou tués croit, la peur perd du terrain. Présence constante, « parrain « lui-même, Uribe exhorte au harcèlement constant des forces révolutionnaires qui n’apparaissent plus invincibles.
Autre coup de théâtre : dans sa fuite, l’un des lieutenants de Marulanda oublie son ordinateur dont le disque dur s’avère une mine de renseignements inestimables, révélant les objectifs secrets et immédiats du mouvement révolutionnaire. Précieuse trouvaille ! Au niveau international, les négociations s’enchainent.
Les Colombiens suivent les pourparlers du Président Chávez avec les Farc, sa visite éclair en France, l’imbroglio diplomatique entre la Colombie et le Venezuela. Néanmoins, nulle part au monde, personne ne croit encore au désir des deux ennemis de s’asseoir à la table des négociations..
L’assassinat, la mort au combat ou par légitime défense du chef des Farc ouvre un nouveau chapitre dans cette affaire …
Comme l’a suggéré un membre se SQP, le chef d’Etat français qui semble engagé personnellement pourrait envoyer sa femme, Carla, en émissaire humanitaire ou intermédiaire apolitique avant que la situation ne devienne trop sanglante… Un baptême de pouvoir pour la première dame de France et une autre action médiatisée pour le Président. Enfin juste une suggestion! Le voyage en Lybie et la libération par Cécilia des infirmières bulgares lui avait fait le plus grand bien politique … Au pouvoir, noblesse oblige!
3 responses so far ↓
V.G // mars 11, 2008 at 2:51
Je n’avais aucune idée de la situation en Colombie avant de lire cet article. Je savais que la Colombie est un pays dangereux avec beaucoup de corruption mais pas à ce point la ! La pauvre Ingrid Betancourt parait dans de très mauvaises conditions et j’espère pour elle qu’elle puisse survivre. Je trouve que les actions prisent par Sarkozy sont plutot bonnes et devrez améliorer sa popularité en France qui a grandement baissé depuis les elections 2007. Une visite de Carla, la première dame, en Colombie serait un moyen efficasse de montrer l’engagement personnel du president.
KNA // mars 12, 2008 at 2:37
Ces enlèvements servent a rien- surtout si les victimes meurent avant qu’ils ne soient libérés. Quand les enlevés meurent, ils ne peuvent plus servir comme concession dans les négociations entre le gouvernement et les guérillas. En plus le sort de M. Betancourt entraînera une forte antipathie contre les FARC, même parmi ceux qui autrement seraient disposés à soutenir les idées et la politique des FARC. J’espère qu’elle sera bientôt libérée et qu’elle guérira et rejoindra sa famille.
Steve O. // mars 13, 2008 at 3:54
C’est le premier fois que j’entends le nom Ingrid Betancourt. Son histoire est assez tragique. La vogue de presse n’a pas atteint le niveau de Diana, mais sa santé détériorante et son importance politique devraient l’augmenter. Un de mes cours nécessite que je suis les nouvelles à propos de la Russie, et j’ai lu récemment qu’un traffiquant russe d’armes était arrêté parce qu’il vendait des armes au FARC. Les E.U. combattent FARC dans la guerre de drogues pendant longtemps. Le traffiquant russe vendait quasiment sans obstacles jusqu’à ce qu’il a fait des choses directement contre les intérêts des E.U. Je veux dire qu’il y avait des mésures rapide dès que les E.U. étaient impliqués. À mon avis, les E.U. doivent s’occuper d’Ingrid pour presser sa libération. Mais, comment est-ce qu’on presse notre gouvernement le faire?
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