Le capitalisme est l’avenir de l’homme.
Alors que le monde s’agite autour de l’avenir du capitalisme, dans un monde de plus en plus mal souffrant, il est normal de s’interroger sur le pouvoir des politiciens, élus dans les démocraties dites « éclairées ». Sont-ils vraiment capables de sortir leurs élus d’une quasi certaine pauvreté? L’exemple de la Grèce est peu rassurant. On y a nommé hâtivement un banquier à la tête du gouvernement. Va-t-il réussir à unir un peuple déjà condammé à la misère?
On nous ressasse les oreilles des scénarios catastrophiques qui nous attendent si nos chefs d’Etat ne comblent pas le gouffre de la dette publique dont les principaux bénéficiaires sont les institutions financières, celles qui nous ont bel et bien mis dans ce pétrin ingérable. Par contre, aucun média, ne nous raconte comment l’Islande a remis les compteurs à zéro et cela d’une manière démocratique et pacifique. Plus de dette là-bas, que des poursuites en justice que le pays uni est en train de gagner.
La France, en pleine campagne présidentielle, est sur le point de perdre son triple A, notation dite souveraine, outil magique de mesure de succès par lequel Nicolas Sarkozy justifie toute une démarche d’austérité, y compris celle de la fortement contestée réforme des retraites.
Monsieur Cameron est, lui aussi, en mal de convaincre son électorat de l’efficacité de sa politique de redressement financier qui consiste, comme en France, à reformer, tout en le démantelant, un remarquable édifice social et européen , laborieusement élaboré par une société ébranlée par deux grandes guerres dévastatrices et une kyrielle de crises économiques plus intéressantes les unes que les autres.
Faites vos jeux ! rien ne va plus!
L’enjeu commun est de redresser l’économie pour résorber la dette nationale, rassemblant sur l’échiquier Européen les principaux leaders politiques qui chantent à l’unisson. Tout doit être mis en oeuvre pour sauvegarder cette bonne note, symbole de prospérité, respectabilité et de confiance des investisseurs. En bons élèves, les gouvernements planchent inlassablement sur une tâche que personne ne pourra corriger. Et il faudra sans doute attendre longtemps pour vraiment comprendre ce que nous sommes en train de vivre. Seuls historiens et économistes du futur auront à leur disposition toutes les données nécessaires pour établir un bilan plus réaliste de la situation présente. En fait, peu de gens , y compris Sauvequipeut, comprennent réellement ce qui se passe au sein de la finance. De nombreux économistes tirent la sonnettes d’alarme depuis très longtemps et parmi eux, Steve Keen avec son livre intitulé "The Naked Emperor of the Social Sciences (2001)" - L’empereur nu des sciences sociales-, Paul Ormerod qui écrivait dans la préface de son livre "The Death of Economics " en 1994;" les bons économistes savent pertinemment que les fondations de leur discipline sont purement inexistantes ", Emmanuel Todd, Jacques Attali et son dernier livre !"Demain, qui gouvernera le monde? " .
"Les gouvernements, par définition, n’ont pas de conscience" écrivait Camus en 1955.
Or ce qui frappe en observant l’agitation frénétique du moment, c’est une dégradation flagrante de l’intérêt désormais accordé aux problèmes humains de la planète. La situation économique semble être l’unique préoccupation de nos politiciens. Relancer la croissance est l’obsession du moment. Il semblerait même que brutalement, le marché, en monstre sacré moderne, obscure et impalpable divinité de notre nouvelle société, se serait érigé en maitre absolu avec ses grands prêtres, sa bible, ses temples et ses autels desquels de nombreux sacrifices humains et sociaux sont décidés pour apaiser les cours de la bourse et maximiser les profits des investisseurs en finance.
La toute puisssante loi des marchés
Après tout, le marché n’ aurait-il pas toujours raison? La loi du marché ne serait-elle pas incontestablement plus sure que la loi des hommes? Ne serait-il pas prouvé et enseigné dans toutes les universités les plus prestigieuses de la planète et cela en partie grâce a Milton Friedman qu’ intervenir et contrôler le marché est soit hérétique, soit communiste (politiquement incorrecte)? L’histoire du capitalisme ne démontre-t-elle pas que le marché s’auto régule en toute harmonie? Nouvel obscurantisme ou révolution cybernautique?
Les Frankensteins de la finance
Le journaliste-écrivain Robert Harris de la BBC et du Sunday Times met l’accent sur un glissement idéologique alarmant dans un récent article. Harris fait le constat d’une société en proie d’un mal de vivre lié à un matérialisme endémique et qui a fait des choix regrettables la condamnant ainsi à vivre sous l’emprise d’un monstre que personne ne peut plus contrôler, une sorte de Frankenstein.
Si on en croit le journaliste qui vient aussi de publier un roman de politique fiction, soucieux de ne plus commettre les erreurs des années trente alors que nous étions sensés vivre une époque de paix et de prospérité sans précédent, ayant crée des institutions et organismes mondiaux régulateurs et de contrôle (La Banque Mondiale, Le FMI, le G20), la révolution de l’informatique aurait profondément transformé notre monde et serait peut être à la source du fléau qui nous frappe.
Il était une fois le Texas et Desertron
Selon lui, comme dans un roman, tout commence par une décision politique mineure prise en 1993. Ce qui aurait dû être un projet scientifique gigantesque, capable de propulser l’humanité dans sa prochaine révolution, fut abandonné du jour au lendemain, laissant toute une communauté de scientifiques pointus sur le carreau.
S’il avait vu le jour. le dit projet "desertron" aurait détroné CERN et le LEP (Large Positron collider ou Grand Collisionneur Electrons-Postons) avec un tunnel de 85 kilomètres, deux fois plus grand que celui de CERN .
Or le coût du projet se serait élevé à 10 milliards US dollars, coût jugé excessif par le congrès qui décida d’avaler la facture des 2 milliards déjà investit dans l’affaire et d’oublier la sciences et la recherche. Pour toute une génération de physiciens, mathématiciens et scientifiques chercheurs, cette décision mis fin à leur rêve de faire progresser la connaissance et la sciences mais plus immédiat leur projet de carrière. Qu’allaient-ils faire ? Comment allaient-ils se reconvertir? Wall Street et Merrill Lynch offrirent à cette armée de scientifiques capables de manipuler des particules subatomiques d’une dangerosité inconcevable l’opportunité de transférer leur excellence universitaire de recherche dans la création d’outils financiers tout aussi osés et risqués. Produits qui comme l’histoire nous l’a déjà démontré, personne dans le monde des autorités de contrôle financier en place n’était en mesure ni de comprendre ni de dompter. Quand finalement, ce que Warren Buffet décrivait comme les "armes financières de destruction massive " explosèrent en 2008, le congrès qui avait cru bien faire en économisant 10 milliards de dollars en fermant le centre de recherche Desertron, fut obligé d’injecter 3,7 billions de dollars provenant des caisses de l’Etat dans un plan de sauvetage de la finance américaine.
A suivre…..