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Elections américaines et conflits culturels: La dernière bourde linguistique présidentielle est-elle excusable?

Condescendance ou incompétence? Les faux-pas se suivent mais ne se ressemblent pas.

Suite à la ré-élection du Président Obama, la France a envoyé, comme le veut la bienséance,  un courrier de félicitations que Monsieur Hollande et son administration se sont empressés de rendre public, comme le veut la coutume.  Monsieur Sarkozy en avait fait de même lors de son arrivée à la Maison Blanche en 2007.

Tout ceci aurait été  parfaitement banal et passé sous silence si ce n’est que personne dans l’équipe des deux présidents n’ a pris le soin de consulter un anglophone pour s’assurer de la correction des formules de politesses de fin de lettres , formules si chères aux Français et si épineuses  à enseigner en FLE.

Ce nouveau faux-pas serait-il un simple manque d’application,de laxisme ou d’une volonté publique d’être différent des autres,  conforme à notre exception française? 

Il serait intéressant de se demander comment ce manque de protocole pourrait être interprété  par un Américain.

Depuis les années 80, l’enseignement des langues étrangères au Royaume-Uni a donné à la culture une place omniprésente.  On ne parle plus d’une langue comme simple outil de communication à la disposition de l’humain qui, tel un robot aurait mémorisé des milliers de mots et des centaines de règles de grammaire. On essaie désormais d’enseigner qu’une langue a aussi des codes sociaux présents à une multitude de niveaux dans  l’exercice de la communication orale et écrite  Certains sont visibles d’autres le sont moins. Or sans cette connaissance profonde du fonctionnement d’une langue, la communication risque d’être affectée, voire contre productive.   De tels codes sociaux ont été brillamment exploré par Barthes, Bourdieu, Todorov et d’autres penseurs, grands précurseurs de cette prise de conscience post-moderne d’une  dimension immensément sociale de la  communication.

Dorénavant , écoliers  collégiens, lycéens et étudiants  apprennent à maîtriser des leur plus tendre age, en autres des formules de politesse qui font partie intégrale d’un usage social de la langue, l’utilisation correcte du tutoiement et du vouvoiement, les différent registres de la langue, l’art de la conversation à la française etc.. . Evidemment, il semblerait que tout cela ait échappé à nos deux jeunes chef d’État.  Y-aurait-il donc au sein du pouvoir une règle invisible mais omniprésente qui permette à l’élite de jouir de libertés exceptionnelles, passe-droits républicains?

Ci-dessous les lettres de félicitation de nos deux présidents du vingt et unième siècle à leur homologue américain  Il est vraiment surprenant  qu’à l’ époque de l’utilisation des dictionnaires en ligne et de l’Internet, de telles erreurs aient pu être commises. Après tout,  quelques minutes de recherche sur Google révèlent une centaine de sites  à la disposition de l’internaute curieux et avide de ne pas se tromper.

Seriez-vous en mesure dans un premier temps d’ identifier l’erreur? 

La lettre intégrale de François Hollande :

La lettre intégrale de Nicolas Sarkozy :

Comme nous l’apprend Le Midi Libre : "C’est la formule de politesse, "Friendly, François Hollande", qui a tant amusé. Car ce "friendly", traduction un peu hâtive et littérale de l’"amicalement" français, est tout simplement impropre dans ce contexte, où il signifie "Sympathique, François Hollande".

Au Royaume des détaxés

La dictature du monde de la finance: fiction ou réalité

Le capitalisme est l’avenir de l’homme. 

Alors que le monde s’agite autour de l’avenir du capitalisme, dans un monde de plus en plus mal souffrant, il est normal de s’interroger sur le pouvoir des politiciens, élus dans les démocraties dites « éclairées ». Sont-ils vraiment capables de sortir leurs élus d’une quasi certaine pauvreté?  L’exemple de la Grèce est peu rassurant.  On y a nommé hâtivement un banquier à la tête du gouvernement. Va-t-il réussir à unir un peuple déjà condammé à la misère?

On nous ressasse les oreilles des scénarios catastrophiques qui nous attendent si nos chefs d’Etat ne comblent pas le gouffre de la dette publique dont les principaux bénéficiaires sont les institutions financières, celles qui nous ont bel et bien mis dans ce pétrin ingérable.  Par contre, aucun média,  ne nous raconte comment  l’Islande a remis les compteurs à zéro et cela d’une manière démocratique et pacifique. Plus de dette là-bas, que des poursuites en justice que le pays uni est en train de gagner.

La France, en pleine campagne  présidentielle,  est sur le point de perdre son triple A, notation dite souveraine, outil  magique de mesure de succès par lequel  Nicolas Sarkozy  justifie toute une démarche d’austérité, y compris celle de la fortement contestée réforme des retraites.

Monsieur Cameron est, lui aussi, en mal de convaincre son électorat de l’efficacité de  sa politique de redressement financier qui consiste, comme en France,  à reformer, tout en le démantelant, un remarquable édifice social et européen , laborieusement élaboré par une société ébranlée par deux grandes guerres dévastatrices et une kyrielle de crises économiques plus intéressantes les unes que les autres.

Faites vos jeux !  rien ne va plus! 

L’enjeu commun est de redresser  l’économie pour résorber la dette nationale,  rassemblant sur l’échiquier Européen  les principaux leaders politiques qui chantent à l’unisson.  Tout doit être mis en oeuvre pour sauvegarder cette bonne note, symbole de prospérité, respectabilité et de confiance des investisseurs.   En  bons élèves, les gouvernements planchent inlassablement sur une tâche que personne ne pourra corriger. Et il faudra sans doute  attendre longtemps pour vraiment comprendre ce que nous sommes en train de vivre. Seuls historiens et économistes du futur auront à leur disposition toutes les données nécessaires pour établir un bilan plus réaliste de la situation présente. En fait, peu de gens , y compris Sauvequipeut, comprennent réellement ce qui se passe au sein de la finance. De nombreux  économistes tirent la sonnettes d’alarme depuis très longtemps et parmi eux, Steve Keen avec son  livre intitulé "The Naked Emperor of the Social Sciences (2001)" - L’empereur nu des sciences sociales-, Paul Ormerod qui écrivait dans la préface de son livre "The Death of Economics " en 1994;" les bons économistes savent pertinemment que les fondations de leur discipline sont purement inexistantes ", Emmanuel Todd,  Jacques Attali et son dernier livre !"Demain, qui gouvernera le monde? " .

"Les gouvernements, par définition, n’ont pas de conscience"  écrivait Camus en 1955.

Or ce qui frappe en observant l’agitation frénétique du moment, c’est une dégradation flagrante de l’intérêt désormais accordé aux problèmes humains de la planète. La situation économique semble être l’unique préoccupation de nos politiciens.  Relancer la croissance  est l’obsession du moment. Il semblerait même que brutalement, le marché, en monstre sacré moderne, obscure et impalpable divinité de notre nouvelle société, se serait érigé en maitre absolu avec ses grands prêtres,  sa bible, ses temples et ses autels desquels de nombreux  sacrifices humains et sociaux sont décidés  pour apaiser les cours de la bourse et maximiser les profits des investisseurs en finance.

La toute puisssante loi des marchés

Après tout, le marché n’ aurait-il pas toujours raison? La loi du marché ne serait-elle pas incontestablement  plus sure que la loi des hommes? Ne serait-il pas prouvé et enseigné dans toutes les  universités les plus prestigieuses de la planète et cela en partie grâce a Milton  Friedman qu’ intervenir et  contrôler le marché est  soit hérétique, soit communiste (politiquement incorrecte)? L’histoire du capitalisme ne démontre-t-elle pas que le marché s’auto régule en toute harmonie?  Nouvel obscurantisme ou révolution cybernautique? 

Faust par Delacroix

Les Frankensteins de la finance

Le journaliste-écrivain Robert Harris de la BBC et du Sunday Times  met l’accent sur un glissement idéologique alarmant dans un récent article. Harris fait le constat d’une société en proie d’un mal de vivre lié à un matérialisme endémique  et qui a fait des choix regrettables  la condamnant ainsi  à vivre sous l’emprise d’un monstre que personne ne peut plus contrôler, une sorte de Frankenstein.

Si on en croit le journaliste qui vient aussi de publier un roman de politique fiction,  soucieux de ne plus commettre les erreurs des années trente alors que nous étions sensés vivre une époque de paix et de prospérité sans précédent, ayant crée des institutions et organismes mondiaux régulateurs et de contrôle (La Banque Mondiale, Le FMI, le G20),  la révolution de l’informatique  aurait profondément transformé notre monde et serait peut être à la source du fléau  qui nous frappe.

Il était une fois le Texas et Desertron

Selon lui, comme dans un  roman, tout commence par une décision politique mineure prise en 1993.  Ce qui aurait dû être un projet scientifique gigantesque, capable de propulser  l’humanité dans sa prochaine révolution, fut abandonné du jour au lendemain, laissant toute une communauté de scientifiques pointus sur le carreau.

S’il avait vu le jour. le dit projet "desertron" aurait détroné CERN et le LEP (Large Positron collider ou Grand Collisionneur Electrons-Postons) avec un tunnel de 85 kilomètres, deux fois plus grand que celui de CERN .

Or le coût du projet se  serait élevé à 10 milliards US dollars, coût jugé excessif par le congrès qui décida d’avaler la facture des 2 milliards déjà investit dans l’affaire et d’oublier la sciences et la recherche.  Pour toute une génération de physiciens, mathématiciens et scientifiques chercheurs, cette décision mis fin à leur rêve de faire progresser la connaissance  et la sciences mais plus immédiat leur projet de carrière. Qu’allaient-ils faire ? Comment allaient-ils se reconvertir? Wall Street et Merrill Lynch offrirent à cette armée de scientifiques capables  de manipuler des particules subatomiques d’une dangerosité inconcevable   l’opportunité de transférer leur excellence universitaire  de recherche dans la création d’outils financiers tout aussi osés et risqués. Produits qui comme l’histoire nous l’a déjà démontré, personne dans le monde des autorités de contrôle financier en place n’était en mesure ni de comprendre ni de dompter. Quand finalement, ce que Warren Buffet décrivait comme les "armes financières de destruction massive " explosèrent en 2008, le congrès qui avait cru bien faire en économisant 10 milliards de dollars en fermant le centre de recherche Desertron, fut obligé d’injecter 3,7 billions de dollars provenant des caisses de l’Etat dans un plan de sauvetage de la finance américaine.

A suivre…..

Le scandale des écoutes du News Of the World, une guerre toxique de la presse britannique et de l’opinion publique contre Murdock qui risque de coûter cher au pays et à la liberté d’expression.

Depuis plus d’une semaine maintenant, suite à une vague de révélations d’écoutes téléphoniques « malveillantes et frauduleuses » publiée dans un premier temps par le Guardian, le journal de la gauche, perfide Albion  est secouée par un tsunami médiatique de grande magnitude.

L’indignation du peuple à l’unisson semble complète.  Comment des journalistes ont-ils osé enfreindre la loi et écouter des conversations téléphoniques privées notamment dans le cas d’affaires de meurtre ou de tragédies familiales ? Comment des policiers ont-ils pu monnayer des informations confidentielles sur les enquêtes en cours ? En quoi la maladie du fils de l’ancien premier ministre Gordon Brown est-il d’intérêt public ? Shocking et immoral sont les leitmotive nationaux.

Non seulement certains policiers auraient été payés par News of the World pour fournir des renseignements au journal, mais le patron de la police britannique, lui-même, a aussi bénéficié des largesses du groupe.

"Le patron de la police bénéficie d’un passe-droit à 12 000 livres" titre l’édition dominicale du Times (groupe Murdoch).Ce quotidien révèle que le chef de la police britannique, Sir Paul Stephenson, et son épouse ont séjourné gratuitement, en janvier dernier, à  Champneys une résidence hotelière de luxe qui possède l’un des spas les plus luxueux d’Angleterre.

Ce scandale va voir plus d’une tête tomber et pas seulement au sein du groupe. Il a probablement causé la mort de sa première victime , le  whistleblower Sean Hoare, ex-journaliste de News of The World qui a déclanché la sonnette d’alarme.

 

Manipulation médiatique, corruption, règlement de compte ou véritable raz le bol populaire ?

 Les vraies raisons de cet élan national contre sa très lucrative presse à scandales seraient-elles véritablement celles cités quotidiennement depuis 15 jours ?

Ne serions nous pas au cœur d’une intrique média politique digne d’une pièce Shakespearienne ?

Le kristallnacht de la très rentable presse à scandales, la première chasse aux sorcières en bonne et due forme du vingt et unième siècle  aurait commencé dans un pays qui a pourtant  la réputation de traditionnellement nourrir et défendre le droit à l’information du peuple, notamment sur le comportement de son élite réputée vertueuse de naissance.

Une mission que s’était juré d’accomplir l‘ Australo-Américain Rupert Murdock dans les années 70 en prenant la direction du quotidien The Sun  puis en achetant en 1981 The Times et The Sunday Times. Son éthique : prendre le parti du peuple et de la méritocratie en exposant une aristocratie moribonde et un establishment torpide et quelquefois corrompu (Polly Toynbee : The Guardian du 16 juillet 2011)

Pourquoi cet acharnement britannique contre l’empire Murdoch et son entourage?

Comme l’écrivait Jean-Claude Sergeant dans un article publié dans le Monde Diplomatique en janvier 1999, à l’époque où Pinault et Murdock nouait une alliance en s’emparant d’une partie significative du capital de TF1 lors de sa privatisation, «  la personnalité du baron des médias est tellement caricaturale qu’elle en devient presque pédagogique ; Réactionnaire pourfendeur des syndicats, ami et parrain des puissants qu’ils soient de droite ou de centre-gauche, patron des clubs sportifs manipulés aux seules fins de rapporter un profit maximum ».

Jusqu’ici, rien d’anormal et de condamnable dans un monde capitaliste en perpétuelle quête de profit .

 Comment Murdoch est-il devenu l’ennemi numéro 1 de l’establishment et aujourd’hui du peuple ?

  • Dans un premier temps, le patron de New Corp ne s’est pas fait d’amis en critiquant la BBC et sa redevance télévisée qu’il compare à un impôt indirect ou une rente de situation « inique et malsaine ».
  • Il a insulté les principaux acteurs de la télévision britannique en les accusant de passer davantage de temps à faire pression sur le pouvoir politique pour conserver ou conforter leurs intérêts acquis sur le front national qu’à conquérir des parts de marché à l’extérieur.
  • Ses 40% du capital de BSkyB, le principal système de télévision satellitaire  européen a localisé son siège social en Australie avec toutes les conséquences que cela impliquent.
  • Il s’est fait des ennemis héréditaires dans le petit cercle de la presse en bafouant une loi sur l’audiovisuel.

Profitant des bonnes relations qu’il entretenait avec Margaret Thatcher (avec qui il partageait un goût pour la libre entreprise et la haine de l’establishment bien-pensant incapable d’innover et de prendre des risques), soutenue dès 1979 par tous les titres du groupe, la Commission  sur les fusions et les monopoles aurait fermé les yeux lors du rachat du Times et du Sunday Times en 1981. Cette inertie de la commission est une sorte d’approbation d’une violation flagrante de la loi sur l’audiovisuel de 1996 interdisant la prise de contrôle d’une société de télévision privée par un groupe détenant plus de 20% du marché national, autre source de ressentiment et de jalousie dans le monde de l’audiovisuel et des médias.

  • Il a récidivé en 1990, lors de la fusion de Sky Television (Murdock) avec le consortium British Satellite Broadcasting (qui était au bord de la faillite), l’organe de régulation de l’audiovisuel privé (l’Independant Broadcasting Authority (IBA) lui a accordé sans objection une licence, ce qui a discrédité  un organe de contrôle devenu impuissant et « sans dents »  pour reprendre l’expression anglaise.
  • Depuis son rachat en 1969 du News of the world, Rupert Murdock fait figure de paria dans le petit cercle des propriétaires de Fleet street.. En reprenant The Sun, la même année, le titre devenu tabloïd  a marqué les contours d’un nouveau journalisme axé sur le poujadisme, l’érotisme et le divertissement, sans oublier le sport, ce qui n’a pas  manqué pas de créer polémique.
  • Il ne s’est pas fait d’amis chez les syndicalistes en l’abolissant le droit de cité au sein de News Internationales à partir de 1987.
  • Il a pratiqué impunément une politique de dumping, cassant les prix de vente de ses journaux pour éliminer la compétition.
  • Il est le mécène de l’ultra-droite américaine finançant en autre  le Weekly Standard. avec laquelle il partage ses engagements religieux  le rapprochant de cette droite chrétienne américaine presbytérienne ce qui explique en partie sa position sur l’échiquier politique américain.
  •  La culture d’espionnage systématique pratiquée au sein du journal News of the World dont certains journalistes ont abusé a fini par se retourner contre eux . En l’occurrence, ils ont  commis une erreur de jugement sérieuse s’estimant intouchables dans l’affaire du meutre de la jeune adolescente Milly Dowler, effaçant des messages de la messageries de son portable, redonnant espoir aux pauvres parents.

 Murdock lui-même hanté par les écoutes

Une anecdote relatée par Andreas Whittham Smith dans The Independent2307923.html

“…Voilà près de quarante-deux ans que Rupert Murdoch contrôle News of the World. Lorsque l’obscur propriétaire de presse australien est arrivé en Angleterre, en 1969, pour tenter d’acheter le journal, je suis allé le rencontrer à l’aéroport de Heathrow, avant de faire le trajet avec lui jusqu’en ville. J’étais alors un jeune journaliste financier. Arrivé à l’hôtel Savoy, M. Murdoch s’est dirigé vers la réception. Dès qu’on lui a donné son numéro de chambre, il a demandé d’en changer. Je lui ai demandé pourquoi. “Eh bien, m’a-t-il répondu,j’ai peur que celle qu’on m’a donnée n’ait été mise sur écoutes.”

Même à l’époque, les écoutes téléphoniques et l’espionnage électronique le hantaient déjà. Maintenant, ils causeront sa perte et l’article 79 pourrait l’accabler au Jugement dernier. »

La presse au service de l’économie ?

Comment en est-on arrivé là dans un pays ou les tabloïds font recettes et aident à financer une presse plus sérieuses, moins branchée sur les affaires de coucheries et de scandales de mœurs qui font généralement la une de cette presse des potins ?

Quel serait le véritable enjeu qui se cache derrière les événements de ces derniers quinze jours ?

Le comportement voyou de la presse à scandales n’est pas récent et chaque publication  regorge de ce voyeurisme malsain et infertile. L’acharnement contre la rédactrice en chef du journal Rebekah  Brooks et de son propriétaire Rupert Murdock ne puiserait-il pas son origine dans une sordide affaire de gros sous et d’influence, voire de manipulation politique ?

En effet, le projet d’acquisition de BSkyB par News Corp semble avoir déclenché un processus de règlement de compte machiavélique orchestré par une gauche vaincue aux dernières élections, en parti, par la prise de position idéologique « impardonnable » du groupe Murdock en faveur des conservateurs. A chacun son tour, pourrait-on dire, quand on sait que Tony Blair et la gauche avait reçu le même soutien en 1997.

La presse au service du pouvoir ?

L’Angleterre devrait se féliciter d’avoir un allier du pouvoir  qui soutient à tour de rôle soit la gauche soit la droite et influence l’électorat dans un sens ou dans l’autre.

Une fois au pouvoir, le gouvernement élu est redevable à la presse qu’il utilise sans scrupules pour communiquer les décisions prises et préparer l’opinion publique aux effets adverses et impopulaires, assurant une cohésion sociale et politique.

Peut-on dire la même chose sur les grands groupes médiatiques français qui confortent leurs positions de dynastie inamovibles depuis … toujours ? Bouygues, Arnault, Pinault, Lagardère, le népotisme à la française est un exemple flagrant d’un capitalisme familiale et patriotique. Les fils et filles héritent des journaux, radios et télévisions de leur père. En 2003, Claude Bébéar déclarait à cet effet que quinze familles contrôlent prés de 35% de l’économie, ce qui constitue un record européen.

Dans une Angleterre qui vit mal la politique d’austérité du gouvernement et qui voit le taux de chômage augmenter et la promesse de création d’emplois s’estomper, cet engouement patriotique a rapidement fait boule de neige.

SQP est probablement une des rares plateformes qui semblent ne pas adhérer aux thèses développés  en explication à ce coup de théâtre des médias, déplorant la schizophrénie endémique d’un système qui se veut mercantile tout en prônant le moral et l’éthiquement correct rarement synonymes.

La presse citoyenne et garante des valeurs démocratiques ?

Il serait donc acceptable d’écouter « illégalement » les conversations de parlementaires et de dignitaires  trichant et ne jouant pas le jeu parlementaire dans les règles établies, mais criminel d’obtenir des informations malhonnêtement voire même illégalement en  écoutant des conversations privées  quitte à payer la police ou les services secrets qui ont carte blanche dans le domaine. Qui a jamais douté que la presse et la police étaient de connivence dans les affaires de meurtres et de corruptions?

Paul Dacre, le propriétaire d’un autre journal à scandales le Daily Mail  se réjouit des mésaventures du News Corps et se frotte les mains à l’idée de se faire une place au soleil une fois Murdock éliminé. Selon le Guardian, il aurait déploré la condamnation à une peine de prison le délit d’obtention frauduleuse d’information médicales, financières et banque de données à caractère prives. Ce durcissement de la législation existante en matière de délit de presse  ne servirait  qu’à museler les journalistes et enfreindre à la liberté de la presse. Avait-il tort ? L’investigation journaliste au même titre que l’enquête policière  peut-elle se faire en toute légalité ? Tout lecteur assidu d’une telle presse ne peut sérieusement pas s’étonner des récentes révélations sans se remettre en question?  N’achète-t-il pas ce genre de journaux pour justement accéder à des morceaux de vie privée sans grand intérêt public  renforçant par ce biais ses rancunes sociales ou ses frustrations politiques. Le voyeurisme n’est-il pas  plus docile et contrôlable que l’action sociale ?

Le rôle du journaliste dans notre société d’aujourd’hui n’est pas anodin et purement mercantile.  Dans un contexte moderne dominé par l’internet, l’information rapide, gratuite et en boucle, le journalisme est en crise et en phase de reconstruction. Il serait peut-être bon de cesser de  critiquer impunément une profession originellement gardienne des valeurs sacrées d’une nation comme c’est le cas dans ce pays qui se vante d’avoir une presse libre et puissante, ayant le pouvoir de renverser un gouvernement qui a trahi ses électeurs. Combien de pays démocratiques peuvent-ils se vanter de telles prouesses à part les USA et la Grande Bretagne?

Tout journalisme n’est pas coupable de peopolisation ou cannibalisation de l’information mais soyons honnête, les nouvelles approfondies et les analyses intelligentes ne font pas recette. Rebekah Brooks et la famille Murdock ont très justement attiré l’attention de la commission sur le rôle de contre pouvoir d’une telle presse qui contrairement au Financial Times, au Guardian, à The Independent et à l’Observer et autres journaux sérieux n’arrivent pas souvent dans les chaumières.

Intérêt public versus droit à une vie privée

Si l’intérêt public prime sur l’intérêt privé comme semble l’indiquer les politiques qui s’offusquent en masse, l’ hypocrisie du scandale des écoutes téléphoniques effectuées par le journal dominical News of The world et la mauvaise foi et manque de solidarité du monde journaliste britannique risque de précipiter leurs médias dans un tourbillons de contrôles et de réglementations paralysantes.

Adieu la liberté d’expression, bonjour les  modèles de contrôle des communications des médias anti-démocratiques à la chinoise et d’une certaine mesure à la française , modèles dans lesquels l’Etat "infaillible" dicte impitoyablement sa loi dans le soi-disant intérêt général.

Les journalistes dans ces pays sont non seulement menacés mais souvent arrêtés , les sièges sociaux des journaux rebelles régulièrement fouillés (Le Canard Enchainé) afin de décourager tout bon citoyen de dénoncer des institutions corrompues ou des pratiques frauduleuses (l’affaire DSK).

Ne sommes-nous pas tout simplement en train d’assister à la mise à mort du journaliste citoyen issu de la révolution populaire?  

La fin du paysage journaliste tel que nous le connaissions est à l’horizon.  La presse britannique bien qu’ imparfaite est efficace.  Elle est redoutée par une élite pratiquement intouchable dans la plupart des régimes autoritaires.

Citoyens, attention, le changement idéologique en cours  menace gravement  l’équilibre fragile entre le peuple et le pouvoir. Vous n’aimez pas la presse à scandale, rien ne vous oblige de l’acheter ! 

                                          

Les tribulations d’un autre groupe peu aimé en France: Les Hugenots

En pleine campagne électorale et alors que  l’immigration et la religion sont au cœur des débats politiques en France, Jenny, notre historienne, se penche sur l’affaire des Huguenots et rafraichit notre mémoires sur leurs tribulations. La discrimination basée  sur la peur d’une religion émergente n’est pas un fait historique récent. Plus cela change, plus c’est la même chose.

Pour comprendre un peu plus le contexte historique et politique de cette époque, Jenny se pose ces trois questions fondamentales. : Qui étaient-ces Huguenots,  pourquoi ont-ils quitté la France  et  Comment  ont-ils  contribué à l’économie et la vie culturelle anglaise?

1 : Qui était les Huguenots ?

Le terme Huguenot est l’ancien nom donné aux protestants français  pendant les guerres de religion au seizième siècle.

Pendant ce  siècle plusieurs penseurs  auraient souhaité que l’église catholique  change et se réforme.  Quand il est devenu évident qu’il serait impossible de réformer l’église de l’intérieur, il y a eu une rupture définitive suivie de l’émergence du protestantisme. Luther fut le père de la réforme en Allemagne tandis qu’en France c’était Jean Calvin qui fut à l’ origine de l’église protestante.  La bourgeoisie, essentiellement constituée de marchands  et certains nobles éclairés étaient attiré par cette religion reformée – peut être parce qu’elle donnait plus d’importance à individuel que le catholicisme.

2. Pourquoi ont-ils quitté la France ?

Ce schisme est suivi par plusieurs années de guerres de religion et de massacres,  commençant en 1562 en Champagne.

Ci-dessous le massacre de la Saint Barthélemy du 24 août 1572. Au total, le nombre de morts est estimé à 3 000 à Paris, et de 5 000 à 10 000 dans toute la France, voire 30 000

Le massacre de la St Barthélémy à Paris le 24 août 1572

En 1598 Henri IV signe L’Edit de Nantes – Henri était  lui-même protestant mais avait été contraint d’abjurer sa religion pour devenir roi.

L ‘Edit de Nantes  donnait aux protestants la liberté de conscience et l’égalité civile. Ils pouvaient désormais occuper des postes publics – les anciens temples leur sont restitués et ils sont autorisés à en construire de nouveaux.

L ‘Edit de Nantes  marque ainsi la fin des guerres de religion mais n’a  en réalité jamais été entièrement respecté.

Les pouvoirs publics craignaient que le protestantisme crée un état dans un état.

 Le retour à l’épuration religieuse sous Louis XIII et Richelieu

L’Edit de Nantes est donc en parti aboli par Richelieu sous Louis XIII.

Pendant son règne la machine de l’épuration repart,   notamment à La Rochelle où, après un long siège,  19 000 Protestants perdent la vie, décimés par la famine.

C’est durant le règne de Louis X IV que L’Edit de Nantes est définitivement révoqué avec des conséquences fâcheuses. C’est à cette époque que les protestants doivent impérativement cesser de pratiquer leur religion et de se convertir au catholicisme sous peine de représailles. On appelait cela des Dragonnades.

Les pasteurs ont alors  24 heures pour quitter leur pays et les temples sont détruits. De nombreux Huguenots  choisissent  ainsi de fuir la France pour se rendre dans des pays protestants comme les Pays-Bas, l’Angleterre, les Etats-Unis, la Russie et l’Afrique du Sud (où ils ont emmené leurs techniques de viticulture).

Il faut savoir qu’à l’époque, en France l’émigration vers un autre pays était strictement interdite – alors les Huguenots  prennent des risques  énormes en quittant leur pays. Leur fortune peut-être confisquée et la famille qui reste dans le pays risque d’  être persécutée. Une pratique reprise, il n’y a pas si longtemps par l’administration de certains pays notamment par  le KGB  de l’ex URSS et la STASI de l’Allemagne de l’Est pour n’en citer que deux.

Ceux qui décident de  rester en France pour diverses raisons  se  convertissent ou  continent de pratiquer leur religion clandestinement.

3. Comment  ont-ils  contribué à l’économie et la vie culturelle anglaise ?

Après cet exode massif, la France avait perdu ses meilleurs artisans et marchands. En revanche, les pays où ils avaient pris refuge ont profité au maximum de leurs talents et l’effet sur l’économie française a été désastreux. En effet, les Huguenots représentaient environ 15% de la population française.

On estime qu’environ 250 000 Huguenots ont quitté leur pays et qu’approximativement  40 000 et 50 000 sont venus en Grande Bretagne. Au moins la moitié des  ces réfugiés de l’intolérance religieuse, soit  entre 20 000 et  25 000 se sont installés à Londres où ils pouvaient trouver des emplois, grâce à des amis et des parents.

On comptait en 1700 environ  500 000 habitants dans la capitale.

Londres était le seul endroit en Grande Bretagne ou les étrangers pouvaient vivre sans être trop remarqué et où ils allaient retrouver des compatriotes et des lieux de cultes car il y avait même 2 églises françaises.

Les étrangers ont toujours joué un rôle important dans l’histoire de Londres.  Les nombreux commerces de luxe qui  s’y trouvaient comme les bijoutiers, les tailleurs, les perruquiers, les métiers de la couture attirent  les Huguenots, eux-mêmes spécialisés dans ces corps de métiers.

En dépit de leur tradition historique à accueillir les étrangers venant du monde entier,  les Londoniens se montrent assez hostiles envers ces nouveaux arrivants Huguenots – en parti parce que  les Français étaient leurs ennemis traditionnels.

Un accueil bien ambivalent taché d’hostilité !

La population de Londres étant pour la plupart protestante et anticatholique, elle est en devoir de se montrer solidaire de ses  frères protestants en les aidant à s’installer.

Paradoxalement, les Londoniens qui s’étaient, dans un premier temps, avérés accueillants se montrent aussi  hostiles à l’égard de leurs frères protestants.

Alors soutien et hostilité caractérise l’accueil que reçoivent les Huguenots à leur arrivée dans la capitale. Par exemple l’Evêque de Londres  organise une collecte pour les aider mais en même temps  les Londoniens  protestent  et manifestent contre les tisserands français, ayant peur pour leurs emplois. Une véritable histoire de plombier Polonais du seizième siècle !

Leurs compétences et savoir faire sont à la fois  appréciés et recherchés par les employeurs mais leur manière de  s’habiller, leur mode de vie et leur nourriture font l’objet de moquerie chez les  Londoniens. Néanmoins dans l’ensemble ils sont acceptés et l’antagonisme est minime surtout quant on considère qu’il y était  au moins 20 000 sur une population de 500 000.

Un apport économique et culturel

Leurs contributions à  la vie économique  est énorme – ils ont des contacts financiers en Europe et encore plus intéressant, certains d’entre eux ont  beaucoup d’argent à investir. Les négociants Huguenots ont un très bon carnet d’adresses. En réalité, leurs nombreuses  relations u dans le commerce,   la viticulture et  la soie contribuent à  ouvrir les portes pour le commerce anglais. Ils contribuent aussi à établir des sociétés d’assurances en apportant des fonds monétaires. On comprend un peu mieux comment la city de Londres est devenue un des marchés financiers les plus forts du monde.

En résumé, les Huguenots étaient des artisans doués qui  travaillaient  tous  les métaux précieux, ainsi que le fer,  la verrerie et la soie. Ci-dessous le carrosse d’Etat "The  State Coach of the Speaker of the House of Commons", le travail exceptionnel de Daniel Marot en 1698, fabriqué pour le roi Guillaume III et que vous aurez vu lors du mariage du Prince Charles et de Lady Di.

Ils ont laissé leur marque sur le quartier de Spitalfields à Londres où ils ont apportés leurs techniques  d’excellence  comme tisserands et ont crée des tissues de soie extraordinaire. On peut voir aujourd’hui les maisons sur Fournier Street où ils travaillaient et les églises où ils  priaient.

 

 

Il existe toujours à Spitalfields une église bâtie par les Huguenots en 1742 qui est aujourd’hui une mosquée – alors qu’au commencement du vingtième  siècle c’était une synagogue. Pour moi ce lieu de culte est  un symbole de ce quartier qui a accueilli des réfugiés et des immigrants pendant des centaines d’années.

Je crois fermement  que les Huguenots  ont contribué à notre économie et à la richesse de notre culture anglaise et que notre pays a profité pleinement  de leurs multiples  talents.

C’est dommage que la France, une fois de plus, par son manque traditionnel de tolérance et d’ouverture d’esprit  ait cruellement  souffert d’une perte de talent irremplaçable en chassant et persécutant un groupe social si riche et talentueux.

La France est-elle sur le point de commettre la même erreur en décourageant le monde musulman à pratiquer comme il l’entend sa religion dans l’hexagone?

A suivre….

Flash info: une série de cambriolages pas très nette risque de compromettre un peu plus la liberté de la presse en France .

Médiapart, un site internet d’informations politiques et sociales payants vient de voir ses bureaux se faire cambrioler. Pas de chance !  Cela arrive a tout le monde dira-t-on.

Bizarrement les bureaux du journal Le Point, à leur tour  se sont fait cambrioler. Une coïncidence,  peut-être ?

Le journal Le Monde vient s’ajouter à la liste des malchanceux qui voient des documents confidentiels disparaître .  Jamais deux sans trois, diront les moins cyniques.

Qu’avaient-ils tous en commun?

Ils enquêtent tous sur l’affaire Bettencourt, le scandale financier du siècle si on en croit certains chroniqueurs et journalistes.

Pour protéger leurs sources, les journaux français vont bientôt devoir déménager.  Qui sait,  peut-être s’installeront-ils en Angleterre ou aux Etats-Unis, pays vraiment démocratiques qui laissent leur presse tranquille.

En tout cas, le Monde Diplomatique et Médiapart préparent le terrain. Ils ont déjà leurs édition en langue anglaise.

Si vous voulez en savoir plus en anglais sur l’affaire Bettencourt et les cambriolages de Médiapart, du Point et du Monde, suivez les liens ci-dessus.

Se prépareraient-ils à une délocalisation?

La comédie de l’amour

L’homme qui fait rager le président !  Comme ci la crise et la chute de sa popularité ne suffisaient pas !

En pleine campagne législative, une  rumeur circule. Il y aurait des tensions conjugales  entre Nicolas Sarkozy et Carla Bruni.

Pour tout ceux qui croient aux contes de fées, et qui voyaient dans cette union miraculeuse, un signe de la destinée dorée de Nicolas Sarkozy, le couple présidentiel aurait des problèmes et passerait par une crise d’infidélité réciproque.

D’après les rumeurs divulguées par la presse étrangère – le Daily Telegraph ainsi que le Daily Mail-  Carla aurait une relation "privilégiée" avec le chanteur Benjamin Biolay tandis que Sarkozy, lui,  se réconforterait dans les bras de sa secrétaire d’Etat à l’écologie « Chantal Jouanno ».

"Tout est parti de Twitter et la rumeur fait à présent la Une de toute la presse internationale ! Ca ne doit pas être la joie à l’Elysée ca cette rumeur raconte que Carla Bruni et Benjamin Biolay couchent ensemble pendant que Nicolas Sarkozy se fait sa secrétaire d’Etat à l’écologie, Chantal Jouanno !" écrit le blog jadorelespotins.com

Attention Carla, ta destinée est très étroitement liée à celle de ton mari ! Prend note de ce qui se passe quand on trompe notre Nicolas national.

Étrangement, aucun journaux français ne mentionnait ces faits avant la visite du président en Angleterre. La presse britannique s’en est donnée à coeur joie ! Nicolas Sarkozy s’est montré très irrité par cet intérêt à sa vie privée qu’il juge déplacé.

Le président français Nicolas Sarkozy a affirmé vendredi à Londres qu’il n’avait "pas une seconde à perdre avec les élucubrations" concernant sa vie privée, après la parution d’articles sur ce sujet dans la presse britannique ces derniers jours….

Cécilia Attias, l’ex-madame Sarkozy pourrait  avoir fait les frais d’un divorce mal digéré. Elle vient d’être décommandée par Canal Plus.  Elle devait y passer en tant que représentante de  la fondation pour les droits de la femme. En France on fait beaucoup de choses pour faire plaisir aux copains.

Si on peut contrôler les médias grâce à son carnet d’adresses, Twitter va donner du fil  à retordre à beaucoup de monde.

Affaire à suivre !

Trop cocasse pour être vrai ! Quand Sarkozy paie pour Henry !

"Votre président s’est encore fait remarqué" me lâche une amie lors d’un petit déjeuner en français en décembre. "N’avez-vous donc pas entendu parlé de l’affaire des boites? " me demande-t-elle.
"C’est très drôle, il parait qu’il y a eu un petit malentendu ". Et elle m’explique ce que le Nouvelobs et la BBC commentent l’un amèrement , l’autre ironiquement. Une série de lettres entre les deux gouvernements ont été publiées sur le net et mettent le Consulat Général de France dans une situation délicate.
"Dans un premier courrier, adressé au département des affaires diplomatiques irlandais et rédigé en anglais, le représentant de la France annonce que Nicolas Sarkozy entend assister au match de qualification pour la Coupe du monde de Football qui doit opposer les deux équipes nationales le samedi 14 novembre. Dans cette perspective, le directeur du consulat demande à ce que soit fourni au président de la République un "box VIP".

Le double sens de "box"
Or, en anglais, le mot "box" peut signifier deux choses, soit un box au sens de tribune réservée, soit une simple "boîte". Et, dans sa réponse, "l’officier de liaison" du département des affaires diplomatiques irlandais prend le terme dans son second sens et demande "Avez-vous une préférence concernant la taille ?".
Ne semblant pas comprendre la confusion, le représentant de la France s’étonne : "Nous ne savions pas que les box des stades avaient différentes tailles". Dans le courrier suivant, le fonctionnaire irlandais s’enfonce un peu plus : "Toute l’expérience du match sera certainement influencée par le choix de la boîte ("box" dans le texte) du président. La première boîte fait 30cm de haut et permettra au président de voir presque tout le terrain de Croke Park, bien qu’il ne puisse pas bien voir le jeu dans le quadrant nord-ouest. La deuxième boîte fait 60cm mais, alors que cela permettra au président d’avoir une vue panoramique du terrain, cela le rendra également visible des photographes de presse ce qui pourrait compromettre son intimité".

"Une bonne dérouillée"
Dans les courriers suivants, le ton monte entre les deux diplomates, le Français menaçant son collègue Irlandais de déposer "une plainte officielle" "au plus haut niveau". Ce dernier finit par répondre : "Nous attendons avec impatience de voir les gars en vert donner aux vôtres une bonne dérouillée".

Sur ce, et en début de trimestre, une autre étudiante me raconte la même histoire et m’envoie ses sources à ma requête. Une série de lettres en anglais entre le Consulat Général de France et le "Irish Department of Diplomatic Affairs" de Dublin.

En regardant ces lettres, ma première pensée fut suspicieuse… Comment tout cet échange aurait-il pu être publié sans censures? Non, quelque chose ne colle pas… surtout que de nos jours, Big Brother ne semble pas avoir beaucoup d’humour..Et en regardant de plus près, les failles me sont devenues claires… Rue blaguer …. Blaguer en Français ? Eh oui, un spoof, un hoax, un canular, une blague… Ils nous ont bien eu ces petits coquins d’internautes …
"Des internautes font circuler un faux échange de courriers entre une fonctionnaire française et un représentant du gouvernement irlandais, dans lequel la taille de Nicolas Sarkozy est tournée en dérision." titre l’article du Nouvelobs.

Et oui, c’était bien une blague et voici les indices au complet !

Beaucoup d’internautes, notamment anglo-saxons, ont pris au sérieux cet échange que l’on retrouve sur de nombreux sites et blogs. Les courriers sont en effet présentés sous la forme de lettres officielles, papiers à en tête, etc. Cependant, plusieurs éléments permettent de rapidement se rendre compte qu’il s’agit bien entendu d’une blague, notamment l’adresse du consulat général de France, qui se situerait 12-24 rue de Blaguer 75139 Paris, ou encore le sceau de la République française, représenté avec une fleur de lys.

Les supporters irlandais se moqueraient-ils de la taille du président en vengeance pour la tricherie de Thierry Henri?

Voilà ce que nous écrit Philippa:
Après ces lettres, un incident diplomatique a commencé……Comme vous savez Thierry Henri a touché le ballon avant de marquer un but ….L’incident n’a pas été vu par l’arbitre…Puis la France a gagné le match et maintenant l’équipe française est qualifiée pour la Coupe du Monde.

Les irlandais sont très contrariés parce que Thierry Henry a admis après le match qu’il avait touché le ballon…!!! Apparemment, à l’aéroport de Dublin maintenant, il y a une affiche qui dit:
"Bienvenue à Irlande – sauf si votre nom est Thierry"!

Merci Philippa

La montée du fascisme et les médias: Nick Griffin pas mal, mais Le Pen beaucoup mieux dans le genre!

Quelle soirée mémorable dans l’annale de la montée du fascisme en Europe, celle du 23 octobre 2009… Le leader du BNP (British National Party), l’équivalent du FN (Front National) fut l’invité très controversé de l’émission culte de la BBC « Question Time »… une émission dans laquelle se débatent les événements chauds de la semaine…Jamais la BBC n’avait jusqu’alors donné la parole au chef du parti d’extrême droite britannique qui vient d’obtenir deux sièges au parlement européens (6% des votes britanniques)…
« Souvent conspué ou moqué par le public en plateau, le leader d’extrême droite a jugé que l’islam entrait en contradiction avec les valeurs fondamentales de la société britannique et il a accusé la classe politique d’avoir mené "une expérience multiculturelle colossale" aux dépens du peuple britannique » peut-on lire aujourd’hui dans le Monde

Quand au Figaro il se contente d’écrire : « La participation du leader du parti d’extrême droite BNP à une émission politique de la BBC, jeudi soir, a provoqué un tollé en Grande-Bretagne. Installé à la tête du British National Party depuis 1999, Nick Griffin n’avait jusque-là jamais été convié à un débat télévisé en prime time, une chance unique de donner enfin une image de respectabilité à son parti. «Je remercie la classe politique et ses alliés d’être aussi stupides ».

Quand pour Libération qui titre « Un autochtone caucasien invité à la BBC », « … on ne sait pas quels bénéfices en tirera le leader du BNP … A-t-il accédé à une certaine respectabilité en étant invité pour la première fois à ce genre de débat?

En revanche «Le tapage fait par la classe politique nous confère bien évidemment un tout nouveau niveau de reconnaissance publique», estimait-il. Toute la soirée, Griffin aura également été la cible des attaques et quolibets des participants.

Un peu tendus en début d’émission, les participants ont vite trouvé le bon ton et l’humour à l’appui le débat a suivi son cours.

L’opinion publique britannique sera-elle sensibilisée ou révoltée par cette démonstration de condescendance à l’égard de Griffin, diplomé de Cambridge, qui est très rapidement devenu « Nick » pour les participants au débat, y compris le public, qui se sont acharné à exposer les incohérences de son discours politique en matières d’histoire de race, d’identité,d’immigration, de religion et de relations humaines y compris l’homosexualité..

Pas un instant, il n’a perdu son calme. Pas un instant, son sourire ne s’est éteint. Pourtant, les attaques ont fusé de la salle où des citoyens sélectionnés par la BBC posaient des questions.
"C’était un peu comme un match de boxe", a commenté M. Griffin à la sortie de l’émission. Il a été secoué – ses mains trahissaient sa nervosité, comme son débit de parole rapide – …
"La presse, a affirmé cet ancien étudiant en droit de Cambridge, ne cesse de déformer mes propos."
N’a-t-il pas été condamné en 1998 pour "incitation à la haine" après avoir tenu des propos révisionnistes ? "J’ai changé d’avis", dit-il aujourd’hui, dénonçant une justice qui l’empêcherait de s’exprimer sur le sujet sans risquer un nouveau procès. (Le Monde)

En revanche, personne n’a osé comparer Nick Griffin à Jean-Marie Le Pen qui donne beaucoup de fil à retordre non seulement aux médias mais aux politiciens qu’ils rencontrent régulièrement sur les plateaux de télévision. Pour en juger voici un débat télévisé entre Sarkozy et Le Pen.

Le discours de Le Pen est-il plus cohérent que celui de Nick Griffin ?

La Cigale et la Fourmi, nouvelles versions

En période de crise, les fables et les citations font fureur. On se réconforte dans un déjà vu que nous procure le déjà vécu. Quelles leçons n’avons-nous pas tirées de notre histoire ?
La perspicacité de La Fontaine, auteur de la fable suivante, serait-elle à nouveau au goût du jour? Avec tous nos remerciements à Michael, Sauvequipeut vous offre:
1. Le poème original écrit par l’auteur sous le règne de Louis XIV, au XVIIème siècle; 2. Son interprétation anglaise
3. Son interprétation française

La Cigale et la Fourmi

La Cigale, ayant chanté
Tout l’été,
Se trouva fort dépourvue
Quand la bise fut venue :
Pas un seul petit morceau
De mouche ou de vermisseau.
Elle alla crier famine
Chez la Fourmi sa voisine,
La priant de lui prêter
Quelque grain pour subsister
Jusqu’à la saison nouvelle.
"Je vous paierai, lui dit-elle,
Avant l’Oût, foi d’animal,
Intérêt et principal. "
La Fourmi n’est pas prêteuse :
C’est là son moindre défaut.
Que faisiez-vous au temps chaud ?
Dit-elle à cette emprunteuse.
- Nuit et jour à tout venant
Je chantais, ne vous déplaise.
- Vous chantiez ? j’en suis fort aise.
Eh bien! dansez maintenant.

Auteur: Jean de LA FONTAINE

*VERSION ANGLAISE*
La fourmi travaille dur tout l’été dans la canicule
Elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l’hiver.

La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue

Une fois l’hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
La cigale grelottante de froid n’a ni nourriture ni abri, et meurt de froid.

FIN

*VERSION FRANCAISE*
La fourmi travaille dur tout l’été dans la canicule.
Elle construit sa maison et prépare ses provisions pour l’hiver.

La cigale pense que la fourmi est stupide, elle rit, danse et joue tout l’été.

Une fois l’hiver venu, la fourmi est au chaud et bien nourrie.
La cigale grelottante de froid organise une conférence de presse et demande pourquoi la fourmi a le droit d’être au chaud et bien nourrie tandis que les autres, moins chanceux comme elle, ont froid et faim.

La télévision organise des émissions en direct qui montrent la cigale grelottante de froid et qui passent des extraits vidéo de la fourmi bien au chaud dans sa maison confortable avec une table pleine de provisions.

Les Français sont frappés que, dans un pays si riche, on laisse souffrir cette pauvre cigale tandis que d’autres vivent dans l’abondance.

Les associations contre la pauvreté manifestent devant la maison de la fourmi.

Les journalistes organisent des interviews, demandant pourquoi la fourmi est devenue riche sur le dos de la cigale et interpellent le gouvernement pour augmenter les impôts de la fourmi afin qu’elle paie ‘sa juste part’.
La CGT, Le Parti Communiste, la Ligue Communiste Révolutionnaire, les Gay et Lesbian Pride, organisent sit-ins et manifestations devant la maison de la fourmi.

Les fonctionnaires décident de faire une grève de solidarité de 59 minutes par jour pour une durée illimitée.

Un philosophe à la mode écrit un livre démontrant les liens de la fourmi avec les tortionnaires d’ Auschwitz.
En réponse aux sondages, le gouvernement rédige une loi sur l’égalité économique et une loi (rétroactive à l’été) d’anti-discrimination.

Les impôts de la fourmi sont augmentés et la fourmi reçoit aussi une amende pour ne pas avoir embauché la cigale comme aide. La maison de la fourmi est préemptée par les autorités car la fourmi n’a pas assez d’argent pour payer son amende et ses impôts.
La fourmi quitte la France pour s’installer en Suisse où elle contribue à la richesse économique.
La télévision fait un reportage sur la cigale maintenant engraissée. Elle est en train de finir les dernières provisions de la fourmi bien que le printemps soit encore loin.
Des rassemblements d’artistes et d’écrivains de gauche, se tiennent régulièrement dans la maison de la fourmi.
Le chanteur Renaud compose la chanson ‘Fourmi, barres-toi!’..

L’ancienne maison de la fourmi, devenue logement social pour la cigale, se détériore car cette dernière n’a rien fait pour l’entretenir.
Des reproches sont faits au gouvernement pour le manque de moyens. Une commission d’enquête est mise en place, ce qui coutera 10 millions d’euros.

La cigale meurt d’une overdose.
Libération et L’Humanité commentent l’échec du gouvernement à redresser sérieusement le problème des inégalités sociales.
La maison est squattée par un gang de cafards immigrés.

Les cafards organisent un trafic de marijuana et terrorisent la
communauté…

Le gouvernement se félicite de la diversité multiculturelle de la France.


Un peu d’histoire; qui était Jean de La Fontaine ?
Les contes et les fables, écrites entre 1678 et 1680, ont valu un immense succès à son auteur Jean de la Fontaine.
Familier de la campagne champenoise, cet amoureux de la nature après de solides études devient avocat.
Il dilapidera sa fortune, celle de sa riche femme. Vagabondage et libertinage seront les piliers de son existence précaire sauvegardée in extremis par la reprise de l’affaire de son père, maître des Eaux et Forêts.
Dès 1658, il s’installe à Paris et la fortune lui sourit à nouveau. Ayant séduit le ministre des finances de Louis XIV, il vit quelques années heureuses, à l’abri du besoin jusqu’à l’arrestation de celui-ci en 1661. Il se montrera fidèle à son protecteur jusqu’à la fin, jusqu’à oser intervenir en sa faveur auprès du roi – qui ne lui pardonnera jamais…
Après la publication de ses contes et fables, il est la coqueluche de tous les salons mais reste désargenté.
Entré à l’Académie en 1683, il finit sa vie dans l’austérité, ayant passé les dernières années de sa vie à écrire des poésies religieuses…