
Peu d’entre nous aurons le courage de lire des livres sur le monde de la finance. Le Monde Diplomatique et ses journalistes experts offrent traditionnellement à leurs lecteurs, des articles tout à fait « digestible », le résultat d’années d’études et d’analyses minutieuses. Ils valent vraiment la peine d’être lus et je vous encourage à jeter un coup d’oeil sur l’article de Frédéric Lordon qui a inspiré SQP cette semaine de Pâques.
Suite à l’affaire Kerviel et la “fraude” du siècle qui aurait vu s’évaporer 4,9 milliards d’euros des caisses de la Société Générale, Kerviel est à la prison de la Santé depuis le 8 février. Ses deux avocats concentrent leurs efforts pour le libérer, et se disent “extrêmement impressionnés” par le “courage” de leur client, qui “n’a pas craqué”. Selon la récente réforme sur la détention provisoire, cette détention provisoire ne pourrait excéder quatre mois et devrait être justifiée.
“La détention de Jérôme Kerviel n’est fondée sur aucun motif prévu par la loi”, selon Maître Selnet, un des avocats de Jérôme. Tout semblerait à indiquer que le trader n’a pas agit seul. Un autre trader Moussa Bakir serait impliqué mais après avoir été interrogé par les juges et placé en garde à vue, il a été relâché. Mais qu’en est-il vraiment?
Etrangement, la France est un des rares pays a n’avoir admis que récemment la vulnérabilité de son marché financier, conséquence aux tourbillons des subprime américains. Non en France, on a essayé de faire porter le chapeau à un courtier.
Paradoxalement Christine Lagarde, la ministre française de l’Economie et des Finances, après avoir affirmé deux mois auparavant qu’il n’y aurait aucun impact sur la France, avait déclaré le lundi 22 f§vrier 2007 à New-York que les effets de la crise financière en France devraient être compensés par les réformes en cours. La crise financière “sera compensée par les mesures sur les heures supplémentaires” et “les autres mesures engagées par le gouvernement.” Comme pour Chernobyl, la crise avait évité la France.
Enfin, le volcan s’est réveillé et les banques françaises seraient parmi les plus touchées par une crise exclusivement américaine.
“Oui, plus de 11 milliards ce sont les pertes subies par les principales banques françaises dans la crise des subprime” (Le Nouvel Obs.com)
Or Ignacio Ramonet directeur du Monde Diplomatique de 1990 à mars 2008 écrivait dans un de ses éditoriaux en 1999 :
« Une baisse du dollar est considérée comme fort probable. Le krach de Wall Street est explicitement annoncé par certains analystes. Comment affectera-t-il les économies du monde, en particulier celles de l’Union européenne ? Echappera-t-on au cercle vicieux de la déflation généralisée ? A la récession mondiale ? »
En Septembre 2007, Frédéric Lordon écrivait un article qui apportait un peu de lumière sur la situation financière dans laquelle le monde est désormais plongé.
Rappelle-toi Barbara! il pleuvait sans cesse ce jour-là!

« Hegel, il y a deux siècles, déplorait l’incapacité chronique des Etats à tirer les leçons des expériences de l’histoire. Les gouvernements ne sont pas les seules puissances incapables d’apprentissage. Le capital – tout particulièrement financier – semble lui aussi condamné à la persévérance dans l’erreur, à l’aberration récurrente et à l’éternel retour de la crise financière. Quoique portant sur des « objets » nouveaux, la crise actuelle des marchés de crédit donne à voir une fois de plus les ingrédients chimiquement purs du désastre, offrant à qui voudra bien s’en saisir une occasion de plus de méditer sur les « bienfaits » de la libéralisation des marchés de capitaux. »
Les signes précurseurs de la débâcle actuelle.
- 1987, krach mémorable des marchés d’actions ;
- 1990, krach des « junk bonds » (« obligations pourries ») et crise des Savings and Loans (caisses d’épargne américaines) ;
- 1994, krach obligataire américain ;
- 1997, première tranche de crise financière internationale (Thaïlande, Corée, Hongkong) ;
- 1998, deuxième tranche (Russie, Brésil) ; 2001-2003, éclatement de la bulle Internet…
Charles Ponzi: Un grand maître et instigateur de ce qu’on a appelé « The credit crunch » des année 1920. Il a inspiré un système de jeux visant à gagner beaucoup d’argent et il semblerait de nombreuses institutions financières auraient elles aussi appliqué sa méthode.
D’origine italienne vivant aux USA, Charles Ponzi était un spéculateur ingénieux des années 1920, qui avait écrémé l’épargne d’investisseurs crédules alléchés par des promesses de rendements extraordinaires. Faute de tout actif réel capable de livrer les performances annoncées, Ponzi servait ses premiers clients non pas avec d’inexistants dividendes… mais avec le capital apporté par les derniers arrivés, la « soutenabilité » de l’ensemble supposant donc de maintenir impérativement un flux de nouveaux entrants !
Cela vous rappelle quelque chose ?
John Bird et John Fortune font un sketche qui récapitule la situation des “subprime”. Un classique du genre!. Suivez le lien si vous voulez vous amusez de la situation.
Le Monde affirme dans un article aujourd’hui que ;
“La majorité des économistes américains sont maintenant convaincus que les Etats-Unis ont basculé dans la récession. Pour Martin Feldstein, président du National Bureau of Economic Research, dont la mission consiste à déterminer les périodes de récession, non seulement celle-ci a commencé, mais elle serait l’une des plus sévères depuis la seconde guerre mondiale. Alan Greenspan, ancien président de la Réserve fédérale (Fed) de 1987 à 2006, évoque la crise la plus “wrenching” (douloureuse) depuis 1945.”
1 réponse jusqu'à présent ↓
Christina Ye Jin Kim // avril 12, 2008 à 10:16 |
Il est intéressant de voir comment le public réponde au marche financer/ à la bourse pendant la dépression économique. Ces jours-ci, tous les pays ont inquiètent de l’économie, surtout comme le leader mondial financier, États-Unis fait face une récession. Avant avoir lu cette article, je pensais que la situation économique française serait bien grâce à la baisse de valeur de dollar américain et aux polices gouvernementales. Mais, la situation en France ne semble pas très bien comme toutes les opérations financières sont reliées. En effet, le marché financier lutte de vaincre cette crises. Le ministre financier a proposé que les banques françaises devraient montre leurs pertes. Par conséquent, les officiels économiques devront travailler et résoudre cette crise ensemble. De plus, Alan Greenspan a dit que les banques centres ne savaient pas de gérer et prévenir la crise financière comme la Société Générale. Pour améliore cette situation, l’Union Européenne trouvent une stratégique efficace, peut-être l’utilisation de la police fiscale où les banques auront plus de régulations. Néanmoins la difficulté, les français peuvent utiliser cette situation comme une opportunité pour le développement. Je suis très impressionnée par les officiels financer et économiques qui essaient d’apporter un marché harmonique.