Quelle soirée mémorable dans l’annale de la montée du fascisme en Europe, celle du 23 octobre 2009… Le leader du BNP (British National Party), l’équivalent du FN (Front National) fut l’invité très controversé de l’émission culte de la BBC « Question Time »… une émission dans laquelle se débatent les événements chauds de la semaine…Jamais la BBC n’avait jusqu’alors donné la parole au chef du parti d’extrême droite britannique qui vient d’obtenir deux sièges au parlement européens (6% des votes britanniques)…
« Souvent conspué ou moqué par le public en plateau, le leader d’extrême droite a jugé que l’islam entrait en contradiction avec les valeurs fondamentales de la société britannique et il a accusé la classe politique d’avoir mené “une expérience multiculturelle colossale” aux dépens du peuple britannique » peut-on lire aujourd’hui dans le Monde
Quand au Figaro il se contente d’écrire : « La participation du leader du parti d’extrême droite BNP à une émission politique de la BBC, jeudi soir, a provoqué un tollé en Grande-Bretagne. Installé à la tête du British National Party depuis 1999, Nick Griffin n’avait jusque-là jamais été convié à un débat télévisé en prime time, une chance unique de donner enfin une image de respectabilité à son parti. «Je remercie la classe politique et ses alliés d’être aussi stupides ».
Quand pour Libération qui titre « Un autochtone caucasien invité à la BBC », « … on ne sait pas quels bénéfices en tirera le leader du BNP … A-t-il accédé à une certaine respectabilité en étant invité pour la première fois à ce genre de débat?
En revanche «Le tapage fait par la classe politique nous confère bien évidemment un tout nouveau niveau de reconnaissance publique», estimait-il. Toute la soirée, Griffin aura également été la cible des attaques et quolibets des participants.
Un peu tendus en début d’émission, les participants ont vite trouvé le bon ton et l’humour à l’appui le débat a suivi son cours.
L’opinion publique britannique sera-elle sensibilisée ou révoltée par cette démonstration de condescendance à l’égard de Griffin, diplomé de Cambridge, qui est très rapidement devenu « Nick » pour les participants au débat, y compris le public, qui se sont acharné à exposer les incohérences de son discours politique en matières d’histoire de race, d’identité,d’immigration, de religion et de relations humaines y compris l’homosexualité..
Pas un instant, il n’a perdu son calme. Pas un instant, son sourire ne s’est éteint. Pourtant, les attaques ont fusé de la salle où des citoyens sélectionnés par la BBC posaient des questions.
“C’était un peu comme un match de boxe”, a commenté M. Griffin à la sortie de l’émission. Il a été secoué – ses mains trahissaient sa nervosité, comme son débit de parole rapide – …
“La presse, a affirmé cet ancien étudiant en droit de Cambridge, ne cesse de déformer mes propos.”
N’a-t-il pas été condamné en 1998 pour “incitation à la haine” après avoir tenu des propos révisionnistes ? “J’ai changé d’avis”, dit-il aujourd’hui, dénonçant une justice qui l’empêcherait de s’exprimer sur le sujet sans risquer un nouveau procès. (Le Monde)
En revanche, personne n’a osé comparer Nick Griffin à Jean-Marie Le Pen qui donne beaucoup de fil à retordre non seulement aux médias mais aux politiciens qu’ils rencontrent régulièrement sur les plateaux de télévision. Pour en juger voici un débat télévisé entre Sarkozy et Le Pen.
Le discours de Le Pen est-il plus cohérent que celui de Nick Griffin ?
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