Archives Mensuelles: avril 2008

Si Mai 68 m’était conté …

Alors que la France se prépare à féter les quarante ans de Mai 68, la génération des soixante huitards est en devoir de se poser quelques questions. Leur mouvement a-t-il changé la société pour le meilleur ou pour le pire ?

Les avis sont partagés.

Voici ce qu’en pense notre président ainsi qu’une grande partie de la population qui l’a élu au suffrage universel, lui même, faut-il se le rappeler, le résultat de plusieurs mouvements de contestation populaire:

  • «Ce fut une campagne aux prises avec une crise morale comme la France n’en a peut-être jamais connu, sauf peut-être au temps de Jeanne d’Arc.»
  • «Les héritiers de Mai 68 avaient imposé l’idée que tout se valait, qu’il n’y avait donc désormais aucune différence entre le bien et le mal, aucune différence entre le vrai et le faux, entre le beau et le laid. Ils avaient cherché à faire croire que l’élève valait le maître [...], que la victime comptait moins que le délinquant.»
  • «Il n’y avait plus de valeurs, plus de hiérarchie»
  • «Il s’agit de savoir si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué, ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes»
Daniel COHN-BENDIT et Alain GEISMAR, meneurs du mouvement à l’époque répliquent dans un mea-culpa générationnel:
  • Nous sommes coupables d’avoir fait souffler un vent de liberté et d’autonomie à la radio-télévision d’Etat d’alors ; ce que semble regretter Nicolas Sarkozy.

  • Nous sommes coupables d’avoir rêvé d’autonomie et de démocratie dans les écoles, les universités et les usines. Coupables d’avoir désiré la justice et l’égalité au travail comme à la maison ; ce qui semble déranger Nicolas Sarkozy.
  • Nous sommes coupables d’avoir taillé une croupière à l’autoritarisme gaulliste, marxiste, communiste, syndical et patronal.
  • Nous sommes coupables de cette réalité d’aujourd’hui où les femmes et les hommes décident en toute liberté de leur corps, où les jeunes décident librement de leur contraception et où les femmes ont le droit de choisir de laisser naître un enfant ou pas. Visiblement, cela ne plaît pas non plus à Nicolas Sarkozy.
  • Nous sommes coupables d’un tas de conneries comme «CRS-SS». Mais était-ce donc pire qu’un «Cohn-Bendit à Dachau !» entendu comme slogan à la grande manifestation gaulliste ? Nous sommes coupables du bêtisier révolutionnaire des «Vive Trotski !», «Vive Che Guevara !», «Vive Mao !», autrement dit, des «Vive la révolution autoritaire ou totalitaire», «libertaire ou plébéienne». Coupables, donc, d’avoir béatifié Marx ou Proudhon en ignorant Hannah Arendt et Albert Camus, mais aussi de n’avoir pas bien lu Jean-Paul Sartre.
  • Nous sommes génétiquement coupables d’un désir d’égalité, de solidarité et de liberté. Nous sommes génétiquement coupables de penser que le pouvoir n’est pas la propriété privée d’un homme ou d’une femme. Nous sommes génétiquement coupables de rêver d’une mondialisation écologiquement et socialement régulée. Nous sommes génétiquement coupables de croire que le kärcher ne résout rien et que la police ne peut pas tout.
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L’héritage n’est pas un bien que l’on possède et que l’on garde. Mais quelque chose que les héritiers se disputent, et ce qu’ils en font.

Il y a le Mai 68 tel que Sarkozy le voit et le Mai des étudiants et des ouvriers qui y prirent part.

Pendant ce temps, la presse nationale reste discrète sur les manifestations lycéennes. Libération est un des seuls à en parler.

 

 

 

 

Mais, en fait, que reste-t-il vraiment de Mai 68 et des années soixante ? La société a-t-elle vraiment changé ? Demandons aux Shadoks et aux Gibis!

 

 

 

Ces stupides Shadoks, oiseaux aux grandes pattes et au petit cerveau, et les Gibis, petits animaux intellos et courtois qui mystifient sans cesse leurs grotesques ennemis, ont vu le jour en 1968. Bien qu’ayant tout fait pour nous expliquer notre connerie, personne n’a jamais vraiment compris.