Archives Mensuelles: mars 2011

Un canal royal qui a irrigué la révolution française

Bientôt les vacances de pâques et pourquoi ne pas faire un petit tour en France.

Derek de SQP nous parle du canal du midi qu’il aime tout particulièrement, l’ayant découvert après avoir acheté une propriété en France dans laquelle il passe ses vacances  avec sa famille tout en perfectionnant son français.

Le contexte historique de la construction du canal

Quand Louis XIV arrive au pouvoir le 14 mai 1643 à l’âge de 5 ans, il ne prend réellement le contrôle du pays qu’après la mort du Cardinal Mazarin en 1661.  Il trouve alors un royaume hétérogène et archaïque dans lequel la puissance royale est encore gênée par de solides traditions féodales.

Le trésor royal n’est pas brillant en raison des besoins des guerres.

Les armées ont vécu sur le pays, brûlant, pillant, tuant. A ces maux sont venus s’ajouter la révolte manquée de la fronde ( 1648-1653) et  la famine, due aux récoltes catastrophiques de 1657 et 1662.

Le roi en a peu à faire de ce pays en ruine et il enchaine les projets de construction les plus fantasques en imposant son autorité absolue.

A l’époque, Le Languedoc est une région pauvre.

Si dans le Haut Languedoc les terres sont bonnes et fertiles, porteuses de blé et de fruits, celles du Bas Languedoc sont pauvres et couvertes essentiellement de vignes. On trouve encore des oliviers, du safran et du pastel.

Des industries existent (soieries à Nîmes, lainages à Montpellier, draps à Carcassonne).

En dépit de cette abondance, Bordeaux manque de blé. Un trafic devrait donc s’établir entre Aquitaine et Languedoc or il n’en est rien.

Le commerce en Aquitaine est dirigé vers l’Atlantique, celui du Languedoc vers la Méditerranée.

L’isolement du Languedoc est du à l’absence de moyens de communication: pas de routes.

L’idée d’un canal assurant la liaison entre l’Océan et la Méditerranée pour donner une impulsion au commerce avait été envisagée depuis longtemps, mais il faudra attendre 1662 pour que Pierre-Paul Riquet présente son projet de canal des deux mers à Cobert qui le soumettre au roi.

Quelques renseignements clés


  • Le canal du Midi se situe dans le sud de la France à cheval sur les départements de l’Hérault, de l’Aude et de la Haute-Garonne.
  • Il se déroule sur 241 kilomètres entre Marseillan, où il débouche dans l’étang de Thau sur la méditerranée, et Toulouse.
  • A Toulouse, le canal du midi rejoint le canal de Garonne, qui se dirige vers l’Atlantique

L’histoire du canal

  • Construit de XVIIe siècle, sous le règne de Louis XIV et sous la supervision de l’architecte Pierre-Paul Riquet. Sa construction s’achève à la veille de la révolution française de 1789.

Selon deux chercheurs historiens de Lespignan,  l’idée d’un canal assurant la liaison entre l’Océan et la Méditerranée pour  donner une impulsion au commerce avait été envisagée depuis longtemps, mais il faut attendre 1662 pour que Pierre-Paul Riquet présente son projet de canal des deux mers à  Colbert et au roi.

Dès le début du règne de Louis XIV, l’essor de la puissance monarchique se fait sentir.

L’essor de la France est surtout l’œuvre de Colbert.  Il propose les réformes et en assure la réalisation.

Contrôleur général des finances, son pouvoir s’étend sur presque tous les domaines (agriculture, commerce, industrie, bâtiments..).

Sa première tâche est le rétablissement des finances. Il entreprend ensuite le redressement commercial de la France en instaurant une politique dirigiste de développement des manufactures (on parlera de colbertisme).

Ce plan d’action va avoir à son actif tout un projet d’aménagement et de réfection des voies, ponts, chaussées, voies navigables.

Le Canal royal en Languedoc (renommé Canal du Midi après la révolution) va s’inscrire dans ce grand dessein, pour faciliter le commerce de l’Atlantique à la Méditerranée.

Les budgets excédentaires de 1662 à 1671 autorisent toutes les audaces.

La maîtrise technique des canaux était réalité depuis 1497  grâce à l’invention de l’écluse double par Léonard de Vinci.

La volonté d’Etat était là, sous l’impulsion de Colbert.

Restait à remplir la troisième condition pour que le projet de canal fut réellement envisagé : celle de l’alimentation en eau.

Le génie de Riquet est d’avoir trouvé cette eau dans la montagne Noire et d’avoir su la canaliser jusqu’à Naurouze.

Le plus grand chantier du siècle était alors possible.

  • Pendant quinze ans, près de 12 000 ouvriers travaillent à la réalisation du canal
  • C’est le commerce du blé et du vin en Languedoc qui a motivé sa construction
  • A l’époque les bateaux-péniches mesurent une vingtaine de mètres de long et sont halés par des chevaux ou des hommes.

  • Le trafic de marchandises a continué jusqu’aux années 1970.
  • Aujourd’hui le canal est essentiellement utilisé par le tourisme, les loisirs et le logement.

Les écluses et le pont-canaux

  • Il y a 68 écluses, et 7 ponts-canaux
  • Les neuf écluses de Fonsérannes, près de Béziers, sont très bien connues.  Elles forment un « escalier »

  • l’écluse ronde d’Agde possède trois portes : deux des portes permettent d’accéder à chaque côté du canal et la troisième donne accès au fleuve Hérault qui va à la Méditerranée

Le canal et les loisirs

  • Il attire ainsi de plus en plus un tourisme fluvial, naviguant sur des bateaux de location, des bateaux-restaurants ou des bateaux-promenades.

  • On compte environ 10 000 passages de bateaux par an à l’écluse de Fonsérannes

  • Le canal du Midi permet aussi de pratiquer d’autres sports, comme l’aviron, le cyclotourisme, le patin à roulettes ou la randonnée pédestre sur les berges.
  • Le canal est plus fréquenté que la Seine

La crise nucléaire vue par une jeune anglaise

Helen,  jeune reporter de SQP vient de nous soumettre son analyse sur la situation au Japon.

Une vue d’ensemble de la crise

Il reste à savoir ce qui va se passer au Japon,  mais à l’heure actuelle la situation empire de jour en jour. Une succession de catastrophes a paralysé le pays: premièrement un tremblement de terre qui a été suivi par un tsunami et maintenant plusieurs réacteurs de centrales nucléaires surchauffent. La situation pourrait durer longtemps et on ne peut qu’imaginer les sentiments des Japonais qui doivent faire face à ces événements dramatiques.

Au Japon et ailleurs, l’opinion publique  est ébranlée par le risque d’une autre catastrophe nucléaire .  Avec le souvenir de Tchernobyl ancré dans nos esprits, il est difficile de rester optimiste comme l’évoquent les gros titres des quotidiens.

"Les Etats-Unis craignent des radiations très élevées" titre le Figaro de ce soir.

La" Deux avions gouvernementaux dédié aux Français du Japon"  qui semble confirmer que France commence à rapatrier son personnel.

Les conséquences pour l’énergie nucléaire

Tôt ou tard, nous devrons prendre des décisions énergétiques pour notre avenir. L’incertitude plane sur les énergies non-renouvelables, et il va de soi que nous ne puissions plus continuer à  dépendre du pétrole, du gaz et du charbon. Pourtant récemment l’opinion publique s’était un peu réconcilier avec le nucléaire.

La crise du nucléaire japonais va-t-elle changer quelque chose?

Bien que je ne puisse pas voir pourquoi cela serait le cas,  nous devrions quand même plus considérer les dangers associés au  nucléaire.

A l’heure des bilans tout n’est pas rose en ce qui concerne les alternatives: les énergies non-renouvelables s’épuisent alors que d’autres énergies renouvelables sont loin d’être au point (ITER). Il faut aussi dire que de telles catastrophes naturelles  ne sont pas aussi probables dans beaucoup d’autres pays du monde. Quoi qu’il advienne c’est vraisemblablement l’occasion ou jamais de réévaluer  notre programme énergétique.

Prise de position des Britannique versus celle des Français

Quand on lit la  presse anglaise, il semble qu’elle soit assez neutre vis à vis de la crise énergétique. Il est évident que les journalistes pensent que la situation est grave mais l’optimisme reste de rigueur.

En revanche, dans les journaux français, l’attitude est beaucoup plus négative. Cela me mène à penser que l’expérience du nucléaire ne favorise  pas l’optimisme.

Les risques pour la santé sont évoqués dans le Figaro , les pharmacies dévalisés de leurs sticks d’iode.

Des mesures de protection possibles sont suggérées:

Il existe trois façons de protéger les populations en cas de fuites radioactives.

La première consiste à évacuer les personnes se trouvant à proximité de la source nucléaire. C’est ce que les autorités japonaises ont fait après le séisme : des milliers de personnes vivant dans un rayon de 3km des lieux dangereux ont été déplacées, puis dans un rayon de 10 et enfin 20 km à mesure que les accidents se multipliaient, soit quelque 200.000 personnes au total.

Les riverains peuvent aussi être amenés à s’enfermer chez eux, de préférence dans un sous-sol, les portes et fenêtres calfeutrées avec du ruban adhésif, sans climatisation ni chauffage. Cela évite principalement de respirer des particules (le mode de contamination le plus rapide), ou que celles-ci n’entrent en contact avec la peau.

Enfin, l’ingestion de comprimés d’iode stable permet de se protéger contre les cancers de la thyroïde. Cette glande produit des hormones qui régulent le métabolisme. En se fixant dans la thyroïde, l’iode stable, donc non radioactif, empêche l’iode radioactif de se fixer. Ce type de prévention est particulièrement efficace et nécessaire chez les enfants, chez qui l’hormone thyroïdienne joue un rôle fondamental dans la croissance et le développement. Le Japon en a commencé la distribution, car l’effet protecteur est maximal si on prend les comprimés l’heure précédent ou l’heure suivant l’exposition.

La France utilisant l’énergie nucléaire depuis plus longtemps et en plus grande quantité que les Anglais, les Français seraient peut-être plus conscients des risques qui viennent avec cette forme d’énergie?