Archives de Catégorie: Cours

Résolutions !

En apprenant bien mes leçons,

En m’appliquant à mes devoirs,

Je sortirai des grand ‘s écoles,

Les poches pleines de diplômes,

Cheville enflée, tête farcie.

Serai-je un homme pour autant ?

Je n’aurai pas les souvenirs,

D’une sœur Anne en mironton,

D’oiseau de feu et d’oiseau lyre,

De neiges sur la tour prend garde,

Des saltimbanques de l’été

Les yeux brûlés par les étoiles

Des feux follets sur mille plages

Encore ouvertes à mes rêves.

Guy Morelle, poète et éternel.

Bio et diversité, un mensonge édifiant!

Comment nourrit-on les gens de nos jours?Y a-t-il une alternative à la production intensive actuelle soumise aux impératifs chimiques des pesticides et autres insecticides ?

Sachant que la France importe plus de 60 % des fruits et légumes biologiques qu’elle consomme, d’où vient la nourriture que nous consommons ?

Le bio, un filon juteux pour "a quick buck" et l’Europe ne fait rien!

"Comme si les fraudes n’existaient pas, la réglementation européenne autorise désormais toutes les dérives" révèle Jérôme Canard dans le Canard Enchaîné du 22 août 2012. . En décembre, la police italienne a démantelé un énorme trafic de faux produits bio. Les margoulins, soupçonnés d’être liés à la mafia, avaient trouvé la combine: acheter en Roumanie des céréales et des fruits secs bon marché, transformés en produits bio grâce à de faux documents, et revendus quatre fois plus cher à des grossistes qui n’y voyaient que du feu. Neuf pays européens, dont la France, ont profité de ces marchandises pleines de pesticides, dûment étiquetées « bio ».
Depuis cinq ans que durait le trafic, des milliers de tonnes de faux produits bio auraient ainsi été écoulées pour un paquet d’oseille, au moins 220 millions d’euros. Parmi les fraudeurs, cinq dirigeants italiens d’entreprises agroalimentaires et ça ne s’invente pas – deux responsables d’organismes de certification censés contrôler la filière bio… Question : quelles quantités de céréales, pâtes alimentaires, farine de froment, raisins secs ou huile de tournesol faussement bio les consommateurs français ont-ils ingurgitées ? Huit mois après ce joli coup de filet, on n’en sait que pouic. Comme d’habitude, la Répression des fraudes, dont la mission est de traquer les tricheurs, est dans les choux. Incapable d’apporter la queue d’une précision. Au ministère de l’Agriculture, on parle de 7 000 tonnes importées en deux ans.

Mais, qu’on ne s’y trompe pas, la vraie menace qui pèse sur le bio, ce n’est pas la fraude mais une entourloupe parfaitement légale, et même encouragée par l’Europe : le bio « industriel ». Un oxymore inventé par de puissantes coopératives agricoles liées aux géants de l’agroalimentaire.

Une nouvelle réglementation, pondue par Bruxelles, a rendu possible cette dérive. Quand vous achetez votre poulet bio, vous n’imaginez pas un instant qu’il ait pu être élevé dans un poulailler de 25 600 places. C’est pourtant ce qu’autorise, depuis 2009, le logo « AB » revu par la Commission européenne. Et, du côté des pondeuses bio, il n’existe aucune limite de taille pour les ateliers.

Privilège du bio, les poulets profitent toutefois, dès leur âge adulte, d’un parcours extérieur où ils peuvent s’ébattre en journée sur… 40 cm2 chacun. Mais la promiscuité leur tape sur les nerfs, et ils sont souvent « ébecqués » pour ne pas s’étriper. Enfin, le poulet bio a désormais droit, une fois par an, à des antibiotiques et, sans aucune limite, aux traitements antiparasitaires.

La loi des marchés est-elle applicable aux denrées alimentaires ? Peut-on donc vraiment faire confiance aux plans de prévention et de contrôle européens mis en place afin de  protéger  les consommateurs contre les méfaits des OGM, les abus de pesticides et autres produits chimiques toxiques utilisés dans l’agricultures, les mal pratiques en tout genres, ainsi que l’industrie de la contrefaçon du médicament et maintenant du bio ?

 Poulet ou pigeon ? 

Jérôme Canard nous précise qu’autrefois, la réglementation imposait qu’au moins 40 % du menu des volailles soit cultivé dans la ferme. Aujourd’hui, l’éleveur bio n’a plus à se décarcasser pour faire pousser lui-même blé ou maïs : il peut acheter toute la pitance à l’extérieur. Exit, le sacro-saint « lien au sol »qui garantissait la traçabilité et une transparence sur le contenu de la gamelle.

Tout cela permet de faire du poulet bio en système « intégré », pour le plus grand bonheur des monstres coopératifs qui ont investi le créneau. Comme Terrena (4 milliards de chiffre d’affaires annuel) ou Maïsadour (1,2 milliard), filiale du géant suisse de l’agrochimie Syngenta. Simple exécutant,l’éleveur bio se contente d’engraisser en quatre-vingt-un jours des volailles qui ne lui appartiennent pas, nourries avec des aliments fournis par la coopérative. Comme son cousin industriel, le poulet estampillé « AB » se goinfre désormais de soja importé, certes bio, mais qui peut contenir jusqu’à 0,9 % d’OGM sans perdre son label. Un aliment hypercalorique moins cher que le maïs ou le blé. Sauf qu’en s’approvisionnant à bas coût sur les marchés internationaux on n’y voit pas toujours plus clair sur la qualité du produit. Il y a quatre ans, Terrena s’est fait refourguer par les Chinois 300 tonnes de tourteaux de soja bio contaminé à la mélamine…

La florissante industrie de l’agroalimentaire biologique (Le Monde Diplomatique)

"Des poulets élevés en batterie, des tomates en toute saison, des vergers où l’on exploite des ouvrières immigrées… Oui, mais « bio »! Ou comment un mouvement lancé par des militants soucieux de défendre la petite paysannerie tout en rejetant les logiques productivistes risque de s’échouer sur les têtes de gondole des supermarchés." (Philippe Baqué, février 2011)

En effet, pour approvisionner la grande distribution et la restauration collective,  les puissantes coopératives agricoles, liées aux grandes firmes de l’industrie agroalimentaire, se livrent désormais une concurrence farouche dans l’élevage de ces poulets au-dessus de tout soupçon. Elles profitent de la nouvelle réglementation européenne qui permet à un éleveur de produire jusqu’à soixante-quinze mille poulets de chair bio à l’année et ne limite pas la taille des élevages de poules pondeuses bio.

Le Bio ! oui, mais depuis quand? 

La notion d’agriculture biologique est née et s’est répandue en Europe en réaction à l’agriculture chimique et productiviste qui s’est généralisée après la seconde guerre mondiale. Au début des années 1960, un réseau de petits paysans producteurs de bio et de consommateurs crée Nature et Progrès. L’association attire une grande partie des populations urbaines qui décident, par conviction, de retourner à la terre et tisse des liens avec les différents mouvements écologiques et politiques, comme la mouvance antinucléaire et le syndicat Paysans-travailleurs dans les années 1970, puis la Confédération paysanne et les anti-OGM (organismes génétiquement modifiés) à partir des années 1990. Ce faisant, Nature et Progrès a intégré dans sa charte un certain nombre de principes : refus des produits de synthèse, traitements naturels, diversification et rotation des cultures, autonomie des exploitations, énergies renouvelables, défense de la petite paysannerie, biodiversité, semences paysannes, souveraineté alimentaire… Pour redonner du sens à la consommation et recréer des liens sociaux, la vente des produits biologiques est assurée par des marchés locaux, foires et groupements d’achat qui donneront naissance au réseau des Biocoop. La charte de Nature et Progrès a inspiré celle de la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique (Ifoam), adoptée en 1972, qui associait aux critères agronomiques des objectifs écologiques, sociaux et humanistes.

La France importe plus de 60 % des fruits et légumes biologiques qu’elle consomme. ProNatura est le leader français de leur commercialisation dans les boutiques spécialisées et les supermarchés. En moins de dix ans, cette entreprise du sud-est de la France a multiplié son chiffre d’affaires par dix et absorbé quatre autres sociétés. Un quart de ses produits proviennent de France, mais le reste est importé d’Espagne (18 %), du Maroc (13 %), d’Italie (10 %) et d’une quarantaine d’autres pays. ProNatura est la première société à avoir commercialisé des fruits et légumes bio hors saison. Cela n’empêche pas son fondateur, M. Henri de Pazzis, de prôner le respect de la terre, de l’environnement, du paysan et du consommateur. Mais la loi dictée par les sociétés de la grande distribution est bien éloignée de ces principes.« Elles adoptent pour le bio les mêmes mécanismes d’achat destructeurs que pour le conventionnel, explique M. de Pazzis. Elles encouragent la concurrence de façon agressive. Certains de nos produits sont déréférencés car d’autres fournisseurs proposent des prix très inférieurs aux nôtres. » Dans cette guerre des prix, à laquelle ProNatura et les autres sociétés d’import-export ont choisi de participer, le social et le respect de l’environnement.

Biodiversité et traditions en péril car trop peu rentables! 

« Il existe des lois et des normes qui répriment le droit ancestral de reproduire les semences et qui nous empêchent de certifier ces variétés anciennes que nous avons sauvegardées. »

Bien loin de ces dérives de la bio industrielle, la petite coopérative agricole de La Verde, dans la sierra andalouse de Cadix, a été créée dans les années 1980 par des journaliers membres du SOC qui ont mené à la fin du franquisme des luttes sans concession pour obtenir des terres. Six familles y cultivent des légumes, des arbres fruitiers et élèvent quelques vaches et moutons sur quatorze hectares. Elles commercialisent toute leur production en Andalousie par le biais d’une autre coopérative, Pueblos Blancos, qui regroupe vingt-deux petits agriculteurs ou coopératives bio. « Nous avons été parmi les premiers à nous lancer dans l’agriculture biologique, explique M. Manolo Zapata.Elle était en accord avec l’agriculture de nos grands- et arrière-grands-parents et allait dans le sens de notre lutte. Si l’agriculture biologique ne sert pas à rétablir l’équité, la justice, l’autonomie, l’autosuffisance et la souveraineté alimentaire, elle n’a aucun sens. Et les certificateurs ne nous aident pas. Un agriculteur qui diversifie ses cultures et cultive plusieurs variétés sera plus lourdement taxé que celui qui ne fait que de la monoculture intensive. »

La réglementation européenne de l’agriculture biologique impose en effet d’utiliser des semences certifiées bio. Si elles n’existent pas, il faut recourir aux semences conventionnelles du marché. « Pour le moment, tout se passe à la limite de la légalité, mais si demain la vente de nos produits est interdite, on va nous obliger à cultiver avec des semences bio vendues par Monsanto.

SQP ayant épluché une petite partie de la presse est heureux de vous annoncer que, bien que le sujet soit énorme à digérer et que tout ne soit certes pas rose (le Canard Enchainé, Mediapart, Le Monde), il y a de l’espoir (Arte et le film de Marie-Monique Robin intitulée « Les moissons du futur » diffusé en octobre 2012, le blog Cdurable.info). Qu’ils soient journalistes spécialisés, exploitants agricoles, chercheurs, ils ont vu pour la plupart la lumière au bout du tunnel.

L’agro alimentaire prend le maquis !

Résistances au bio-business

En Colombie, en Bolivie, au Brésil, en Inde, en Italie, en France, des exemples comme celui-ci se multiplient… La résistance au bio-business s’organise sur toute la planète. De plus en plus de paysans, de communautés rurales et de petites coopératives de producteurs défendent une agriculture paysanne et des modes de culture agro-écologiques qui privilégient des exploitations à taille humaine respectueuses de la biodiversité et de la souveraineté alimentaire. Beaucoup refusent les certifications et pratiquent les systèmes participatifs de garantie fondés sur une relation d’échange et de confiance entre producteurs et consommateurs. Des réseaux de défense des semences paysannes se développent pour imposer le droit des paysans à produire et à commercialiser leurs propres semences.

En France, les Associations pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP), qui mettent directement en relation producteurs et consommateurs sans passer par le marché, connaissent un tel engouement que la demande ne parvient pas à être satisfaite. L’association Terre de liens collecte avec succès des fonds solidaires pour permettre l’installation de jeunes agriculteurs en bio. Pour se démarquer de la réglementation européenne, la Fédération nationale d’agriculture biologique (FNAB) a créé une nouvelle marque : Bio Cohérence. Elle viendra en complément de la certification officielle en exigeant le respect d’un cahier des charges beaucoup plus rigoureux et l’adhésion à des principes inspirés de ceux adoptés par l’Ifoam en 1972. A l’écart de la réglementation, Nature et Progrès défend son cahier des charges garant d’une agriculture biologique paysanne.

L’intégration ou non des valeurs sociales et écologiques au sein des préoccupations des producteurs, des transformateurs et des consommateurs de la bio déterminera son avenir. Deviendra-t-elle un simple pan du marché soumis aux seuls intérêts du libéralisme économique ? Ou sera-t-elle encore porteuse d’une alternative à ce libéralisme ?

Selon un consensus scientifique, l’agroécologie serait bien plus en mesure de nourrir le monde et de répondre au défi du changement climatique que l’agriculture industrielle, qui semble avoir échoué sur ces deux fronts. D’ailleurs, près d’un milliard de personnes souffrent encore et toujours de la faim, malgré les énormes moyens déployés depuis plus de cinquante ans pour promouvoir le "super" modèle agrochimique. N’est-il pas étonnant que notre révolution technologique ait davantage favorisé le partage de l’information et de la propagande que celui de la nourriture et de l’eau?

Quelques faits édifiants

  • 925 millions : c’est le nombre de personnes sous-alimentées aujourd’hui dans le monde. Les trois quarts des personnes qui ne mangent pas à leur faim sont des agriculteurs et leurs familles.
  • En 2008, des émeutes de la faim ont éclaté aux quatre coins de la planète ; pourtant, la production était 50% supérieure aux besoins : la pénurie a été artificiellement créée par les intermédiaires et les spéculateurs.

Notre  qualité de vie et nos chances de survie sur cette planète sont remise en question en partie en conséquence de notre cupidité et manque de respect de notre environnement .

Si l’agriculture industrielle participe largement au réchauffement climatique, c’est notamment parce que ses adeptes utilisent des engrais et pesticides chimiques, fabriqués avec des énergies fossiles (gaz et pétrole), ainsi que des techniques qui consomment énormément d’énergie (mécanisation, irrigation, transports d’intrants, etc). Il est donc urgent de changer de cap !

Les 5 nouvelles plaies de l’agriculture

  • La dégradation des sols par l’agriculture productiviste. Au moins un tiers des terres agricoles mondiales, trop travaillées, sont exposées à une érosion prématurée, notamment par le ruissellement des eaux de pluie.
  • L’étalement urbain, qui réduit les terrains agricoles. Ces deux facteurs confondus – envahissement par les constructions, et pertes de fertilité – soustraient chaque année 8 à 9 millions d’hectares à l’agriculture mondiale.
  • L’augmentation du nombre d’événements catastrophiques, dont 90% sont d’origine directement climatique (canicules, inondations, tempêtes) : les mauvaises récoltes se multiplient.
  • L’élévation des températures moyennes et des périodes pluviométriques inhabituelles. On estime qu’entre 2000 et 2020, les terres arides ou semi-arides couvriront 60 à 90 millions d’hectares supplémentaires en Afrique subsaharienne.
  • Le niveau des océans va monter d’environ un mètre au cours du XXie siècle, gagnant directement des terres cultivables, mais aussi de grandes métropoles côtières dont une partie des habitants devront émigrer, avec d’incalculables conséquences en chaîne.
  • La soi-disant "révolution verte"…La voici bien mal nommée, car elle s’est caractérisée par la systématisation de solutions anti-écologiques : l’usage généralisé des engrais chimiques et des pesticides, la réduction de la diversité végétale au profit de variétés à hauts rendements, et le recours à l’irrigation qui tarit les ressources en eau.

et ses conséquences

  • L’utilisation d’intrants chimiques à base d’hydrocarbures rend l’agriculture industrielle responsable de 14 % des émissions globales de gaz à effet de serre. 70 % : c’est la part que prend pour l’instant l’agriculture dans les emplois humains de l’eau douce. pour nourrir une population plus importante, si on ne modifie pas les pratiques agricoles, le volume d’eau nécessaire devra augmenter de 70 % à 90 % d’ici à 2050, alors que les réserves sont déjà surexploitées…
  • Le lessivage des engrais par ruissellement est à la source de 69% des cas de pollution de l’eau relevés en France. Parmi les « externalités négatives » de l’agriculture industrielle, il faut également compter ses effets sur la santé des agriculteurs et des consommateurs. en 2008, à la demande du parlement européen, le rapport Bainley évaluait à 26 milliards d’euros par an les dépenses liées aux seuls cancers professionnels provoqués par les pesticides.

Tout cela sans parlé de la sur pêche qui met en danger non seulement les pays les plus pauvres de notre planète mais l’humanité en général

 

  •  … Des solutions ?

    La voie de l’agro écologie

    À l’inverse des idées reçues, l’agriculture industrielle ne produit que 30 % de l’alimentation mondiale. Moins soucieuse de ses ressources, et moins intensive en main d’œuvre, elle est en fait moins productive que l’agriculture familiale. on calcule en effet qu’elle obtient en moyenne 3 kilo-calories par kilo-calorie d’énergie investie, alors que ce rapport peut être dix fois supérieur dans de petites exploitations.

    C’est également le lobbying agricole industriel, lié aux producteurs d’intrants chimiques, qui propage l’idée qu’un passage à l’agriculture biologique aurait des effets catastrophiques. pourtant, la plupart des études scientifiques démontrent le contraire. en étudiant à l’échelle mondiale plusieurs centaines d’exploitations passées aux standards de l’agriculture durable, le chercheur anglais Jules pretty a trouvé en 2006 une progression moyenne de plus de 60% des productions à l’hectare.

    Les circuits courts

    En allongeant les chaînes de transformation et de distribution, en poussant à des achats inconsidérés, en appliquant aux produits agricoles des normes esthétiques, la dite « société de consommation » se caractérise par d’énormes gaspillages : 40 % des produits alimentaires disponibles dans les pays développés sont dilapidés.

    On parle de « circuits courts » pour caractériser des filières de distribution où un seul intermédiaire au maximum intervient entre producteur et consommateur : davantage de proximité spatiale et humaine, c’est plus de confiance dans le produit, et plus de conscience de sa valeur.

    Qui vivra verra ! Et pour vivre, il faut manger et boire. D’importantes décisions sont à prendre que tous et toutes pouvons influencer. Citoyens, à vous d’agir!

Elections américaines et conflits culturels: La dernière bourde linguistique présidentielle est-elle excusable?

Condescendance ou incompétence? Les faux-pas se suivent mais ne se ressemblent pas.

Suite à la ré-élection du Président Obama, la France a envoyé, comme le veut la bienséance,  un courrier de félicitations que Monsieur Hollande et son administration se sont empressés de rendre public, comme le veut la coutume.  Monsieur Sarkozy en avait fait de même lors de son arrivée à la Maison Blanche en 2007.

Tout ceci aurait été  parfaitement banal et passé sous silence si ce n’est que personne dans l’équipe des deux présidents n’ a pris le soin de consulter un anglophone pour s’assurer de la correction des formules de politesses de fin de lettres , formules si chères aux Français et si épineuses  à enseigner en FLE.

Ce nouveau faux-pas serait-il un simple manque d’application,de laxisme ou d’une volonté publique d’être différent des autres,  conforme à notre exception française? 

Il serait intéressant de se demander comment ce manque de protocole pourrait être interprété  par un Américain.

Depuis les années 80, l’enseignement des langues étrangères au Royaume-Uni a donné à la culture une place omniprésente.  On ne parle plus d’une langue comme simple outil de communication à la disposition de l’humain qui, tel un robot aurait mémorisé des milliers de mots et des centaines de règles de grammaire. On essaie désormais d’enseigner qu’une langue a aussi des codes sociaux présents à une multitude de niveaux dans  l’exercice de la communication orale et écrite  Certains sont visibles d’autres le sont moins. Or sans cette connaissance profonde du fonctionnement d’une langue, la communication risque d’être affectée, voire contre productive.   De tels codes sociaux ont été brillamment exploré par Barthes, Bourdieu, Todorov et d’autres penseurs, grands précurseurs de cette prise de conscience post-moderne d’une  dimension immensément sociale de la  communication.

Dorénavant , écoliers  collégiens, lycéens et étudiants  apprennent à maîtriser des leur plus tendre age, en autres des formules de politesse qui font partie intégrale d’un usage social de la langue, l’utilisation correcte du tutoiement et du vouvoiement, les différent registres de la langue, l’art de la conversation à la française etc.. . Evidemment, il semblerait que tout cela ait échappé à nos deux jeunes chef d’État.  Y-aurait-il donc au sein du pouvoir une règle invisible mais omniprésente qui permette à l’élite de jouir de libertés exceptionnelles, passe-droits républicains?

Ci-dessous les lettres de félicitation de nos deux présidents du vingt et unième siècle à leur homologue américain  Il est vraiment surprenant  qu’à l’ époque de l’utilisation des dictionnaires en ligne et de l’Internet, de telles erreurs aient pu être commises. Après tout,  quelques minutes de recherche sur Google révèlent une centaine de sites  à la disposition de l’internaute curieux et avide de ne pas se tromper.

Seriez-vous en mesure dans un premier temps d’ identifier l’erreur? 

La lettre intégrale de François Hollande :

La lettre intégrale de Nicolas Sarkozy :

Comme nous l’apprend Le Midi Libre : "C’est la formule de politesse, "Friendly, François Hollande", qui a tant amusé. Car ce "friendly", traduction un peu hâtive et littérale de l’"amicalement" français, est tout simplement impropre dans ce contexte, où il signifie "Sympathique, François Hollande".

Ah Ah Ah, la France ne rigole plus ! Parler français est donc devenu un crime.

Comment nos nouveaux amis chinois et nos cousins américains perçoivent le coq français depuis que la France de Sarkozy a perdu son triple A?

Conséquence  de la sanction impitoyable à la gestion du président,  le pays  est soudainement descendu géographiquement, se rapprochant du sud. Des erreurs de cartographie étaient inévitables.

Désormais, parler français peut nuire à votre santé électorale.

Vous parlez français, vous devez être socialiste ou pire –  communiste. Voici ce que les Américains en pleine campagne électorale pensent de la France.  Le pauvre Mitt Romney en a fait les frais. Il a été accusé de parler la langue de Molière, ce qui serait un crime idéologique passible de la peine de mort électorale dans ce pays qui ne voit pas d’un bon œil un politicien qui fricote avec l’ennemi.

Depuis la condamnation de la guerre d’Irak par la France, l’oncle Sam la voit en rouge. Tout est prétexte pour lui mettre des bâtons dans les roues. Des frites, rebaptisés liberty fries au lieu de French fries au Roquefort boycotté,  ses produits et idées sont passés au peigne fin. L’arrivée de Obama au pouvoir semblait avoir  amélioré les relations diplomatiques entre les deux pays or ce n’était probablement qu’une illusion. Rien ne peut sans doute rapprocher deux pays si foncièrement différents.

La prochaine étape consistera-t-elle à interdire l’utilisation des mots d’origine française utilisés dans le pays ?

Rappelez-vous du  marquis de Lafayette!

Auriez-vous oublié, amis américains,  que sans la France, son esprit révolutionnaire, son idéologie dite "socialiste" et ses valeurs républicaines, vous seriez toujours sous la souveraineté Britannique,  aux ordres de Londres et de M. Cameron.

Astérix chez les Ricains

Ci-dessous, la France telle qu’elle serait vue par des Américains cultivés

Maintenant vue par des Américains incultes

Quand à CNN, voici la carte que la chaîne de télé  montrerait à ses téléspectateurs pour les informer. Nous comprenons mieux pourquoi que nos cousins américains se méfient tant de nous. Ils ont oublié que la carte du monde avait changé depuis la fin de l"Empire.

Tintin au Tibet

Nos amis Chinois sont plus respectueux et espèrent investir à tour de bras en dépit de la loi Toubin comme le montre cette carte. Après tout, l’Afrique et la France sont voisines…

Dinner for one: un sketch anglais qui ne fait pas rire les Anglais. Pourquoi?

L’humour a ses frontières comme le démontre l’effet de ce sketch  sur un public international. Les Allemands le savourent en famille et entre amis tous les 31 décembre, les Français le pensent très drôle aussi tandis que les Anglais le trouvent d’un ennui mortel.

Woody Allen, Benny Hill, Charly Chaplin, les Marx Brothers, les Monthy Pithon, Peter Sellers, Laurel et Hardy seraient-ils devenus ringards dans leurs pays d’origines ? quel triste idée !

Une version  allemande parodiée fait le buzz sur l’internet allemand

Amis francophiles que pensez-vous donc de ce sketch qui fait beaucoup rire les Français? Le lien vous amènera sur une page pédagogique.

Qu’en pensez-vous donc? Ringard ou pas? 

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Un grand moment dans l’histoire de l’humour français, ne pensez-vous pas?

Les tribulations d’un autre groupe peu aimé en France: Les Hugenots

En pleine campagne électorale et alors que  l’immigration et la religion sont au cœur des débats politiques en France, Jenny, notre historienne, se penche sur l’affaire des Huguenots et rafraichit notre mémoires sur leurs tribulations. La discrimination basée  sur la peur d’une religion émergente n’est pas un fait historique récent. Plus cela change, plus c’est la même chose.

Pour comprendre un peu plus le contexte historique et politique de cette époque, Jenny se pose ces trois questions fondamentales. : Qui étaient-ces Huguenots,  pourquoi ont-ils quitté la France  et  Comment  ont-ils  contribué à l’économie et la vie culturelle anglaise?

1 : Qui était les Huguenots ?

Le terme Huguenot est l’ancien nom donné aux protestants français  pendant les guerres de religion au seizième siècle.

Pendant ce  siècle plusieurs penseurs  auraient souhaité que l’église catholique  change et se réforme.  Quand il est devenu évident qu’il serait impossible de réformer l’église de l’intérieur, il y a eu une rupture définitive suivie de l’émergence du protestantisme. Luther fut le père de la réforme en Allemagne tandis qu’en France c’était Jean Calvin qui fut à l’ origine de l’église protestante.  La bourgeoisie, essentiellement constituée de marchands  et certains nobles éclairés étaient attiré par cette religion reformée – peut être parce qu’elle donnait plus d’importance à individuel que le catholicisme.

2. Pourquoi ont-ils quitté la France ?

Ce schisme est suivi par plusieurs années de guerres de religion et de massacres,  commençant en 1562 en Champagne.

Ci-dessous le massacre de la Saint Barthélemy du 24 août 1572. Au total, le nombre de morts est estimé à 3 000 à Paris, et de 5 000 à 10 000 dans toute la France, voire 30 000

Le massacre de la St Barthélémy à Paris le 24 août 1572

En 1598 Henri IV signe L’Edit de Nantes – Henri était  lui-même protestant mais avait été contraint d’abjurer sa religion pour devenir roi.

L ‘Edit de Nantes  donnait aux protestants la liberté de conscience et l’égalité civile. Ils pouvaient désormais occuper des postes publics – les anciens temples leur sont restitués et ils sont autorisés à en construire de nouveaux.

L ‘Edit de Nantes  marque ainsi la fin des guerres de religion mais n’a  en réalité jamais été entièrement respecté.

Les pouvoirs publics craignaient que le protestantisme crée un état dans un état.

 Le retour à l’épuration religieuse sous Louis XIII et Richelieu

L’Edit de Nantes est donc en parti aboli par Richelieu sous Louis XIII.

Pendant son règne la machine de l’épuration repart,   notamment à La Rochelle où, après un long siège,  19 000 Protestants perdent la vie, décimés par la famine.

C’est durant le règne de Louis X IV que L’Edit de Nantes est définitivement révoqué avec des conséquences fâcheuses. C’est à cette époque que les protestants doivent impérativement cesser de pratiquer leur religion et de se convertir au catholicisme sous peine de représailles. On appelait cela des Dragonnades.

Les pasteurs ont alors  24 heures pour quitter leur pays et les temples sont détruits. De nombreux Huguenots  choisissent  ainsi de fuir la France pour se rendre dans des pays protestants comme les Pays-Bas, l’Angleterre, les Etats-Unis, la Russie et l’Afrique du Sud (où ils ont emmené leurs techniques de viticulture).

Il faut savoir qu’à l’époque, en France l’émigration vers un autre pays était strictement interdite – alors les Huguenots  prennent des risques  énormes en quittant leur pays. Leur fortune peut-être confisquée et la famille qui reste dans le pays risque d’  être persécutée. Une pratique reprise, il n’y a pas si longtemps par l’administration de certains pays notamment par  le KGB  de l’ex URSS et la STASI de l’Allemagne de l’Est pour n’en citer que deux.

Ceux qui décident de  rester en France pour diverses raisons  se  convertissent ou  continent de pratiquer leur religion clandestinement.

3. Comment  ont-ils  contribué à l’économie et la vie culturelle anglaise ?

Après cet exode massif, la France avait perdu ses meilleurs artisans et marchands. En revanche, les pays où ils avaient pris refuge ont profité au maximum de leurs talents et l’effet sur l’économie française a été désastreux. En effet, les Huguenots représentaient environ 15% de la population française.

On estime qu’environ 250 000 Huguenots ont quitté leur pays et qu’approximativement  40 000 et 50 000 sont venus en Grande Bretagne. Au moins la moitié des  ces réfugiés de l’intolérance religieuse, soit  entre 20 000 et  25 000 se sont installés à Londres où ils pouvaient trouver des emplois, grâce à des amis et des parents.

On comptait en 1700 environ  500 000 habitants dans la capitale.

Londres était le seul endroit en Grande Bretagne ou les étrangers pouvaient vivre sans être trop remarqué et où ils allaient retrouver des compatriotes et des lieux de cultes car il y avait même 2 églises françaises.

Les étrangers ont toujours joué un rôle important dans l’histoire de Londres.  Les nombreux commerces de luxe qui  s’y trouvaient comme les bijoutiers, les tailleurs, les perruquiers, les métiers de la couture attirent  les Huguenots, eux-mêmes spécialisés dans ces corps de métiers.

En dépit de leur tradition historique à accueillir les étrangers venant du monde entier,  les Londoniens se montrent assez hostiles envers ces nouveaux arrivants Huguenots – en parti parce que  les Français étaient leurs ennemis traditionnels.

Un accueil bien ambivalent taché d’hostilité !

La population de Londres étant pour la plupart protestante et anticatholique, elle est en devoir de se montrer solidaire de ses  frères protestants en les aidant à s’installer.

Paradoxalement, les Londoniens qui s’étaient, dans un premier temps, avérés accueillants se montrent aussi  hostiles à l’égard de leurs frères protestants.

Alors soutien et hostilité caractérise l’accueil que reçoivent les Huguenots à leur arrivée dans la capitale. Par exemple l’Evêque de Londres  organise une collecte pour les aider mais en même temps  les Londoniens  protestent  et manifestent contre les tisserands français, ayant peur pour leurs emplois. Une véritable histoire de plombier Polonais du seizième siècle !

Leurs compétences et savoir faire sont à la fois  appréciés et recherchés par les employeurs mais leur manière de  s’habiller, leur mode de vie et leur nourriture font l’objet de moquerie chez les  Londoniens. Néanmoins dans l’ensemble ils sont acceptés et l’antagonisme est minime surtout quant on considère qu’il y était  au moins 20 000 sur une population de 500 000.

Un apport économique et culturel

Leurs contributions à  la vie économique  est énorme – ils ont des contacts financiers en Europe et encore plus intéressant, certains d’entre eux ont  beaucoup d’argent à investir. Les négociants Huguenots ont un très bon carnet d’adresses. En réalité, leurs nombreuses  relations u dans le commerce,   la viticulture et  la soie contribuent à  ouvrir les portes pour le commerce anglais. Ils contribuent aussi à établir des sociétés d’assurances en apportant des fonds monétaires. On comprend un peu mieux comment la city de Londres est devenue un des marchés financiers les plus forts du monde.

En résumé, les Huguenots étaient des artisans doués qui  travaillaient  tous  les métaux précieux, ainsi que le fer,  la verrerie et la soie. Ci-dessous le carrosse d’Etat "The  State Coach of the Speaker of the House of Commons", le travail exceptionnel de Daniel Marot en 1698, fabriqué pour le roi Guillaume III et que vous aurez vu lors du mariage du Prince Charles et de Lady Di.

Ils ont laissé leur marque sur le quartier de Spitalfields à Londres où ils ont apportés leurs techniques  d’excellence  comme tisserands et ont crée des tissues de soie extraordinaire. On peut voir aujourd’hui les maisons sur Fournier Street où ils travaillaient et les églises où ils  priaient.

 

 

Il existe toujours à Spitalfields une église bâtie par les Huguenots en 1742 qui est aujourd’hui une mosquée – alors qu’au commencement du vingtième  siècle c’était une synagogue. Pour moi ce lieu de culte est  un symbole de ce quartier qui a accueilli des réfugiés et des immigrants pendant des centaines d’années.

Je crois fermement  que les Huguenots  ont contribué à notre économie et à la richesse de notre culture anglaise et que notre pays a profité pleinement  de leurs multiples  talents.

C’est dommage que la France, une fois de plus, par son manque traditionnel de tolérance et d’ouverture d’esprit  ait cruellement  souffert d’une perte de talent irremplaçable en chassant et persécutant un groupe social si riche et talentueux.

La France est-elle sur le point de commettre la même erreur en décourageant le monde musulman à pratiquer comme il l’entend sa religion dans l’hexagone?

A suivre….

La gastronomie française se porte bien en France et à l’étranger

La cuisine française est considérée comme l’une des plus importantes dans le monde. Mais n’est-elle pas en train de se ringardiser?

Gill  nous fait un petit historique de l’évolution de la cuisine en France. Elle nous explique comment nous sommes passés d’une cuisine basique et sans intérêt à une obsession nationale qui porte ses fruits dans son histoire politique.

Peut-on parler vraiment d’une démocratisation de la gastronomie ? 

Des racines ou des ailes?

Jusqu’au douzième siècle, la nourriture quotidienne de l’homme était répétitive et on servait pour le repas de la viande et des légumes cuits.

Les légumes à racines comestibles étaient réservées à la consommation populaire et les légumes et fruits de surface, plus « aériens », donc plus proche du soleil, étaient réservés pour les élites!

Toutes les couches sociales respectaient les règles de l’Eglise et s’abstenaient de consommer de la viande trois jours par semaine.  Hors saison, la plupart  était séchée, ou conservés avec du sel ou du miel.

A table tous le monde !

La cuisine nationale a commencé à se former au Moyen Age grâce à l’influence des chefs de cuisine très compétents et pendant les différents mouvements sociaux et politiques qui ont bouleversé l’histoire du pays.  Désormais, manger en public constitue la marque du pouvoir.  C’est seulement au cours de somptueux banquets servi à l’Aristocratie que les plats les plus élaborés se sont développés.  En revanche, à l’époque tous les plats étaient servis à table en même temps; la viande et le poisson sur un grand plat, avec des sauces lourdes, accompagnées de gâteaux. On les découpait en morceaux avec un couteau et on les mangeait avec les doigts.

Chaque deux ans, le village de Mecquignies  et Madame Toilliez organisent une fête médiévale au cours de laquelle un banquet médiéval est servi.

Le cuisinier le plus important dans cette période était Guillaume Tirel" Guillaume Tirel qui a servi dans les cuisines royales au cours du quatorzième siècle ,  sous le règne du roi Charles VI de France.

Il est l’auteur du fameux Viandier considéré comme le plus ancien livre de recettes françaises.  (voir recette)

Des pâtes, des pâtes … oui mais des Panzani (bis) !

En 1533, à l’âge de quatorze ans, Catherine de Médicis, épouse  Henri d’Orléans, le futur roi de France.  Issue d’une famille de banquiers à la tête de la république florentine, la nouvelle reine ramène en France des cuisiniers et des pâtissiers florentins qui vont transmettre leur savoir faire de la cuisine italienne au pays de Navarre - les pois, les artichauts, le canard à l’orange, et la Carabaccia ( une soupe à l’oignon).

Le sucre, encore utilisé beaucoup plus comme épice avec de la viande et le poisson dans le style médiéval, était réservé pour des desserts.  Ces cuisiniers italiens ont apporté leurs secrets de le pâtisserie; la frangipane, les pâtisseries sucrées, et surtout les macarons.  En 1581, à Joyeuse en Ardèche, le macaron rapporté de la cour du roi Henri III où Catherine de Médicis, mère du roi, l’y fait servir lors des noces du Duc Anne de Joyeuse. Le Macaron de Joyeuse est à base d’amandes et entièrement craquant et croustillant.

Catherine a également apporté avec elle la nouvelle présentation de table de protocole français.  Les fourchettes venues d’Italie se sont répandues et les nouvelles manières de table sont nées. LaFrances’ouvre à l’influence italienne

La cuisine française assimilait de nombreux nouveaux produits alimentaires à partir du Nouveau monde.  Avec les grandes découvertes, de nouveaux aliments: la dinde, le chocolat, le café, le thé, la pomme de  terre, la tomate, la courgette, les cuisiniers français ont amélioré et agrandie  la contribution de Florence.   Le plat régionaux, appelé “le Cassoulet de Castelnaudary”, a ses racines dans le découverte des haricots.

Au cours du dix-septième siècle, à l’époque de Louis XIV, connu pour sa gourmandise, les fondations de la haute cuisineétaient solidement établies.

De Napoléon à Sarkozy

Le père de ce changement de la ville médiévale à la ville moderne est le célèbre chef François Pierre La Varenne , le chef notable de Napoléon.   La Varenne recommande de renforcer la saveur naturelle des produits en laissant les plats fortement épicé. Cumin, gingembre, safran, muscade, cannelle, cardamome font place aux fines herbes, comme  le persil, le thym , le laurier , l’estragon, le cerfeuil et la sage qui font leur percée comme condiments.

Les cuisiniers mettent aussi tous les légumes en valeur, même les légumes à racinescomestibles (à l’inverse de ce qui s’était passé au Moyen Âge) sauf la pomme de terre, considérée en Francecomme un aliment pour bétail jusqu’en 1772.  Grâce aux travaux d’Antoine Parmentier, la Faculté de Médicine deParis a reconnu que ce tubercule était sans danger pour l’homme!

Des guildes aux associations, corporations de métiers, sociétés et confréries

A cette époque, Paris était le haut lieu de l’activité économique, et les artisans culinaires s’y retrouvaient sur les marchés à Paris, comme les Halles,  qui étaient très importantes pour la distribution de la nourriture.  Mais à Paris, les “guildes” ou associations étaient contrôlées par l’administration municipale et la Couronne, qui restreignaient  les cuisiniers dans une branche de l’industrie culinaire pour ne fonctionner que dans ce domaine. (les bouchers, les poissonniers ou les boulangers et  les pâtissiers).

A la Révolution, les guildes étaient abolis et les chefs de cuisines qui avaient perdu leur travail par l’exode de leurs maîtres ouvrent des restaurants où ils servent des “bouillons“.  A base de viande et de légumes, les bouillons étaient alors servi aux personnes de santé fragile qui "restaurent", l’origine de le mot “restaurant “.

Du Champ d’Oiseau au Fouquets.

Le premier restaurant “Champ d’Oiseau” a été ouvert à Paris vers 1765 par un cafetier nommé Boulanger- le premier à proposer de la nourriture sur table individuelle, à toute heure du jour.  Vingt ans plus tard, une centaine de restaurants fréquentés par la bonne société sont ouverts, regroupés autour du Palais-Royal.

Né en 1789 à Paris , Marie-Antoine Carême est un pâtissier et un chef de cuisine française de renom.  Connu comme “ le roi des chefs de cuisine et le chef des rois”, il est le premier à porter cette appellation de “chef" de cuisine. Il est considéré comme le fondateur de ce style de la haute cuisine, recherché à la fois par les cours royales et les nouveaux riches de Paris. Il est l’un des premiers cuisiniers à avoir acquis une renommée internationale.  Il a  bien été  influencé par les idées de Catherine de Médicis.

Carême ouvre sa première boutique, la Pâtisserie de la rue de la Paix, Paris, ou il devient célèbre pour ses pièces montées, inspirées des temples et des pyramides en prenant ses idées dans les livres d’histoire de l’architecture.  Carême a publié une classification de toutes les sauces en quatre groupes de base : l’allemande, la béchamel, l’espagnole et le velouté.  Et on lui doit la création de “la toque” en 1821.

Au vingtième  siècle, “L’empereur des cuisiniers “, Auguste Escoffier, va être le chef de cuisine du Grand-Hôtels de Monte Carlo , Londres, paris et New York. Il modernise et codifie la grande cuisine crée par Carême. “Le cuisinier doit être propre, méticuleux, ne buvant pas, ne fumant pas, ne criant pas “. Escoffier est le créateur de la pêche Melba, de la poire Belle-Hélène et des crêpes Suzettes.

En 1850, "Les Petits-Paris" publient les bonnes adresses de restaurants. Destiné aux premiers automobilistes, le guide rouge Michelin naît en 1900 et devient rapidement la référence en matière de gastronomie.

La première édition du Larousse gastronomique date de 1938. Elle est rédigée par le chef cuisinier Prosper Montagnéavec la préface d’Escoffier.

La nouvelle cuisine

La Nouvelle Cuisine a profondément été influencée par le travail d’un des grands chefs cuisinier français, Fernand Point et dans les années 70, par Michel Guérard, un cuisinier français qui a grandement contribué à la développer et à la faire connaître. Ce nouveau type de cuisine à été popularisé par deux critiques gastronomiques Français, Henri Gault et Christian Millau qui ont voulu créer un style plus simple, ou les portions servies sont restreintes, et chacun des cinq sens est stimulé, particulièrement le visuel.  De plus en plus, cette tendance se partage et se savoure de diverses façons, par les gourmands et gourmets du monde entier

Aujourd’hui, en France, il y a de nombreux grands plats qui sont considérés comme faisant partie de la cuisine nationale. Beaucoup viennent de la haute cuisine, mais d’autres sont plats régionaux qui sont devenus une norme dans tout le pays.  Comme la galette Bretonne, les œufs à la Dijonnaise, les escargots de Bourgogne, le bœuf Bourguignon, l’andouillette de Troyes,  le pâté de canard d’Amiens,  les moules à la provençale, la bouillabaisse, le Gratin Dauphinois………Beaucoup de plats régionaux, à l’origine, se sont également multipliés à travers le pays avec quelques variations d’une région à une autre.

Les produits agricoles comme le fromage, le vin, la viande, occupent une place d’exception dans la cuisine française, avec de nombreux produits régionaux, qui portent un label qualitatif comme l’ appellation d’origine contrôlée (AOC) ou l’indication géographique protégée.

Un groupe de chefs et gourmets, avec l’approbation du président Nicolas Sarkozy , a fait valoir que la cuisine française avait été inclus dans la liste des patrimoines culturels immatériels de l’humanité, la reconnaissance enfin de l’Unesco déclarée officiellement  le 16 novembre de 2010.


Le "Viandier" de Taillevent de Guillaume Tirel ,

Une recette de 1515

TARTRE DE POMMES

Despecés par pièces et mises figues et raisins bien nectoyés et mys parmy les pommes et figues et tout meslé ensemble et y soit mys de l’oignon frit au beurre ou a l’uyle et du vin et le par des pommes broyés et destampés de vin et soient assemblées les autres pommes broiés, mises avec le surplus et du saffran dedens ung peu de menues espices, synamome et gingembre blanc, anys et pyguriac, qui en aura; et soient faictes deux grans abaisses de paste et touts les mistions mises ensemble, fort broiées à la main sur le pasté bien espès de pommes et d’aultres mistions et après soit mis le couvercle dessus et bien couverte et dorée de saffran et mise au four et fait cuyre.


Flash info: une série de cambriolages pas très nette risque de compromettre un peu plus la liberté de la presse en France .

Médiapart, un site internet d’informations politiques et sociales payants vient de voir ses bureaux se faire cambrioler. Pas de chance !  Cela arrive a tout le monde dira-t-on.

Bizarrement les bureaux du journal Le Point, à leur tour  se sont fait cambrioler. Une coïncidence,  peut-être ?

Le journal Le Monde vient s’ajouter à la liste des malchanceux qui voient des documents confidentiels disparaître .  Jamais deux sans trois, diront les moins cyniques.

Qu’avaient-ils tous en commun?

Ils enquêtent tous sur l’affaire Bettencourt, le scandale financier du siècle si on en croit certains chroniqueurs et journalistes.

Pour protéger leurs sources, les journaux français vont bientôt devoir déménager.  Qui sait,  peut-être s’installeront-ils en Angleterre ou aux Etats-Unis, pays vraiment démocratiques qui laissent leur presse tranquille.

En tout cas, le Monde Diplomatique et Médiapart préparent le terrain. Ils ont déjà leurs édition en langue anglaise.

Si vous voulez en savoir plus en anglais sur l’affaire Bettencourt et les cambriolages de Médiapart, du Point et du Monde, suivez les liens ci-dessus.

Se prépareraient-ils à une délocalisation?

La pub: le big bang du marketing des idées.

"Entre la promotion des causes nationales et celle des réformes, l’Etat dépense plus de 100 millions d’euros" peut-on lire cette semaine sur le blog de Rue89

Le mythe de la retraite à 60 ans

La réforme en cours des retraites occupe bien sûr une place  importante dans le budget de la communication du gouvernement.

Les Français grévistes qui n’ont rien compris au film, pourront voir dans la presse écrite et sur les chaines de télévision, une campagne qui leur explique pourquoi ils en sont arrivés là. Et détrompez-vous si vous pensez que la crise économique contribue à cette marche arrière idéologique, bien au contraire, la politique sociale des années d’après guerre est la véritable cause de notre malheur d’aujourd’hui.  En effet, grâce à l’amélioration de la qualité de vie, résultat d’une politique sociale souvent sanglante,  nous vivons désormais non seulement plus longtemps et nous sommes donc plus nombreux. Quelle calamité !

Reiser, humoriste chroniqueur avait bien anticipé ce revirement de situation dans on livre "On vit une époque formidable". Il aurait du ajouter: Et profitez-en au max, ça ne durera pas !

Remède préconisé: la loi de la jungle, dite "loi des marchés", seule loi capable de garantir un véritable équilibre naturel et juste.

Plutôt que de s’en féliciter, il semblerait que nos statisticiens s’en alarment.  Il faut absolument remédier à ce déséquilibre de la nature et le gouvernement est là pour tout remettre en ordre. La solution : travailler 42 années à plein temps.

Une formule simple et claire.

La retraite à 60 ans:  un mythe ou une réalité?

Pour obtenir l’âge de votre retraite, prenez l’ âge de votre premier emploi et ajoutez-y 42 ans et voilà le tour est joué. A quel âge prendrez-vous donc votre retraite ?

«  Il y aura donc deux autres messages dans les semaines qui viennent, un sur le rapport entre le nombre d’actifs et le nombre de retraités, le dernier sur l’espérance de vie en France. Et des déclinaisons pour la télé et la radio. Suivra une seconde vague de pub une fois la réforme votée, « car il faudra bien l’expliquer » explique Rue89.

Au slogan « travaillez plus pour gagner moins », s’ajoute « et « plus longtemps » et cela  si vous avez la chance:

  1. de trouver un emploi avant 27 ans , l’âge moyen en France d’obtention du premier CDI (contrat à durée indéterminé). en pleine récession. pour les moins de 25 ans, sans diplômes ou surdiplômés et pis est, originaires du Maghreb
  2. de garder votre emploi après l’âge de 50 pour les seniors, avec les jeunes les plus marginalisés en terme d’emploi.

On ne lésine pas avec l’argent public pour convaincre la France qui se lève tôt qu’elle doit se lever encore plus tôt et pendant plus longtemps pour permettre au capital de mieux se porter.

« Cette double campagne « sans équivalent » depuis le début du quinquennat Sarkozy, s’insère dans un plan de communication dont le montant, qui n’est pas public, se situe entre 100 et 145 millions d’euros nets en 2009, pour 105 campagnes (contre une soixantaine l’année précédente) ».

Les autres thèmes favoris sont la santé et la sécurité routière. Et pour cause, car soigner les citoyens qui mangent mal, boivent et fument trop et ceux qui ne sont pas tué sur le coup dans les accidents de voiture provoqués par l’alcool, la drogue, la fatigue, le stress et la vitesse coûte une fortune à l’Etat.

Ces campagnes publicitaires sont-elles efficaces ?

Attention elles sont un peu choquantes et quelques fois morbides!

Cliquez sur ces liens pour accéder aux séquences à visionner.

http://www.dailymotion.com/video/xd7u5h_the-binge-trop-boire-cest-le-cauche_news

http://www.youtube.com/watch?v=wLUi-u8VmNA


http://www.youtube.com/watch?v=Fd7ZUmbEJ7s

A en juger par les séquences ci-dessus, la légitimé de ces campagnes vous parait-elle justifiée ? Vous avez la parole !

Histoire de guerres et déboires de vins (2): les champagnes

Alsace et Lorraine : traitres ou amis intimes de la France? Et voici la suite du reportage de Jenny, notre rédactrice de SQP qui s’est intéressée cet été au vin français et à son histoire pendant l’occupation allemande. Pour les  Alsaciens et les Lorrains,  il y avait un sens de déjà vu dans l’air.  En effet leur territoire avait changé de mains 3 fois entre 1870 et  1939. Pour mieux comprendre la situation, il nous suffit d’imaginer les Hugels,  gros viticulteurs de la région.  Dans ce vaste vignoble de la famille Hugel à Riquewihr,  le grand-père Emile avait changé  4 fois de nationalité. Cette incertitude identitaire commençait à poser d’énormes  problèmes,  notamment en ce qui concernait la tarification de leurs produits , leur exportation et les relations avec la clientèle. La peur que Noël 1939 serait leur dernier Noël en tant que Français les avait envahis. Ils avaient raison : le 7 août 1940 la région refaisait  partie de l’Allemagne. Par conséquent tout ce qui était français y était interdit comme porter des bérets et  parler en francais. Ils durent renouveler leurs pièces d’identité et confirmer leur origine allemande. En cas de refus, ils  se retrouvaient dans un camp de concentration. S’ils voulaient aller au lycée,  faire parti de  la jeunesse Hitlérienne était obligatoire. Pour Hitler, un des plus grands avantages d’occuper la France était de s’emparer de ses  richesses . Or, une de ses commodités les plus précieuses  était certainement le vin, non seulement à cause des profits qu’il rapportaient mais aussi parce qu’il représentait un symbole de prestige, de sophistication et de pouvoir. En Bourgogne la récolte de 1940 avait  été catastrophique.  Les allemands avaient empêché les ouvriers agricoles de traiter les vignes contre la moisissure et autres maladies de la vigne. D’autres parts, de nombreux soldats allemands s’étaient servis, à titre personnel, parmi les vins réquisitionnés par les autorités allemandes. Un document juridique relate le jugement de deux jeunes soldats qui avaient tenté de voler du champagne  et qui s’était vu condamner à être envoyé au front. Une autre conséquence de l’invasion allemande fut la dévaluation du franc : le mark avait triplé sa valeur d’avant guerre  ce qui rendaient les  vins français  très bon marché et à la portée de tous en Allemagne, un progrès social très appréciable. Une autre conséquence de l’invasion allemands fut la dévaluation du franc : le mark avait triplé sa valeur d’avant guerre,  ce qui rendaient les  vins français  très bon marché et à la portée de tous en Allemagne, certes un progrès social très appréciable.   L’administration allemande  créa une faction de « marchands de vin en uniforme » que les Français  appelaient « weinfurers » pour contrôler la viticulture française. Leur tache était d’acheter le plus de vin possible à bas prix  et de l’envoyer en Allemagne d’où il serait revendu dans le monde entier et le profit utilisé pour contribuer à financer la guerre. Afin de garder le meilleur vin en France pour la consommation francaise et ainsi déjouer les plans de l’ennemi,  les viticulteurs mirent en bouteilles des vins de qualité inférieure pour l’exportation en Allemagne et ils y collèrent des étiquettes de  bons vins .  Cette stratégie marchait la plupart du temps mais parfois le « weinfurer » se rendait compte du subterfuge et  il pouvait  y avoir des répercussions déplaisantes! Si le « weinfuhrer » était  bien disposé la sanction restait légère.

Le vin et le champagne,  agents secrets de la résistance.

Le vin  n’était pas seulement destiné à l’exportation mais  des cargaisons de champagne abreuvaient les services de renseignements de l’armée de terre. En 1940 les allemands commandèrent des dizaines de milliers de bouteilles qui devaient être livrées en Roumanie.  Quelques jours plus tard la Roumanie était envahie. A partir de ce moment là, la résistance compris l’importance des destinations des livraisons de vins et  fut aidée par les maisons de champagne qui lui fournissait  des renseignements. En 1941 il y eut une grande commande de bouteilles bouchées et emballées pour un pays très chaud. Ce renseignement fut transmis à Londres – la destination s’avéra être l’Egypte.

A suivre…